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INDEPENDANT - COMMERCE DU MOIS
Hélène Quidet
Bijoutière, joallière et citoyenne
Revue PIC-INTER - n°298 - Mai- juin 2006
Péridot, jade, tourmaline s’enroulant
autour du cou, étoiles d’or
suspendues aux oreilles, saphir de couleur enchatonné dans une
bague-main… Les bijoux adoptent des airs de gris-gris chargés
de mémoire et de force. Hélène Quidet, brillante
joaillière d’Orléans,
sait leur donner une dimension affective.
Créatrice de bijoux, Hélène Quidet
sait leur donner, au-delà de leur
valeur matérielle, une dimension
émotionnelle. Comme si les
bracelets d’or lestés de pierres fines
taillées, les saphirs en suspension entre
l’air et le lobe de l’oreille ou les colliersdraperies
contenaient à eux
seuls tous les secrets
des coeurs.Telles des
révélations, ils
répondent
au désir, à
l ' envie ,
aux caprices
et exigences des
femmes actuelles.Gages
de vénération, messagers
d’amour, symboles de
séduction, les bijoux d’Hélène
ont une histoire. «Pendant
mes vacances je m’ennuyais et ma
mère m’envoyait chez mon parrain,
joaillier. C’est lui qui m’a transmis cet
amour de travailler avec un fil en métal
que l’on peut transformer à volonté.
Moment inoubliable», raconte-t-elle.
«J’ouvrais ses petits coffrets remplis de
merveilles, je regardais ses doigts habiles
travailler les métaux précieux. Çà me
passionnait tellement qu’un jour il m’a mis
des outils dans les mains».
Un apprentissage sur le tas qui la
conduira, dès l’âge de 16 ans, à
passer le concours de l’Ecole de
Bijouterie-Joaillerie créée en 1864
et installée depuis le début du siècle
dernier, rue du Louvre à Paris, dans un
immeuble qui a vu passer les meilleurs
artisans de la planète. Après trois ans
d’études,elle sort major de sa promotion.
«Dans cette école majoritairement
masculine (à 95%), j’avais dépassé les
garçons», lance-t-elle en riant. Après
avoir été honorée par la meilleure
école d’Europe, elle fait ses
premières armes chez deux artisansbijoutiers
de Belfort et de Blois.
Ensuite l'évolution vers la création
s'est faite tout à fait naturellement. Elle
abandonne le confort du salariat pour
se mettre à son compte. Un choix pas
évident dans une situation économique
incertaine mais elle a osé le faire.
«Je voulais faire un travail manuel et
j'ai toujours aimé composer et dessiner.
Mais au-delà du côté créatif, mon
expérience chez des professionnels
m'avait donné tous les outils nécessaires
pour créer une entreprise», précise
Hélène.A 23 ans, elle s’installe en
solo à Orléans dans un petit atelier
qu’elle baptisera Filigrane. Dure
réalité : la gestion d'une entreprise
représente 80% du temps et la création
20%. Les débuts seront difficiles. Les
outils traditionnels et la technologie de
pointe qui se côtoyant dans son atelier
représentent un gros investissement.
«Pendant quatre ans ce fut la galère. Je
gagnais beaucoup moins qu’en tant que
salariée. Mais çà me plaisait», soulignet-
elle. «Après quelques années délicates,
j’ai eu beaucoup de commandes qui m’ont
permis d’embaucher une première personne».
DE LA RÉPARATION
À LA CRÉATION
Passionnée et perfectionniste cette
virtuose soutient, à juste
raison, l’idée que le travail
de qualité effectué en
petite quantité,
voire en un
seul exemplaire,
a sa
place au côté
de la production en série. En général,
un bijou est le fruit d’une chaîne
humaine : dessinateur, tailleur de pierre,
sertisseur, polisseur. Chez Filigrane, on
remplit toutes les fonctions de la
réparation à la création pure.Avec ses
quatre salariés, Hélène maîtrise les
principaux acquis ancestraux de
l’humanité : le feu pour fluidifier le
métal, la frappe pour modeler la matière
aux formes voulues, la précision du
geste pour manier les outils à dents
que sont les limes, scies et burins.
