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INDEPENDANT - CONSEIL
CENTRE DE GESTION AGREE :
conseils collectifs pour indépendants
Revue PIC-INTER - n°284 - JANVIER - FEVRIER 2004
Le Centre de Gestion Agréé est un lieu de rencontre entre experts-comptables, représentants de Chambres de Commerce et de Métiers et d’adhérents chefs d’entreprise. Comment tirer le meilleur parti des services offerts par un CGA ?
" Nous ne devons pas perdre de vue que les CGA tout comme les experts-comptables sont des réseaux d’accompagnement des commerçants et artisans, ils exercent un rôle indispensable de conseil et d’assistance auprès de la petite entreprise chacun dans leur domaine et en complémentarité. Les experts-comptables sont des spécialistes du conseil individuel, les CGA sont une vision beaucoup plus globale, ils font du conseil collectif. Par ailleurs, les experts comptables travaillent en étroite relation avec les CGA, ce sont eux les prescripteurs dont les CGA ne peuvent se passer ", explique Georges Ryvol, Président de la FCGA (voir encadré). En résumé, un CGA est là pour aider un chef d’entreprise conscient qu’il ne peut maîtriser seul toute la chaîne de compétences nécessaires pour piloter son affaire.
Créés en 1974, les CGA sont des associations loi 1901. Leur mission : apporter une assistance à la gestion et une sécurité fiscale aux commerçants et artisans. Le système fonctionne bien, grâce aux avantages fiscaux dont bénéficient les adhérents. Une grande majorité des petites entreprises adhère aujourd’hui à un CGA. Et on comprend pourquoi. Elles peuvent tout lui demander. Remy Lamperier, artisan chauffagiste a adhéré en 1985. La plomberie n’a pas de secret pour lui, la gestion – surtout informatique - n’est pas vraiment son domaine. Il tire alors pleinement partie des conseils et formations proposés par son centre de gestion. " Au début j’ai adhéré pour bénéficier de l’abattement de 20% sur le bénéfice imposable. Puis j’ai suivi une formation en informatique et aujourd’hui j’apprécie les statistiques sur la profession. C’est un bon outil pour anticiper. " Même son de cloche chez Jean-Louis Bernard, fleuriste et nouvel adhérent d’un CGA : " Cette année la Toussaint a été une catastrophe au niveau des ventes. Et les chiffres baissent depuis plusieurs années. Les statistiques des CGA m’ont permis de m’en rendre compte et d’estimer au mieux mes commandes. Dans la profession on a peu de chiffres fiables alors j’apprécie l’Observatoire trimestriel et le baromètre des CGA qui donnent la tendance des marchés. On peut observer l’évolution du métier et des zones de chalandise. "
GEORGES RYVOL PRESIDENT DE LA FCGA :
" La FCGA est une institution reconnue pour son expertise de la TPE "
La Fédération des Centres de Gestion Agréés – FCGA – est une institution au service des CGA. Elle compte 114 centres adhérents qui représentent 400 000 entreprises. |
" Etant au service des CGA, notre vocation première est de leur apporter tout l'appui dont ils ont besoin pour accroître l'efficacité de leurs actions et optimiser la qualité des services qu'ils rendent à leurs adhérents. Dans le même temps, la FCGA est aussi une institution reconnue pour son expertise de la TPE. Nous sommes de plus en plus sollicités, à ce titre, par les pouvoirs publics et les autres organismes partenaires des entrepreneurs. Notre action associe ces deux dimensions : le soutien au réseau national des CGA et la réalisation d'études et d'analyses pointues. Je tiens aussi à rappeler que, ces dernières années, les petites entreprises ont démontré leur extraordinaire capacité d'adaptation. Elles ont su relever avec talent de nombreux défis : appropriation de l'outil informatique, passage à l'Euro, saisie des opportunités du e-commerce, nouvelles technologies de communication, formation à distance… Demain, dans un environnement toujours plus concurrentiel, les entrepreneurs devront redoubler d'efforts pour développer leurs marchés. Ils devront notamment faire preuve d'innovation commerciale pour séduire les consommateurs, rechercher des solutions communes à leurs problématiques individuelles par la mutualisation des moyens et s'engager dans des procédures de certification de la qualité de leurs produits et services. " |
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ADHERER :
MODE D’EMPLOI
Maintenant tout est complexe, tout va vite, On ne peut rester isolé. Se rassembler devient impératif. Voilà certainement pourquoi l’adhésion à un CGA s’impose. " Pour une cotisation annuelle raisonnable, 220 Euros, je participe à des réunions d’information animées par des experts-comptables et parfois des avocats. Cela nous permet d’être informés sur l’actualité juridique, fiscale et sociale ", affirme Gérard Vachet, restaurateur dans l’Oise.
Les CGA sont plutôt destinés aux entrepreneurs individuels de petites ou très petites entreprises (moins de 10 salariés) mais on peut quand même y adhérer quels que soient la taille, le statut juridique, le régime fiscal ou le mode d'imposition de son entreprise. Commerçants, industriels, artisans, agriculteurs exerçant une activité qui relève de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ont la faculté de choisir leur centre.
