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REGION - POITOU-CHARANTE
S'installer en Poitou-Charentes :
Poitiers contre La Rochelle
Revue PIC-INTER - n°288 - septembre - octobre 2004
Entre mer et montagne, le Poitou-Charentes séduit. Quand Poitiers, du haut de son promontoire rocheux, asseoit paisiblement sa prééminence économique, La Rochelle, léchée par les vagues de l’Atlantique, se défend avec une belle qualité de vie. La rivalité, raisonnable, ne semble pas léser ces deux villes à taille humaine. Leur attrait démographique en témoigne. Le retour des créateurs, courtisés, aussi.

C’est la région de l’équilibre. Cerné par deux massifs et un Océan, doté d’un relief sculpté par des marais, des collines, des vallons, des plaines et des plages, le Poitou-Charentes fait montre d’une diversité de paysages extraordinaire. Aussi contrastée que son économie est homogène. Pour une fois, en effet, pas de capitale surpuissante, mais quatre villes moyennes, de taille équivalente, dont les maires se concertent plusieurs fois par an : Poitiers (Vienne), La Rochelle (Charente-Maritime), Niort (Deux Sèvres) et Angoulême (Charente). L’union fait la force et contribue aussi, sans doute, à l’attractivité de la région, que son solde migratoire (43 000 nouveaux venus au dernier recensement) classe au 5e rang français.
Reste que ce solde n’est positif que pour les aires urbaines de Poitiers (11 523 personnes) et La Rochelle (13 239). Au pays du cognac, les attributs touristiques, tels le Futuroscope ou les vieilles pierres rochelaises, sont rois. Le dynamisme universitaire explique aussi leur poussée démographique (27 022 étudiants dans l’une, 8 528 dans l’autre). Mais ce sont désormais les entrepreneurs que les deux villes tentent d’attirer dans leurs murs. Car la progression régionale des créations d’entreprises, de 14% contre 8,7% en France, n’a fait que rattraper le mauvais cru 2002. Avec la signature d’un Contrat de Croissance Entreprise-Région (CCER), le Poitou-Charentes a donc érigé le principe d’un "droit à la création".
Au programme : démarches simplifiées, Guide des aides économiques régionales et aide financière sous forme d’un prêt à taux zéro remboursable sur trois ans avec un différé de deux ans. Plusieurs dispositifs ont déjà été mis en place, d’une Ecole des projets à Poitou-Charentes Expansion/Innovation, structure d’appui aux fonds propres par actions et obligations convertibles. Fondé en 2003 pour coordonner et animer le tout, le CREAFORT (www.creation-transmission.com) organise, dans chaque département, concours et autres ateliers, stimulant la ferveur créatrice jusque dans les lycées (" Imagine ton entreprise "). Logeant, une fois encore, les pays charlois et royannais à la même enseigne.
Poitiers
la médiévale
 
Démographie
Avec 83 000 habitants (209 216 dans l’aire urbaine), la ville la plus peuplée de la région est la plus petite des capitales régionales.
Emploi
- Taux de chômage : 9,3% (7,6% pour la Vienne)
- Croissance du nombre d’emplois de 1990 à 1999 : 13,6%
Poitiers compte 39 entreprises dépassant 20 millions d’e de chiffre d’affaires, et 36 autres dépassant les 10 millions.
- Taux de la taxe professionnelle : 15,29%
Commerces
Rapportée à la population de l’aire urbaine, la densité en petits commerces paraît faible. Ce qui n’empêche pas le commerce du centre-ville, l’un des pôles majeurs avec 4 autres zones périphériques, de connaître un réel succès. Celui-ci est dû, en partie, à la rénovation réussie de l’îlot des Cordeliers. Ouverte en 2001, cette galerie est aujourd’hui marquée par la forte présence de franchises nationales.
Prix locatif moyen d’un bail commercial en centre-ville : 11 €/m2/mois
Création d’entreprises
Avec une croissance de 13,3% des créations sur la communauté d’agglomération en 2003, Poitiers, moins attractive que la Rochelle malgré sa puissance administrative, rattrape son retard.
Il est un domaine, en revanche, où elle a pris de l’avance, grâce à la Technopole du Futuroscope, premier pôle tertiaire de la région. Ses 200 hectares accueillent 50 000 mètres carrés de bureaux, 150 entreprises high-tech et organismes de formation (soit 4 000 emplois), 700 chercheurs et 3 000 étudiants.
Réseau d’accompagnement local
- La PFIL (plate-forme d’initiatives locales) Vienne Initiatives, spécialisée dans l’industrie, l’artisanat de production et les services aux entreprises.
- CEI (Centre d’entreprises et d’innovation) : conseil, accompagnement et hébergement de porteurs d’un projet innovant ou à forte valeur ajoutée, via une pépinière implantée au cœur de la technopole du Futuroscope (14 bureaux meublés pour 2 ans maximum).
Initiatives de la communauté d’agglomération
Elle s’est engagée dans la création d’un Centre d’Entreprises, composé d’une pré-pépinière (prêt d’un bureau équipé), d’une pépinière (location à prix modéré) et d’un hôtel d’entreprises (location par bail commercial). Ce Centre accueillera, entre autres, les 3 porteurs de projets innovants couronnés chaque année par le nouveau concours "Créer son activité en pays charlois", et ce pendant 12 mois.
Qualité de vie
Atouts : offre excellente pour les études des enfants, les équipements sportifs, culturels et de santé, les transports urbains et les structures administratives. Sans oublier le TGV, qui met Poitiers à moins de 90 minutes de Paris, ainsi que le prix du logement, beaucoup plus maîtrisé qu’à La Rochelle.
Point faible : l’environnement. En effet, le fort dénivelé de la ville, construite sur un promontoire, a tendance à décourager les cyclistes.

