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PIC-INTER - n°313 -NOVEMBRE - DECEMBRE 2008
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PME Acquisitions d'Entreprises - n°36 - Novembre - decembre - janvier 2009, www.acquisitions-entreprises.com
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INDEPENDANT - COMMERCE DU MOIS

Hélène Quidet
Bijoutière, joallière et citoyenne

Revue PIC-INTER - n°298 - Mai- juin 2006

Péridot, jade, tourmaline s’enroulant autour du cou, étoiles d’or suspendues aux oreilles, saphir de couleur enchatonné dans une bague-main… Les bijoux adoptent des airs de gris-gris chargés de mémoire et de force. Hélène Quidet, brillante joaillière d’Orléans, sait leur donner une dimension affective.

Créatrice de bijoux, Hélène Quidet sait leur donner, au-delà de leur valeur matérielle, une dimension émotionnelle. Comme si les bracelets d’or lestés de pierres fines taillées, les saphirs en suspension entre l’air et le lobe de l’oreille ou les colliersdraperies contenaient à eux seuls tous les secrets des coeurs.Telles des révélations, ils répondent au désir, à l ' envie , aux caprices et exigences des femmes actuelles.Gages de vénération, messagers d’amour, symboles de séduction, les bijoux d’Hélène ont une histoire. «Pendant mes vacances je m’ennuyais et ma mère m’envoyait chez mon parrain, joaillier. C’est lui qui m’a transmis cet amour de travailler avec un fil en métal que l’on peut transformer à volonté. Moment inoubliable», raconte-t-elle. «J’ouvrais ses petits coffrets remplis de merveilles, je regardais ses doigts habiles travailler les métaux précieux. Çà me passionnait tellement qu’un jour il m’a mis des outils dans les mains».

Un apprentissage sur le tas qui la conduira, dès l’âge de 16 ans, à passer le concours de l’Ecole de Bijouterie-Joaillerie créée en 1864 et installée depuis le début du siècle dernier, rue du Louvre à Paris, dans un immeuble qui a vu passer les meilleurs artisans de la planète. Après trois ans d’études,elle sort major de sa promotion. «Dans cette école majoritairement masculine (à 95%), j’avais dépassé les garçons», lance-t-elle en riant. Après avoir été honorée par la meilleure école d’Europe, elle fait ses premières armes chez deux artisansbijoutiers de Belfort et de Blois. Ensuite l'évolution vers la création s'est faite tout à fait naturellement. Elle abandonne le confort du salariat pour se mettre à son compte. Un choix pas évident dans une situation économique incertaine mais elle a osé le faire. «Je voulais faire un travail manuel et j'ai toujours aimé composer et dessiner. Mais au-delà du côté créatif, mon expérience chez des professionnels m'avait donné tous les outils nécessaires pour créer une entreprise», précise Hélène.A 23 ans, elle s’installe en solo à Orléans dans un petit atelier qu’elle baptisera Filigrane. Dure réalité : la gestion d'une entreprise représente 80% du temps et la création 20%. Les débuts seront difficiles. Les outils traditionnels et la technologie de pointe qui se côtoyant dans son atelier représentent un gros investissement. «Pendant quatre ans ce fut la galère. Je gagnais beaucoup moins qu’en tant que salariée. Mais çà me plaisait», soulignet- elle. «Après quelques années délicates, j’ai eu beaucoup de commandes qui m’ont permis d’embaucher une première personne».

