| |
|
FRANCHISES - LE MATCH
COLUMBUS CAFE
VS
CAFE MUFFIN
Revue PIC-INTER - n°286 - Mai - Juin 2004
COLUMBUS CAFE
LA GUERRE DES CAFES |
CAFE MUFFIN
À L’AMÉRICAINE |
Le débarquement de Starbuck, leader américain des cafés, qui vient d’ouvrir plusieurs points de vente à Paris, stimule ses concurrents hexagonaux.
Deux enseignes sont sur les rangs. Toutes deux cherchent à recruter des franchisés. |
Deux enseignes sont sur les rangs.
Toutes deux cherchent à recruter des franchisés. |
 |
 |
| Philippe Bloch, le créateur de Columbus Café, ne dissimule pas qu’il s’est inspiré de l’exemple de Starbuck. "Je savais qu’ils allaient arriver un jour ou l’autre. Ce sont des gens qui ont 200 établissements dans Manhattan ! J’ai donc pensé qu’il fallait les devancer en lançant une enseigne sur ce créneau. Je suis convaincu en effet que le café va suivre l’exemple de la coiffure : les indépendants vont disparaître au profit des enseignes." Columbus Café vise une clientèle très clean qui fuit les bistros sales, enfumés et bruyants : ni tabac, ni alcool ! Le café doit faire l’essentiel du chiffre d’affaires : il ne s’agit pas de restauration rapide, mais on peut tout de même grignoter salé ou choisir des muffins cuits sur place. "Le muffin congelé est trop bourratif." Columbus café a déjà passé des accords avec le groupe Eliance (Gares et Aéroports) et avec la FNAC dont elle gère les cafés. Philippe Bloch se veut très sélectif dans le choix de ses franchisés : "Je suis un véritable obsédé du service. Je ne vends pas un café mais quinze minutes de détente et de bonheur !" Il recherche donc des entrepreneurs aussi bien que des cafetiers déjà installés qui accepteraient de respecter son cahier des charges… et de renoncer à leur clientèle de fumeurs. |
L’enseigne a été lancée par deux frères, Michel et Georges Chouéri, qui ont géré des points de vente de restauration rapide au Canada. Ils ont ouvert leur premier Café Muffin rue de Rivoli en 1993 pour roder leur concept, inspiré des formules d’outre-Atlantique. L’offre en restauration est beaucoup plus variée que celle de son concurrent Columbus : croissants, salades, sandwichs dont le pain est cuit devant les clients. On sert aussi toutes sortes de boissons, du thé au Coca en passant bien sûr par le café. L’enseigne joue enfin sur le décor design de ses établissements et leur ambiance. Le franchiseur propose plusieurs formules de 40 à 200 m2. Elle promet une formation très sérieuse d’une durée de huit semaines et s’engage sur une assistance soutenue, qui comprend la recherche de l’emplacement, celle du financement, l’aide à l’ouverture et l’animation. Café Muffin recherche des gestionnaires capables de s’adapter aux contraintes assez fortes de ce métier où l’on ne compte pas les heures de présence. |
| Avoir réussi à séduite la FNAC et le groupe Eliance est sans aucun doute un gage de sérieux. Philippe Bloch est un personnage original qui s’est fait connaître en publiant un best seller – Service compris – qui a fait de lui une sorte de gourou de la qualité. Il a compris avant beaucoup d’autres que le modèle américain de café s’imposerait tôt ou tard face au sempiternel bistro jambon-beurre déjà mis à mal par nombre d’enseignes de restauration rapide. Reste à savoir si ses qualités de franchiseur seront à la hauteur de son talent et de son imagination. Notons aussi que le succès, dans ce métier, exige tout de même un excellent emplacement car la clientèle ne marche pas pendant dix minutes pour aller boire un café et grignoter un muffin. |
Le point de vente pilote de Café Muffin, au Carrousel du Louvre, marche indiscutablement très bien, mais son emplacement est absolument exceptionnel. Il est donc assez difficile d’évaluer la part du concept dans cette réussite. Par ailleurs, cette enseigne semble avoir un peu de mal à décoller. Elle devrait avoir ouvert trois franchises au printemps 2004, alors qu’elle en espérait une vingtaine. Au moment où nous écrivons, elle ne compte qu’un second point de vente (succursale) dans le centre commercial Eurallille. Elle n’a pas encore prouvé sa compétence de franchiseur. Pour une jeune franchise, le droit d’entrée et la redevance communication paraissent donc un peu élevés. Néanmoins, la formule est dans le vent et les concurrents ne sont pas très nombreux sur ce créneau. Mais reste aussi à prouver qu’il est plus avantageux de choisir la franchise que de se lancer en indépendant. |
| EN CHIFFRES |
EN CHIFFRES |
Investissement : 150 000 € environ
Point de vente : 50 m2 minimum à un emplacement N° 1
Droit d’entrée : 20 000 €
Royalties : 5 % du chiffre d’affaires
Redevances publicitaires : 0
Points de vente : 28
Chiffre d’affaires moyen : 300 000 € à 400 000 €
|
Investissement : 100 000 à 500 000 € hors pas de porte
selon la formule et la surface choisie.
Point de vente : 40 à 200 m2 à un emplacement N° 1
Droit d’entrée : 23 000 € dont 7000 e de formation
Royalties : 6 % du C.A.
Publicité : 3 % du C.A.
Chiffre d’affaires : 160 000 e à 450 000 €
2 succursales et 3 franchisés en cours d’ouverture |
10 franchises à moins de 50 000 €
- Le vent du moment.