Site CCI : www.poitiers.cci.fr
Une créatrice à Poitiers
Christine Rodriguez, 39 ans,
gérante de L’Ange Baroque |
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Pourquoi la décoration ?
"Assistante commerciale à Paris depuis 15 ans, j’ai eu envie de revenir dans ma famille, qui est poitevine. Après avoir d’abord cherché du travail dans ma branche, j’ai cherché à concrétiser ma passion pour la décoration. L’ANPE m’a dirigée vers le GRETA, où j’ai suivi une formation à plein temps de peintre décorateur pendant huit mois : un vrai challenge sur le plan financier ! Mais c’était nécessaire pour créer mon entreprise. Comme il m’était difficile de gérer des chantiers avec mes deux petites filles, j’ai opté pour une boutique d’ameublement et de décoration."
Comment avez-vous monté votre projet ?
"Début 2003, j’ai fait un stage de créateur, pendant trois mois, au Creafort. J’ai appris à réaliser une étude de marché, à tenir une comptabilité et à remplir les formalités juridiques. J’ai ensuite prospecté dans le centre ville, où j’ai fini par trouver, au bout de presque 30 visites, un local de 55 mètres carrés, avec deux étages de réserve. En même temps, j’ai démarché les banques avec 45 000 euros de fonds propres. J’ai pu emprunter le reste, soit environ 13 000 euros, grâce à la garantie de mon prêt, à hauteur de 70%, par Insertion Poitou-Charentes Active (antenne de France Active), une structure dédiée aux femmes créatrices d’entreprise. Après avoir passé commande à une dizaine de fournisseurs, la boutique a ouvert en novembre 2003."
Les résultats sont-ils satisfaisants ?
"A l’exception de la période des fêtes de fin d’année, les débuts ont été difficiles. Le bail est très cher (800 euros par mois), la rue Grimaux n’est pas très passante et le bouche-à-oreille est long. Mais ma clientèle se fait bien. Le style de mes meubles, plutôt baroque, est un mélange d’ancien et de design. J’ai été la première étonnée du succès de mes anges décoratifs. Du coup, j’en vends aujourd’hui de toutes sortes, des grands, des petits, en bois, en résine, en tissu… Je me donne entre deux et trois ans pour commencer à souffler. Poitiers est une ville jeune, où l’on peut faire bouger les choses en termes de décoration". |
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LA ROCHELLE
LA LITTORALE
 
