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PIC-INTER - n°313 -NOVEMBRE - DECEMBRE 2008
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PME Acquisitions d'Entreprises - n°36 - Novembre - decembre - janvier 2009, www.acquisitions-entreprises.com
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INDEPENDANT - COMMERCE DU MOIS

Le NOZ VAD parie sur le coeur de la bretagne

Revue PIC-INTER - n°292 - Mai- juin 2005

Pour Elisabeth et Alain Abéguilé, imaginer un hôtel c’est créer une histoire pour interpeller les gens, les amuser, les émouvoir, leur donner du plaisir. Le Noz Vad, c’est l’âme bretonne et le résultat d’heures de travail de deux entrepreneurs discrets mais déterminés.

Situé à Carhaix Plouguer dans le Kreiz Breizh (le centre de la Bretagne), le Noz Vad (bonne nuit en breton) a constitué un micro-événement lors de son ouverture le 5 juin 2002 : Ici, les clients sont immergés dans la culture bretonne, la vraie. Dès qu’ils passent la porte de l’établissement ils découvrent les broderies des fauteuils, canapés, rideaux et couvre-lits représentant des binious, bombardes et cornemuses. Le bar met en scène l’ardoise caractéristique du pays de Carhaix. Les luminaires sont inspirés des broderies des coiffes de la région. «Trois mois de travaux ont été nécessaires pour adopter cette identité culturelle forte», explique Alain Abéguilé.
Son parcours d’entrepreneur, il le débute avec sa femme en évitant de justesse une erreur d’orientation. «Après 20 ans passés dans une société de matériel agricole nous avons quitté le monde du salariat pour créer notre entreprise. Nous nous apprêtions à nous lancer dans le métier de diffuseur de presse», se souvient ce breton originaire de La Martyne. Mais, au dernier moment, ils se sont dit que ce n’était pas fait pour eux. Ils opèrent un revirement de direction et cherchent un hôtel-bureau en bordure de mer. «Trop cher», précise Elisabeth Abéguilé, bretonne originaire du même pays que son mari. Ils trouvent un peu par hasard, à Carhaix, un hôtel dont les gérants avaient mis la clé sous la porte. «Il n’y avait plus de fonds alors nous avons acheté les murs. Et tout était à refaire.» Une entrée brutale dans le métier qui leur assure quelques erreurs de débutants mais qui forge l’expérience et les fait avancer.

Cette reprise leur demande beaucoup d’investissement personnel et un besoin de financement important. «Nous avions un apport personnel, mais modéré. Nous avons eu la chance d’être épaulés par de bons conseillers. La Fédération Régionale du pays d’accueil touristique du centre Finistère nous a accompagnés dans la mise en place de notre projet, notamment en nous aidant à constituer des dossiers de demandes de subventions auprès de l’Europe et des collectivités territoriales», explique Alain.


ENTRE BINIOUS ET CORNEMUSES


Après quatre mois pendant lesquels ils s’investissent corps et âmes dans les fonctions très larges de bâtisseur puis de patron de PME, ils approfondissent leurs connaissances du métier d’hôtellier. C’est ainsi qu’à la quarantaine ils appréhendent très rapidement les exigences pratiques du fonctionnement d’un hôtel. Côté décoration ? «Nous avons choisi la créatrice du concept Celtia, Danielle Novello-Floc’hlay», souligne Elisabeth. Animée par le désir de faire découvrir les richesses de sa Bretagne natale, cette décoratrice livre sans relâche un combat pour faire tomber les clichés caricaturaux qui collent à cette région française. Pour l’hôtellerie indépendante, Celtia est devenu un concept pionnier et incontournable qui répond parfaitement à l'attente de la clientèle d'aujourd'hui de plus en plus à la recherche de lieux de caractères. Tous les établissements passés entre les mains de cette créatrice, conservent leur personnalité et bénéficient d'une décoration propre, liée à l'histoire et à la géographie du lieu concerné. Au Noz Vad, on a privilégié le thème de la musique bretonne qui donne aux 43 chambres une ambiance très particulière. Les clients ont également le loisir de découvrir des expositions de peintures, de photos, de sculptures. «Nous vendons des produits d’artisanat d’art dans un petit emplacement qui nous permet de mettre en valeur les artistes régionaux.» Certains soirs la clientèle confortablement installée dans le bar de l’hôtel peut découvrir chanteurs, musiciens, danseurs et conteurs de la région.

