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PIC-INTER - n°313 -NOVEMBRE - DECEMBRE 2008
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PME Acquisitions d'Entreprises - n°36 - Novembre - decembre - janvier 2009, www.acquisitions-entreprises.com
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PATRON eT COMMERCANT

Michel DERVYN des ciseaux et des hommes

Revue PIC-INTER - n°296 - Janvier - FEvrier 2006

En vingt cinq ans, le patron de Shampoo a bâti l’un des plus grands groupes français de coiffure, fort de quelques 200 salons et 1600 personnes. Parcours d’un artisan né avec une âme d’entrepreneur.

Installé au coeur d’un parc arboré de Marcq-en-Baroeul, le cube futuriste réhabilité par l’architecte bruxellois Guy Stapels a fière allure. Le premier étage, plus grand que le rez-de-chaussée, semble flotter dans l’espace. Dévoilant des pièces à la blancheur immaculée (seules les portes sont de couleurs vivres), les immenses baies vitrées accentuent encore l’impression aérienne du bâtiment. «Quand on travaille dans la coiffure, on vit dans un monde de beauté. Cela justifie bien le 1,3 million d’€ que j’ai investi dans ces locaux», justifie le patron des lieux, riches d’un centre de formation high-tech, d’une école de coiffure privée et d’un salon concept Shampoo. Avec ses 1 800 m2, le nouveau siège social de Michel Dervyn serait le plus gros siège social européen de coiffure. «Maintenant qu’on a le porte-avions, il faut lancer les avions», annonce le Pdg. A la tête d’une flotte de 200 salons de coiffure, soit 1 600 personnes, il espère atteindre les 500 en 2010. Déjà, il a ouvert 50 salons Shampoo cette année. Il faut croire que Michel Dervyn, 59 ans, a l’art de faire rimer beauté avec succès : Ernst & Young et le magazine L’Entreprise viennent de lui décerner le Grand prix de l’Entrepreneur. Notamment pour la croissance (20% sur les trois derniers exercices) de son chiffre d’affaires, qui a atteint 60 millions d’€ en 2005. «Ce prix en dit long sur l’importance qu’a pris la coiffure dans l’économie nationale. En 2004, c’est Bonduelle qui l’avait reçu ! C’est une belle récompense pour moi qui me suis toujours comporté comme un entrepreneur et pas comme un artisan». Ce goût d’entreprendre, il dit le devoir à son père en premier lieu : «Officier de police, il n’a jamais emprunté un centime de sa vie, n’a jamais pris aucun risque, alors que j’ai fait tout le contraire. Mais c’est lui qui m’a empêché de casser mon contrat d’apprentissage quand j’allais pleurer dans les jupes de ma mère».A sa première patronne ensuite, pour l’avoir «envoyé dans les milieux artistiques».

BRUSHING AU SALON

Doté d’un «enthousiasme inébranlable», ce natif de Brétigny devient son propre patron à l’âge de 23 ans. S’installant ensuite dans l’hôtel particulier qu’il habite à Tourcoing avec sa première femme, il reçoit ses clients dans sa salle à manger ! Cette véritable bête à concours collectionne les médailles. «J’y ai puisé mon sens de la compétition et de la créativité». Franchisé chez Dessange ou faisant le tour du monde pour L’Oréal, il apprend tous les métiers. Mais sa «soif de reconnaissance sociale» le pousse vite à se remettre à son compte. En 1980, il crée son premier salon Shampoo, à Lille. «L’idée était de concevoir un espace arrondi comme un théâtre, en mettant les bacs à shampoing au centre, en revalorisant les gestes intimes que sont le shampoing et le massage». Bientôt, le concept est lancé en franchise. «A l’époque, le développement des franchises et des centres commerciaux a révolutionné la profession de coiffeur. Shampoo est ainsi devenu le moteur du groupe». En 1990, Michel Dervyn rachète Alexandre de Paris, PME de 40 salariés. L’enseigne haut-de-gamme de la capitale permet au groupe d’être présent sur tous les créneaux : entrée de gamme avec Shampoo, plus chic avec Michel Dervyn et même sur le marché masculin avec le lancement du réseau Le Barbier. L’acquisition s’avère une petite folie : «J’ai failli passer à la trappe. J’ai perdu 15 millions de francs et il m’a fallu dix ans pour m’en remettre».

SHAMPOO À PARIS

Pour pouvoir garder sa luxueuse danseuse, des salons sont fermés. Le développement des franchises, moins coûteux prend également un nouvel essor à cette occasion. «La franchise permet une croissance plus rapide. Quand on est franchiseur, on doit avancer plus vite que le franchisé pour ne pas le décevoir : c’est une course à la croissance permanente. Quant aux franchisés, ils bénéficient chez nous à la fois de l’esprit familial d’une petite affaire et de la puissance d’un grand groupe». Leur proportion (155 des 200 salons du groupe) devrait pourtant s’inverser. En mars dernier, la holding rachetait ainsi le réseau Axelle D., soit 30 salons en Haute-Savoie, représentant un chiffre d’affaires de 10 millions d’€ et destinés à passer sous l’enseigne Shampoo. A raison d’un nouveau réseau racheté chaque année, le patron lillois entend «accélérer son développement en direct». Et vient de faire rentrer Siparex Nord dans le capital de Shampoo, à hauteur de 23%, pour financer encore sa croissance. Au programme : l’arrivée de l’enseigne, présente surtout en centre commercial, au coeur de Paris. Il est loin le temps où Michel Dervyn mettait la main au cheveu. Sa dernière coupe ? C’était il y a quinze ans, lors d’un défilé Yves-Saint- Laurent : «Monsieur Alexandre m’a pris les ciseaux des mains en me disant : «maintenant, tu es mon financier !» Ce jour là, j’ai changé de métier. Devenu manager, puis gestionnaire, je suis maintenant financier». Le Pdg oublie celui de formateur, embrassé avec l’ouverture de sa Michel Dervyn Academy. En septembre, 100 élèves ont ainsi inauguré les locaux flambant neufs de Marcq-en-Baroeul. «C’est fabuleux de disposer de sa propre pépinière de talents !» Début 2006, s’ouvrira également une Académie Alexandre, à Paris : «une sorte de Sup de Luxe Coiffure où la formation se fera selon les mêmes critères que dans l’hôtellerie. A force de valoriser le savoir-faire, on a oublié le comportement», regrette Michel Dervyn. D’autres projets ? «Une entrée en bourse, peut-être… Quoique que je fasse tout me plait. C’est l’avantage d’être patron : je m’amuse partout». Sans doute parce qu’il le vaut bien.

 

1970 : Michel Dervyn ouvre son premier salon de coiffure.
1973 : titre de champion de France.
1974 : titre de champion du monde.
1975 : ouverture d’un salon dans un hôtel particulier de Tourcoing. 1980 : création du concept Shampoo, à Lille.
1985 : lancement du réseau Shampoo en franchise.
1990 : acquisition du salon Alexandre de Paris et lancement du réseau pour hommes Le Barbier.
1997 :
présidence du Conseil National des Entreprises de Coiffure. 2000 : ouverture de Michel Dervyn à Paris et Tokyo.
2005 : acquisition du réseauAxelle D.,près d’Annecy et inauguration du nouveau siège social.
2006 : une entrée en bourse, peut-être ?

 

 

 

Sommaire numéro n°296

 

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