| |
|
INDEPENDANT - CONCEPT
Maloup pour les petits loups
Revue PIC-INTER - n°297 - Mai- juin 2005
Les vêtements Maloup sont en passe de devenir
un must absolu dans la panoplie
vestimentaire des enfants. En combinant solidité, élégance
et prix doux, la jeune
marque séduit enfants et parents.
Deux amies trentenaires, maman
de trois enfants toutes les
deux, se sont installées dans un
coin huppé de Paris. Deux
femmes de tête qui rivalisent avec les
grandes enseignes de vêtements pour
enfants. Elles partagent une même
volonté, rodée à toute épreuve, et se
sont lancées avec détermination dans
le monde périlleux de la création textile
indépendante. En septembre 2005,
l'ouverture d'une boutique comme lieu
de partage d'une passion leur est apparue
comme une évidence. Elles ont trouvé
un magasin abordable dans le tronçon
ignoré de la rue Las Cases, à quelques
encablures des grandes artères
commerçantes du 7ème arrondissement,
là où le prix des loyers flambe.Avec sa
façade laquée prune,ses murs subtilement
rosés, son parquet de bois clair, elle est
à l'image de ses propriétaires qui affichent
un goût certain pour le look bon chic
bon genre un rien décalé. «Nous avons
voulu créer ensemble une jolie boutique.
Un lieu joyeux pour pouvoir offrir à toutes
les mamans de beaux vêtements et un
moment de détente», raconte Sadrine
Currimjee de Backer, la brune du
duo de charme. Ici on converse, on
furète, on flâne, on rit, on achète ou
pas, selon l'envie. C'est un spacieux
magasin de 50 m2 qui respire bon
l'enfance et dans lequel on se sent bien
et singulièrement, où il y a toujours
quelqu'un pour écouter et conseiller
les clients. «Notre marque se consacre
aux vêtements, de jour et de nuit, des
0-12 ans. Des pyjamas et robes de
chambre en tissus et broderies, des taies
d’oreillers à motifs, des parures de lit, des
blouses d’école un peu rétros, des pulls en
cachemire», énumère la blonde
Géraldine Cornette de Saint Cyr.
Les vêtements sont intemporels et
pleins de poésie. Les deux amies ont
donné toute leur sensibilité et leur audace
à des modèles qui ne ressemblent à
aucun autre.Le tout très chic et exprimant
un luxe discret en complète rupture
avec l’évolution radicale de la mode
pour les enfants. Vêtements, surtout
pour les fillettes, devenus des copies
de vêtements d'adulte, avec les caractéristiques
de la mode féminine actuelle :
accoutrements moulants et très
courts découvrant le nombril, strings
dépassant du pantalon, paillettes,
décolletés, etc... Apparence, en grande
partie due à l'influence de groupes
comme les Spice Girls ou d'émissions
télévisées comme Star Academy, par
exemple.
UNE REUSSITE
A QUATRE MAINS
Née à l’Île Maurice dans une famille
aisée – mère styliste et père fabricant
de prêt-à-porter en maille - Sadrine
passe son enfance entre ciel et mer,
rêvant de Beaux Arts. Elle quitte son île
paradisiaque à 16 ans pour faire des
études d’histoire de l’art dans une
université américaine. Géraldine,
parisienne d’origine et de coeur, a suivi travailler dans le milieu
des arts et de
la culture. Un jour Sadrine, qui organisait
des ventes d’antiquités et fréquentait
les officines des commissaires priseurs,
rencontre Géraldine, belle-fille du
réputé Pierre Cornette de Saint Cyr,
commissaire priseur de son état. Entre
les deux jeunes femmes se noue alors
une amitié sincère et une idée germe :
commercialiser les vêtements que
Sadrine ramenait de son île natale pour
ses enfants. Il faut savoir que dans sa
famille, le virus du business se transmet
de père en fille. Se lancer en affaires
pour ces deux jeunes femmes était un
pas vers la réussite de leur vie, et elles
ont décidé de foncer.