L’adhésion à un CGA donne droit à un abattement de 20% sur le bénéfice imposable, dans la limite de 111 900 Euros (soit une réduction maximale de 22 380 Euros) pour les entreprises individuelles imposées selon le régime du bénéfice réel (normal ou simplifié). Ainsi les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés, adhérentes d’un CGA, ne bénéficient pas de cet avantage fiscal. Autres avantages : la déduction du salaire versé au conjoint (jusqu’à 2 600 Euros ou 36 fois le SMIC avec le régime matrimonial de la communauté) et une amnistie fiscale : " Dans les trois mois suivant son adhésion, le chef d’entreprise ne subit pas de majoration fiscale s’il fait connaître spontanément les insuffisances ou omissions éventuelles de ses déclarations précédentes " précise-t-on à la FCGA. Les adhérents bénéficient également d’une réduction d’impôt pour frais de comptabilité et d’adhésion (915 Euros par an), si l’entreprise relève du régime micro BIC et a opté pour un régime réel d’imposition. A noter : les chiffres indiqués font l’objet d’une actualisation annuelle par loi de finances.
DES OBLIGATIONS
Mais il y a des contreparties à l’adhésion à un CGA. Pour bénéficier des avantages fiscaux, l’adhésion doit intervenir dans les trois mois du début de l’activité ou du début de l’exercice comptable. L’entrepreneur prend plusieurs engagements : faire viser ses déclarations de résultat par son expert-comptable et donc utiliser les services d’un professionnel du chiffre, membre de l’Ordre des Experts-Comptables ; produire tous les éléments nécessaires à l’établissement d’une comptabilité sincère ; accepter les règlements par chèques libellés à son nom et ne pas les endosser autrement que par encaissement et en informer ses clients ; enfin acquitter une cotisation annuelle dont le montant, adapté aux moyens des TPE, de 200 Euros en moyenne est fixé par chaque CGA. " Les manquements répétés à ces obligations entraînent l’exclusion du centre ", nous précise la FCGA.
UNE ASSISTANCE TRES DIVERSIFIEE
En matière de gestion, les centres doivent fournir chaque année à leur adhérent un dossier de gestion et un commentaire incluant une liste de ratios : marge brute, marge nette, ratio d’autonomie financière, tableau de financement. Au-delà de toute cette gamme de services et d’assistance en matière de gestion - les aides pour la fiscalité et la comptabilité font partie de la mission originelle des centres - des cycles de formation (de durée variable) concernant tous les domaines de la vie de l’entreprise (gestion, comptabilité, communication, informatique…) sont proposés tout au long de l’année. Les stages de formation peuvent être complétés par des documents écrits.
Plusieurs thèmes sont traités par des permanents du centre ou des intervenants extérieurs compétents en la matière. Gérard Vachet s’est formé à la gestion, à la communication, à la subtilité des 35 heures et à l’informatique. " Les formations sont gratuites ", précise-t-il. Mais le CGA peut demander une participation aux frais de repas. " Il a également apprécié les conseils personnalisés lorsqu’il a voulu s’agrandir et embaucher. Une analyse de l’évolution de ses résultats sur plusieurs années l’ont dissuadé de passer à la vitesse supérieure. Entre temps, son centre l’avait prévenu de quelques erreurs et anomalies d’ordre fiscal. Au total les CGA peuvent s’enorgueillir de quelques 500 000 heures de formation par an. Ils organisent également des rencontres et des débats avec des chefs d’entreprise de divers horizons qui permettent de rompre l’isolement et d’échanger expériences et idées.
PAULETTE PICARD, COIFFEUSE A CHATEAUROUX :
" Adhérer à un CGA pour ne pas rester seul dans son coin " |
Dirigeante, depuis 1975, de quatre salons de coiffure dont trois en zone rurale, Paulette Picard se démarque de la concurrence en proposant des prestations innovantes à sa clientèle. Elle emploie 20 salariés. En 2000, elle a reçu le Trophée des Ailes de l’Entreprise Individuelle, décerné par la FCGA, dans la catégorie Service clients plus.
" Je suis adhérente du CGA 36. Je règle une cotisation annuelle de 160 Euros. Dans notre métier on ne peut pas ignorer toutes les tendances de la mode mais il est surtout indispensable de connaître la profession et son évolution. Je conseillerai à un commerçant d’adhérer à un CGA pour ne pas rester seul dans son coin. Ce que je trouve positif ? L’expertise sur la profession, l’échange sur les métiers, la rencontre avec d’autres commerçants qui apportent leurs expériences. On glane des idées et si j’en ai recueilli une ou deux intéressantes, j’ai gagné ma journée. Ainsi j’ai fait évoluer mon concept en proposant des plateaux repas et j’ai exploité une nouvelle niche : le mariage, du coiffage à l’habillage. Lorsque l’on gère une vingtaine de salariés, il faut savoir manager. Grâce aux stages de formation on peut se roder à notre métier de manager. Si aujourd’hui je pratique le management participatif c’est certainement grâce aux séminaires de management qui sont très au point. Il ne faut pas hésiter à être très exigeant sur le contenu des formations. Nous devons être une force de proposition pour les faire évoluer. Certains centres organisent des missions d’études à l’étranger, c’est une bonne ouverture sur l’international. Le nouvel adhérent ne doit pas hésiter, au moment de l’adhésion, à demander la liste des stages. Leur diversité et leur contenu contribuent à la bonne réputation d’un CGA. C’est vrai qu’en choisissant la franchise j’aurais bénéficié des compétences du franchiseur. Mais je tiens trop à mon indépendance." |
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Sommaire numéro n°284
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