Prêt à porter féminin. Distribution des invendus de l’enseigne Scottage dans les petites localités.
Investissement : 50 000 € environ.
Nouvelle enseigne.
- Basic System.
Concept de rénovation de sols et plafonds.
Le réseau vient d’être racheté. Une centaine de concessionnaires.
Investissement : 35 000 € environ.
- Agenda.
Diagnostic immobilier : amiante, termites, loi Carrez etc. Une centaine d’affiliés. Rentabilité étroitement liée aux capacités commerciales du franchisé. Investissement : 40 000 à 50 000 € environ.
Rivalis. Audit de TPE à l’aide d’un logiciel conçu par le franchiseur.
Investissement : 30 000 € environ.
Rentabilité très variable d’un concessionnaire à l’autre.
- Bretagne tradition.
Préparation de réceptions et fêtes de famille ou d’entreprise avec des repas à base de crêpes bretonnes.
Investissement : 40 000 €.
- Pizza sprint.
L’enseigne de livraison de pizzas la moins chère. Implantée uniquement dans l’Ouest pour le moment. Investissement minimum : 50 000 €.
Husse. Vente de produits pour animaux à domicile et sur les marchés.
Investissement : 150 000 €.
Véhicule indispensable.
- Piazetta Buitoni.
Fabrication et vente de pizzas à bord d’un point de vente mobile :
une Renault Kangoo spécialement aménagée. 38 000 €.
Ink’eko. Vente et recharge de toners recyclés imprimantes, avec ou sans boutique.
Cible : les PME et professions libérales.
Investissement en matériel : 400 000 € environ.
- Age d’or services.
Agences de Services aux personnes âgées dépendantes.
Investissement : 50 000 € environ.
|
Services :
faibles investissements
mais rentabilité discutable
Dans un domaine très différent, Rivalis propose à ses partenaires de vendre des audits et des conseils aux TPE, à l’aide d’un logiciel de son invention. De l’avis général, le logiciel est très performant, mais les résultats sont étroitement liés aux talents commerciaux des franchisés. Sur les 150 concessionnaires affichés par Rivalis, peu nombreux sont ceux qui parviennent à gagner leur vie avec cette seule activité. Au point que le franchiseur a revu sa copie à plusieurs reprises. Parmi les franchises "à bon marché", on comptait aussi voici quelques années quelques enseignes d’origine nord américaine consacrées aux nettoyage des sols et plafonds ou à d’autres activités manuelles du même ordre. Cette fois, ce sont les bras du franchisé qui remplacent ses capitaux. Mais aucune de ces franchises, dont certaines comptent pourtant des centaines voire des milliers d’affiliés outre-Atlantique, n’a encore réussi à s’imposer en France. Parmi les plus récentes, sur le créneau des petits transports, notons l’arrivée de l’Australien Fastway, une franchise relativement peu coûteuse pour le franchisé "de base", car ce concept fonctionne à deux étages, avec des franchisés régionaux chargés de chapeauter des transporteurs. Certains spécialistes sont d’ailleurs réticents face à des formules pyramidales. Il est encore difficile de dire si cette enseigne réussira à percer. En revanche, se sont multipliées récemment les franchises consacrées aux diagnostics immobiliers : Agenda, Alizé, ATX etc. Une activité qu’il est possible d’exercer à domicile, à condition de disposer d’un véhicule et d’un petit matériel. L’investissement reste donc inférieur à 50 000 € et comprend essentiellement la formation vendue par le franchiseur et un petit matériel. Les analyses les plus complexes sont parfois sous-traitées, ce que critiquent certains professionnels de l’immobilier. Quant à la rentabilité, elle n’est pas toujours au rendez-vous, mais les risques restent limités.
Les 6 conseils de PIC
- Ne sous-estimez pas vos charges. Se lancer avec un investissement limité est évidemment un avantage intéressant. A condition de ne pas se retrouver ensuite coincé par des problèmes de trésorerie. Au delà de l’investissement minimum de départ incontournable, établissez un prévisionnel précis en tenant compte de toutes vos dépenses.
- Songez aux fonds de roulement. Une fois la boutique lancée, il faut tenir jusqu’à ce qu’elle rapporte suffisamment. Il est rare qu’un commerce, quel qu’il soit, atteigne son seuil de rentabilité avant deux ans. D’ici là, vous devrez faire face aux frais… et vivre vous même.
- Attention aux charges financières. Quand vos moyens sont trop justes pour choisir une franchise qui vous séduit, il est tentant d’emprunter davantage. Mais des frais financiers excessifs risquent de "plomber" votre affaire.
- Un bon franchiseur est toujours exigeant sur le financement. En refusant votre candidature parce que vos moyens sont trop justes, le franchiseur vous rend un service. Ne faites pas le forcing pour vous faire accepter et méfiez vous d’un franchiseur concurrent qui vous accueillera à bras ouverts.
- C’est le rapport qualité/prix d’une franchise qui compte. Ne cherchez pas la franchise la moins chère ! Il en va d’une franchise comme d’une voiture ou d’une paire de chaussures : la mauvaise qualité est toujours trop chère.
- Attention aux vendeurs de vent. C’est dans les "petites franchises" de service à bon marché qu’on rencontre le plus grand nombre de vendeurs de vent qui ne songent qu’à toucher des droits d’entrée, par exemple sur le créneau des agences matrimoniales. Assurez vous de la réalité du savoir faire de ces franchiseurs à petits prix.
|
Sommaire numéro n°286
Sommaire Dossier FRANCHISES
|
|
|