Lorsqu’elles constituent leur société,
elles le font selon un système très clair
d’égalité et d’interchangeabilité des
rôles. Elles se revendiquent totalement
polyvalentes, un défi au culte de l’individualisme
et un ingrédient parfait
pour créer une affaire. «Nous sommes
tour à tour vendeuses, comptables, livreuses,
réceptionnistes, stylistes puisque nous
dessinons tous nos modèles qui sont
fabriqués à l’Ile Maurice», explique
Sadrine. «Il faut en passer par là pour
apprendre à bien gérer un magasin».
Cette belle amitié se reflète dans la
boutique où l’atmosphère qui y
règne est sereine. «Ce qui fait
notre force est le service à la
clientèle. Nous recevons tout le
temps le client comme un roi»,
lance la toujours souriante
Géraldine.
Tout de même, ce n’est pas si
facile que ça de s’installer !
«Nous avions une énergie considérable
et nous avons beaucoup travaillé au
projet». Quand il y avait un obstacle,
elles ne se décourageaient pas, au
contraire. Elles sont restées réalistes
dans les projections. Financièrement,
elles ont été aidées par la famille. Enfin,
fières de leur «bébé», avec une tonne
de paperasses consciencieusement
remplie et une solide étude de marché
sous le bras, elles ont frappé à la porte
de la banque. «La Banque Populaire
a cru en nous et n’a pas fait de difficulté
pour nous accorder un prêt. Cette
institution financière aide bien les jeunes
entrepreneurs», affirme Sadrine.
MALOUP BIS ?
Aujourd’hui, en plus de la boutique,
les produits - une cinquantaine de
références - sont distribués chez les
multimarques : «35 magasins situés dans
l’Hexagone, en Espagne, à Stockholm et à
Rome».A Paris, Il y a de la concurrence
dans le quartier où elles se sont installées.
Les grandes enseignes sont présentes :
Bompoint enfants, Tartine et
Chocolat, Jacadi, Six pieds trois
pouces… «çà ne nous gêne absolument
pas», lancent-elles en
coeur. De plus, la force
de la marque Maloup
par rapport aux chaînes
de prêt-à-porter, c'est
qu'il y a quelqu'un
d'identifiable derrière
le produit. Les deux
créatrices répondent à
une envie de personnaliser
la garde-robe
des enfants et à une
mode moins soumise
aux diktats. Depuis peu
elles ont développé la
maille layette et propose
en exclusivité du mobilier
pour chambre d’enfants
de la marque française
Madaket. La clientèle,
plutôt CSP+, achète en priorité de
l’utilitaire mais l’achat cadeau se taille
la part du lion, surtout pour les
0-2 ans. Parents et grands-parents
poussent régulièrement la porte du
magasin, ne démentant pas les
statistiques : selon un sondage Ipsos,
l’habillement est le poste qui arrive en
tête du budget familial (42%), devant
l’alimentation (37%) et l’éducation
(35%) et une large majorité de parents
estiment être influencés par les enfants
«souvent» ou «de temps en temps»
dans leurs achats de vêtements (84%).
Pour le moment les conceptrices de
Maloup ne veulent pas embaucher.
«Avant tout nous pérennisons notre
affaire puis nous envisageons d’ouvrir un
deuxième Maloup à Paris rive droite»,
révèle Sadrine. «Et peut-être un autre
à Londres», ajoute Géraldine. En
attendant on peut passer dans ce lieu
agréable, un lieu qui mérite le détour
ne serait-ce que pour papoter avec
ces deux jeunes femmes qui ont su
concilier vie de famille et business.
| |
 |
NOM DE L’ENSEIGNE :
Maloup
DATE D’OUVERTURE : septembre 2005
STATUT JURIDIQUE : SARL
JOUR ET HEURES D’OUVERTURE : . du lundi au samedi de 10 h à 19
h
PANIER MOYEN : 100 € |
| |
Sommaire
numéro n°297
Sommaire
Dossier INDEPENDANTS
|
|
|