L’hôtel, classé 2 étoiles, accueille une centaine de personnes, touristes ou personnes en déplacement professionnel, lasses des chambres standardisées. Il est vrai qu’une partie grandissante de la clientèle ne trouve plus son compte dans les chaînes. «Notre force est de pouvoir sortir des stéréotypes», affirme Alain Abéguilé. Si l’on veut réussir aujourd’hui, il faut se personnaliser, avoir une image propre. Le Noz Vad a relevé le défi.

«La qualité du personnel est également un atout. Nous avons des salariés compétents qui s’identifient facilement à l’entreprise, qui ont l’impression de travailler pour eux aussi», affirme Elisabeth Abéguilé. «C’est quelque chose que l’on ne trouve plus beaucoup maintenant. Et, c’est propre à notre secteur. Alors, des employés de qualité, c’est bien, c’est précieux». Pour ce couple, le maître-mot de l’hôtellerie reste le terme «respect» : respect de soi-même, respect de la clientèle, respect des collaborateurs qui se traduit par l’observation de la législation. Les cinq salariés connaissent bien le métier, certains sont bilingues, voire trilingues : «Nous parlons le breton», précise Alain.

 

ENTRE FALAISES ET PLAGES DE SABLE FIN

Le respect des clients se traduit au quotidien par une écoute et une présence constantes, mais aussi par la mise à leur disposition des services qu’ils sont en droit d’attendre : accueil personnalisé et chaleureux, accueil des personnes à mobilité réduite. «Nous briguons le label tourisme et handicap.» La centralité est un atout majeur pour cet hôtel aussi bien du point de vue touristique qu’économique. «On utilise beaucoup cet argument là. Pour le touriste, la mer n’est pas loin. On est à une soixantaine de kilomètres des trois côtes. Et on peut rapidement découvrir les Monts d’Arrée et les Montagnes noires au centre. Quand aux sociétés, pour organiser des séminaires, elles choisissent un point central pour qu’il n’y ait pas trop de trajet», analyse Elisabeth Abéguilé. Les villes de Brest, Quimper, Lorient, Saint-Brieux sont proches et offrent un potentiel de 1 500 000 clients à moins d’une heure.

Convaincue de la puissance d’Internet en termes de promotion internationale, Elisabeth Abéguilé a créé le site Noz Vad. L’apparition sur la toile de l’hôtel a eu des répercussions. Surtout en ce qui concerne la clientèle étrangère. «Les Français sont majoritaires mais nous accueillons beaucoup d’Anglais, d’Allemands, de Belges et de plus en plus d’Italiens et d’Espagnols. Ces derniers fuient les fortes chaleurs du Sud.» Une clientèle qui apprécie les grands espaces et la nature encore sauvage.

Aujourd’hui, l’hôtel affiche complet du 14 juillet au 25 août. «Septembre et octobre restent de bon mois avec la clientèle d’affaires, les retraités et les commerçants. Puis de fin octobre à mars, le taux d’occupation tombe à 40%. Mais çà reste un bon chiffre», estime Alain Abéguilé.
Une belle réussite pour ce couple passionné de plongée sous-marine. Une passion qui vous met la tête à l’envers. Mais cela conserve un enthousiasme juvénile, une ambition saine et assumée. Et une certaine humilité malgré une success-story exemplaire.

 

 

CAPACITE : Hôtel-bureau de 43 chambres
PRIX MOYEN : de 37 € à 73 € €
SALARIES : 5 plus 1 à 2 personnes en extra l’été
PRESTATIONS SUPPLEMENTAIRES :
organisation de séminaires.
Services de repas du soir
avec traiteurs locaux ou
formule buffet
CHIFFRE D’AFFAIRES : 550 000 € €
OBJECTIFS : 700 000 € d’ici à trois ans

 

 

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