DE LA RÉPARATION À LA CRÉATION

Passionnée et perfectionniste cette virtuose soutient, à juste raison, l’idée que le travail de qualité effectué en petite quantité, voire en un seul exemplaire, a sa place au côté de la production en série. En général, un bijou est le fruit d’une chaîne humaine : dessinateur, tailleur de pierre, sertisseur, polisseur. Chez Filigrane, on remplit toutes les fonctions de la réparation à la création pure.Avec ses quatre salariés, Hélène maîtrise les principaux acquis ancestraux de l’humanité : le feu pour fluidifier le métal, la frappe pour modeler la matière aux formes voulues, la précision du geste pour manier les outils à dents que sont les limes, scies et burins. «Je suis en permanence en quête de la Péridot, jade, tourmaline s’enroulant autour du cou, étoiles d’or suspendues aux oreilles, saphir de couleur enchatonné dans une bague-main… Les bijoux adoptent des airs de gris-gris chargés de mémoire et de force. Hélène Quidet, brillante joaillière d’Orléans, sait leur donner une dimension affective. subtilité d’une ligne ou d’un volume pour donner une âme aux bijoux que mes clients désirent. Ils m’apportent souvent une pierre, une perle et des babioles en métaux précieux et je crée en fonction de la personnalité de chacun». Le travail d’étude se déroule en concertation avec le client. L’étape la plus importante est de savoir réellement ce que le client désire, ce qui le fait fantasmer ; et ce n’est pas toujours évident. Les clients demeurent assez discrets dans leurs rêves et souvent, ils n’arrivent pas à bien définir ce dont ils ont réellement envie. Certains lui laissent une grande marge de manoeuvre. Une fois les projets bien clarifiés, un rapport de confiance s’installe. «Il faut souvent aimer jouer avec ses envies et celles du client pour faire du bon travail».

Hélène Quidet transforme, crée des bijoux et travaille en sous-traitance. «Mes principaux clients pour les réparations sont les bijoutiers. Le travail pour les particuliers est plus varié. J’aime particulièrement restaurer les bijoux anciens. Les lignes m’inspirent et le façonnage me renseigne sur des techniques séculaires». Un «plus» : sa clientèle apprécie tout particulièrement de recevoir la facture accompagnée de la photo du bijou pour les assurances. Une activité de dépôt-vente complète l’offre de ce magasin. Les déposants ? «Certains héritiers qui ne veulent pas conserver les bijoux. D’autres qui ont besoin d’argent. Souvent, ce sont des femmes qui aiment changer de parure. Sur ce type de vente, la marge est de 35%». Tout revendeur de bijoux d’occasion est tenu de tenir un registre de police qui doit être, préalablement à son ouverture, coté et paraphé par le commissaire de police ou, à défaut, par le maire de la commune où est situé l’établissement ouvert au public. «Je demande la carte d’identité, j’inscris sur le registre tous les renseignements concernant le client, je pèse le bijou, je le photographie. Je remeSts au client un contrat de dépôt accompagné d’une photo», détaille Hélène Quidet.

LE VIRUS CITOYEN

En règle générale les femmes prennent de plus en plus de places dans tous les domaines de la société, quels qu’ils soient. Convaincue et surfant sur la vague de la citoyenneté dans sa manière de concevoir son statut de chef d’entreprise, Hélène s’implique beaucoup dans le tissu économique de sa ville d’Orléans. Elle s’investit au sein de multiples structures professionnelles et associatives locales. «Je suis élue à la CCI et active au sein de la CGPME. Ces activités et celle de membre du bureau et de secrétaire du CGA du Loiret m’occupent plusieurs heures par semaine». Créatrice dans l’âme, Hélène Quidet n’est ni une femme ni une dirigeante comme les autres.A 45 ans, mère de deux enfants, elle optimise sa vie professionnelle et sa vie privée. Elle gère son entreprise et son foyer, participe à la gestion économique de sa ville. Et en plus, cette mère de famille dynamique pratique des sports extrêmes. Elle adore relever les défis et n'hésite pas à prendre l’air en parapente, vit des expériences d'envolée vent force 5 en char à voile, pratique la moto sur sa grosse cylindrée, s’élance dans les airs en planeur. Le sport n’est-il pas l'hygiène du corps et de l'esprit. Hélène Quidet a été primée à plusieurs reprises pour ses activités de commerçante. Le 27 mars 2006 elle a reçu le prix «Madame Commerce de France» des mains de Renaud Dutreil.

www.helenequidet-joailler.com
NOM DU MAGASIN : Filigrane
DÉMARRAGE DE L’ACTIVITÉ : 1983
ACTIVITÉ : bijouterie, joaillerie, réparation,dépôt-vente
NOMBRE DE SALARIÉS : 4
JOURS ET HEURES D’OUVERTURE : 6 j/7 de 9h à 19h MEILLEURS JOURS : jeudi, vendredi, samedi MEILLEURS PÉRIODES : le printemps (mariages, communions, baptêmes). Décembre
 

 

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