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FRANCHISES - ENQUETE
La photo
à l’heure de la révolution numérique
Revue PIC-INTER - n°285 - MARS - AVRIL 2004
Vincent Bolognini
Photo Formule Plus
" Mon concept représente l’avenir "
" Aujourd’hui, je crois qu’il ne faut plus parler de la photo, mais de l’image sous tous ses aspects. C’est d’ailleurs pourquoi je présente mon concept comme un spécialiste de l’image.
Les photographes sont trop attachés à leurs traditions. Beaucoup d’entre eux considèrent par exemple qu’il n’est pas noble de vendre des accessoires et des consommables comme des cartouches d’encre pour imprimantes. Ils ne sont pas à l’écoute des consommateurs. Nous sommes aujourd’hui à un tournant. Si les photographes ne sont pas capables de s’adapter aux nouvelles spécificités du marché, nous allons voir débarquer des gens qui ne sont pas du métier, avec de gros moyens et des concepts innovants, comme cela s’est produit dans beaucoup d’autres professions. La révolution numérique est comparable à celle qui a eu lieu au moment de l’arrivée des minilabs. Il faut suivre de très près l’évolution des nouveaux produits. Les " comphones " (combinés téléphone/photo numérique) ne sont sans doute pas non plus des produits considérés comme nobles par les photographes. Pourtant ils font un tabac chez les jeunes : il s’en est vendu davantage à Noël que d’appareils photos numériques purs ! L’année prochaine, nous allons voir apparaître des modèles dotés de capteurs de 1 à 2 millions de pixels qui donneront des photos tout à fait correctes. Pour toutes ces raisons, je pense que mon concept est pratiquement unique sur le marché de la franchise, dans la mesure où il réunit tous les aspects du travail de l’image argentique et numérique et tous les produits nécessaires pour la travailler. Mais il s’adresse à des gens qui disposent déjà d’une certaine compétence ou qui sont prêts à l’acquérir, car l’avenir appartiendra aux spécialistes. Beaucoup de gens achètent leurs appareils dans la grande distribution et viennent ensuite nous voir pour obtenir des explications. Je suis convaincu que ma formule représente l’avenir. Pour être crédible et prouver que ce concept est reproductible, je lance actuellement un second point de vente pilote à mes frais. "
LE MARCHE
EN BREF |
- 3,2 milliards de chiffre d’affaires en 2003
- 4500 points de vente
- 55 800 employés
- 500 labos numériques
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Parts de marché
du développement photo |
| Grandes surfaces |
31 % |
| Minilabs |
30 % |
| Succursalistes, FNAC |
13 % |
| Indépendants |
7,5 % |
| Spécialistes |
4,5 % |
| Divers |
14 % |
Sources Point Image et Image Market
Pour en savoir plus : www.imagemarket.fr |
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Gilles Lefort
FOCI
" Le numérique accélère
la concentration de magasins"
" Le numérique explose, néanmoins le parc d’appareils argentiques est si important qu’il génère toujours un chiffre d’affaires considérable. On a encore vendu cette année 100 millions de bobines argentiques, ce qui fait du travail pour les minilabs traditionnels. Néanmoins, le numérique représente aujourd’hui 70 % de notre chiffre d’affaires alors que nos 310 points de vente sont loin d’être tous équipés ! Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’évolution des techniques ne dessert pas les spécialistes du développement. S’il est possible techniquement de tirer soi-même ses photos sur une imprimante, ça prend un temps fou et ça revient plus cher, pour un résultat généralement médiocre, que de les donner à développer. De plus, beaucoup de gens stockent des images qu’ils ne peuvent même pas regarder. Certains appareils et certains CD sont devenus des cimetières à images. Les consommateurs vont donc comprendre que l’intervention du spécialiste est indispensable. Par ailleurs, le marché connaît actuellement une concentration : pour s’imposer, il faut disposer d’une centrale d’achats performante comme la notre. La force d’un réseau comme FOCI, c’est la capacité d’alimenter nos points de vente en n’importe quel produit, en 24 h, à un prix compétitif grâce à une rotation ultra rapide de nos stocks, y compris en matériel informatique. Cela est tout à fait hors de portée d’un indépendant ou d’un petit réseau. Je souhaite donc sincèrement bonne chance à ceux qui essayent de se lancer seuls ou de créer de nouvelles enseignes, mais je n’y crois guère. Nous avons aujourd’hui pour notre part davantage de demandes d’adhésion spontanées de commerçants indépendants que prospects ! ".
NOTRE AVIS  |
Des choix et des investissements
Comme le soulignent les deux spécialistes que nous avons interrogés, la révolution du numérique est en marche. Plus de deux millions d’appareils ont été vendus cette année et on en prévoit trois ou quatre millions pour 2004 ! Le métier de photographe spécialisé – ou de spécialiste de l’image, selon Vincent Bolognini – vit donc une véritable révolution. Ce métier comporte plusieurs facettes, du développement de pellicules au traitement numérique en passant par la vente de matériel, d’accessoires et de consommables. Ni tous les points de vente ni toutes les enseignes ne proposent tous ces services. Certains, comme FNAC Service, se limitent au développement et au traitement numérique, assurés par des labos centraux, et à la vente de quelques accessoires. D’autres font tout sur place, ce qui suppose l’achat d’un minilab numérique, dont le coût (qui a baissé) tourne tout de même autour de 80 000 € à 100 000 €.
On notera à ce propos qu’il existe des kits qui permettent de transformer les minilabs argentiques traditionnels en minilabs numériques pour environ 20 000 €. Ils fonctionnent très bien, à en croire Vincent Bolognini, mais Gilles Lefort estime que cette technique est dépassée et abandonnée… Quoi qu’il en soit, s’équiper de pied en cap ou compléter son équipement pour maîtriser toute la chaîne de l’image exige des investissements relativement importants. Même si le marché de la photo, dopé par le numérique, se porte bien, cela suppose de bien choisir son emplacement car la concurrence est forte et les enseignes nombreuses : on recense une demi douzaine de franchises et autant de succursalistes.
La logique économique semble jouer en faveur des gros réseaux qui disposent d’une puissance d’achat considérable, mais des petits indépendants comme Photo Formule Plus font de la résistance et espèrent s’imposer grâce à leur technicité et leur originalité. |
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Sommaire numéro n°285
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