Démographie
Forte de ses 71 000 habitants (171 214 dans l’aire urbaine), la ville peut se targuer du meilleur solde migratoire régional.
Emploi
- Taux de chômage : 12,2% (10% pour la Charente-Maritime, en recul depuis 6 ans).
- Croissance du nombre d’emplois de 1990 à 1999 : 12,8%.
La Rochelle compte 37 entreprises dépassant 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et 42 autres dépassant les 10 millions.
- Taux de la taxe professionnelle : 17,69%
Commerces
Peut-être grâce aux touristes, le commerce traditionnel a mieux résisté qu’au niveau national. Dans cette ville très étendue, on distingue le centre-ville, dont l’offre évolue faiblement, les zones commerciales de Beaulieu, tout juste agrandie, et d’Angoulins, où il reste des places à prendre dans le non-alimentaire. Petit conseil aux créateurs : investir les communes de la couronne périphérique qui ont connu un fort essor démographique.
Prix locatif moyen d’un bail commercial en centre-ville : 18 €/m2/mois.
Création d’entreprises
Avec un taux de création de 14%, la Charente-Maritime accueille la moitié des nouvelles immatriculations régionales. Plus particulièrement, le dynamisme du bassin rochelais, dont témoigne une progression de 9,9% des créations en 2003, est essentiellement le fait de PME. Il profite, notamment, aux sociétés de services ( entreprises et particuliers) et à la construction. Et, à un moindre degré, au commerce de détail ainsi qu’à l’industrie des biens d’équipement et intermédiaires.
Réseau
d’accompagnement local
- La PFIL (plate-forme d’initiatives locales) Charente-Maritime initiatives
- Couveuse d’entreprises de Charente-Maritime (CECM) : hébergement physique et juridique, formation et accompagnement.
- Incubateur de Charente-Maritime : support technique et financier pour les jeunes diplômés souhaîtant mûrir leur projet avant de sauter le pas...
Un concours de création d’entreprise attribue une prime de 10 000 e à 5 lauréats chaque année.
Initiatives de communauté d’agglomération
Outre différents clubs d’entreprises et de créateurs, elle a ouvert, fin 2003, son premier hôtel d’entreprises, destiné à l’accueil de sociétés de prestations intellectuelles et de services (100 € HT/m2/an).
Les 21 lots de la nouvelle zone d’activité La Bregaudieres, à la Tremblade, sont également en cours de commercialisation (de 14,5 à 24,5 € HT/m2/an).
Qualité de vie
Atouts : dynamisme culturel, offre de soins et environnement privilégié. Ensoleillée 2 250 heures par an, la ville est, ainsi, le paradis des circulations douces, avec 150 kilomètres de pistes et bandes cyclables.
Point faible : l’immobilier. Un logement se vend en moyenne à 1 825 €/m2 dans le centre-ville et à 1 155 €/m2 en périphérie (respectivement 1 450 et 685 € à Poitiers). La location, elle, est plus abordable (362 €/m2 pour un 2 pièces, contre 335 € à Poitiers).

Site CCI : www.larochelle.cci.fr
Un créateur à La Rochelle
François Drouart, 35 ans,
gérant de Après la Classe |
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Pourquoi les services à domicile ?
"J’étais responsable marketing du groupe MBK, à Cergy-Pontoise. Après un licenciement économique, début 2003, j’ai voulu prospecter dans les emplois familiaux à domicile, une activité encore peu professionnalisée en France. Réseau Plus, chargé du développement commercial de ce secteur, m’a mis en contact avec le responsable de Après la Classe, sorte d’agence d’intérim spécialisée dans les gardes d’enfants et le soutien scolaire. Il cherchait des créateurs d’entreprise pour s’implanter dans d’autres départements. Je voulais quitter Paris, respirer sur l’Atlantique. J’ai choisi d’ouvrir une agence à La Rochelle, qui avait un potentiel intéressant avec son université et ses grosses entreprises. Je m’y suis installé en août 2003, pour faire mon étude de marché."
De quelles aides avez-vous bénéficié ?
"Entre la licence de marque, achetée 20 000 euros, et le reste, j’ai investi 50 000 euros. Dont 32 000 empruntés aux banques : j’en ai prospecté 15 avant de trouver ! L’appui de Réseau Plus, structure dépendant du secrétariat d’Etat aux PME, m’a beaucoup aidé. La CCI m’a également accompagné dans toutes mes démarches. J’ai non seulement bénéficié d’un don de 2000 euros du Conseil général, mais aussi obtenu un prêt de 8000 euros de la BDPME. J’ai ouvert mon agence, dans le centre-ville, en janvier 2004."
L’objectif a-t-il été atteint ?
"J’espère être rentable en 2006. Pour l’instant, je suis ravi. Mon chiffre d’affaires devrait atteindre 100 000 euros à la fin de l’année. J’ai recruté 400 intervenants et signé des contrats avec environ 50 clients, grâce au marketing ciblé, les journaux gratuits, la presse locale… Mais les parents ont encore des réticences à utiliser ce type de services, pourtant fortement défiscalisés. Je veux obtenir de la DDASS l’agrément qualité, pour élargir ma clientèle, aujourd’hui limitée de 3 à 70 ans, à tous les âges. J’ai également signé un contrat pour la Vendée, où je compte ouvrir une agence à La Roche-sur-Yon début 2005."
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Sommaire numéro n°288
Sommaire Dossier REGIONS
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