«Je suis en permanence en quête de la
Péridot, jade, tourmaline s’enroulant autour du cou, étoiles
d’or
suspendues aux oreilles, saphir de couleur enchatonné dans une
bague-main… Les bijoux adoptent des airs de gris-gris chargés
de mémoire et de force. Hélène Quidet, brillante
joaillière d’Orléans,
sait leur donner une dimension affective.
subtilité d’une ligne ou d’un
volume pour donner une âme
aux bijoux que mes clients
désirent. Ils m’apportent souvent
une pierre, une perle et des babioles
en métaux précieux et je crée en
fonction de la personnalité de chacun». Le
travail d’étude se déroule en concertation
avec le client. L’étape la plus importante
est de savoir réellement ce que le
client désire, ce qui le fait fantasmer ; et
ce n’est pas toujours évident. Les
clients demeurent assez discrets dans
leurs rêves et souvent, ils n’arrivent
pas à bien définir ce dont ils ont
réellement envie. Certains lui laissent
une grande marge de manoeuvre. Une
fois les projets bien clarifiés, un
rapport de confiance s’installe. «Il faut
souvent aimer jouer avec ses envies et
celles du client pour faire du bon travail».
Hélène
Quidet transforme, crée des
bijoux et travaille en sous-traitance.
«Mes principaux clients pour les réparations
sont les bijoutiers. Le travail pour les
particuliers est plus varié. J’aime particulièrement
restaurer les bijoux anciens.
Les lignes m’inspirent et le façonnage
me renseigne sur des techniques
séculaires». Un «plus» : sa clientèle
apprécie tout particulièrement de
recevoir la facture accompagnée de la
photo du bijou pour les assurances.
Une activité de dépôt-vente complète
l’offre de ce magasin. Les déposants ?
«Certains héritiers qui ne veulent pas
conserver les bijoux. D’autres qui ont
besoin d’argent. Souvent, ce sont des
femmes qui aiment changer de parure.
Sur ce type de vente, la marge est de
35%». Tout revendeur de bijoux
d’occasion est tenu de tenir un registre
de police qui doit être, préalablement à
son ouverture, coté et paraphé par le
commissaire de police ou, à défaut, par
le maire de la commune où est situé
l’établissement ouvert au public. «Je
demande la carte d’identité, j’inscris sur
le registre tous les renseignements
concernant le client, je pèse le bijou, je
le photographie. Je remeSts au client un
contrat de dépôt
accompagné d’une
photo», détaille
Hélène Quidet.
LE VIRUS CITOYEN
En règle générale les femmes prennent
de plus en plus de places dans tous les
domaines de la société, quels qu’ils
soient. Convaincue et surfant sur la
vague de la citoyenneté dans sa manière
de concevoir son statut de chef
d’entreprise, Hélène s’implique
beaucoup dans le tissu économique
de sa ville d’Orléans. Elle s’investit
au sein de multiples structures
professionnelles et associatives
locales. «Je suis élue à la CCI et
active au sein de la CGPME. Ces
activités et celle de membre du bureau
et de secrétaire du CGA du Loiret
m’occupent plusieurs heures par semaine».
Créatrice dans l’âme, Hélène Quidet
n’est ni une femme ni une dirigeante
comme les autres.A 45 ans, mère de
deux enfants, elle optimise sa vie
professionnelle et sa vie privée. Elle
gère son entreprise et son foyer,
participe à la gestion économique de sa
ville. Et en plus, cette mère
de famille dynamique
pratique des sports
extrêmes. Elle adore
relever les défis et
n'hésite pas à prendre
l’air en parapente, vit des
expériences d'envolée vent
force 5 en char à voile,
pratique la moto sur sa grosse
cylindrée, s’élance dans les airs
en planeur. Le sport n’est-il pas
l'hygiène du corps et de l'esprit.
Hélène Quidet a été primée
à plusieurs reprises pour ses
activités de commerçante. Le 27 mars
2006 elle a reçu le prix «Madame
Commerce de France» des mains
de Renaud Dutreil.
| www.helenequidet-joailler.com |
NOM DU MAGASIN : Filigrane
DÉMARRAGE DE L’ACTIVITÉ : 1983
ACTIVITÉ : bijouterie, joaillerie, réparation,dépôt-vente
NOMBRE DE SALARIÉS : 4
JOURS ET HEURES D’OUVERTURE : 6 j/7 de 9h à 19h
MEILLEURS JOURS : jeudi, vendredi, samedi
MEILLEURS PÉRIODES : le printemps
(mariages, communions, baptêmes). Décembre |
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