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FRANCHISES - PORTRAIT
ERIC CHAPUS
Directeur du Développement de Feu Vert
«L’AVENIR EST AUX
CENTRES AUTOMOBILES MULTI-SERVICES»
Revue PIC-INTER - n°298 - Mai- juin 2006
Feu Vert qui fête son 34ème
anniversaire est aujourd’hui l’un des
leaders de l’entretien automobile en Europe. Sur un marché solide
mais
très concurrentiel, cette enseigne est devenue incontournable.
Quand et comment êtesvous
entré chez Feu Vert ?
Après
une école de commerce
de Grenoble et deux expériences
à l’étranger, en Angleterre et en
Italie, j’ai fait mes débuts chez Casino
où je suis devenu responsable du
développement. Ce qui m’a permis de
découvrir la franchise et la grande
distribution. Les métiers de Casino et
de Feu Vert ont beaucoup de points
communs. Ensuite, je suis passé chez
Feu Vert en 1996.
En 10 ans, le concept de Feu Vert
a-t-il beaucoup changé ?
Nous proposons aujourd’hui 29
prestations contre 15 voici dix ans.
Notre offre aux automobilistes est
donc beaucoup plus vaste. Cela va du
pré-contrôle technique aux réglages
d’essieu, aux contrôles de pollution et
à tout ce qui concerne l’électronique.
Depuis que nous avons acquis 66% du
capital de Mondial Pare-brise, nous
sommes aussi en mesure de fournir ce
service. Notre offre en magasin s’est
également étoffée avec près de 6 000
références.
Nos points de vente se sont enfin
agrandis, passant de 300 à 400 m2 à
près de 600-700 m2 en moyenne.
Quel sont les pourcentages de la
vente de pièces détachées et de
services dans votre chiffre d’affaires ?
La vente représente environ 45% et
l’atelier 55%.
«Nous espérons ouvrir encore une
cinquantaine de centres. Notre seul
véritable concurrent est Norauto».
Quel regard portez-vous sur le
marché de l’entretien automobile ?
La concurrence ne s’est-elle pas
accentuée ?
Toutes les études statistiques, notamment
celles du GIPA (Groupement
Interprofessionnel de l’Automobile)
montrent que le marché est sain. Sur le
marché de l’entretien, ce sont les
concessionnaires qui ont le plus évolué
car ils ont su s’adapter en proposant
par exemple des services rapides sans
rendez-vous. Le marché de l’entretien
des voitures neuves est plus ou moins
captif dans la mesure où les clauses des
garanties contraignent les clients à passer
par les concessionnaires pour
l’entretien et les réparations
courantes. Cela fait aussi partie
de la culture traditionnelle de
confier une voiture au concessionnaire.
En revanche, le parc de
voitures vieillit, ce qui renforce
tout de même nos potentialités.
Aujourd’hui, la part des centres auto
spécialisés dans la «rechange auto» (les
pièces détachées et l’entretien ) est de
l’ordre de 11% seulement. Nous nous
partageons ces 11% à 50/50 avec
Norauto qui est notre principal
concurrent. Mais il y a encore des places
à prendre pour augmenter notre part
globale.Nous espérons ouvrir relativement
rapidement une cinquantaine de centres
supplémentaires.
Vous ne considérez pas Midas et
Speedy comme des concurrents ?
Ils interviennent comme nous sur
certaines prestations et fournitures.
Mais leur créneau n’est pas exactement
le même. Notre offre est beaucoup
plus vaste et plus souple. Nous
employons des techniciens automobiles
compétents capables de regarder ce
qu’il se passe sous le capot. Ils disposent
d’un matériel performant, par exemple
les valises de contrôle électronique Actia.
L’automobiliste peut s’arrêter et
demander qu’on examine son véhicule.
Nos techniciens vont prendre le temps
nécessaire pour répondre à cette
demande. Les employés de Midas et
Speedy sont formés pour changer un
pot d’échappement en quelques minutes,
en faisant toujours les mêmes gestes,
c’est ce qui fait la rentabilité de ces
concepts mais limite les services que
leurs centres sont en mesure d’apporter
aux automobilistes. Mais bien sûr, sur
certains produits comme les échappements
ou les pneus, nous sommes concurrents.
Feu Vert qui fête son 34ème anniversaire est aujourd’hui
l’un des
leaders de l’entretien automobile en Europe. Sur un marché solide
mais
très concurrentiel, cette enseigne est devenue incontournable.
Vous distribuez désormais vos
propres lignes de produits. Les
franchisés sont-ils limités à la
vente de produits Feu Vert ?
Nous sommes d’une part centrale
d’achats et de référencement, d’autre
part nous faisons fabriquer des produits
discount sous notre marque. En ce qui
concerne les produits Feu Vert, les
franchisés doivent se fournir chez nous
à 100%, ce qui est logique. Pour les autres
marques, leur obligation se limite à 30%.
Nos produits couvrent pratiquement
toute la gamme et présentent un rapport
qualité/prix très compétitif. Tous ne
portent pas notre marque. Par exemple,
nous vendons des pneus Pirelli qui
sont fabriqués spécialement pour
nous. Ils ne portent pas la marque Feu
Vert, mais la marque Pirelli en raison
du prestige de cette marque.
«Le franchisé doit avant tout être un
excellent gestionnaire. S’il s’intéresse
à l’automobile, c’est un plus, mais il
n’a pas besoin de posséder des
compétences techniques».
Quel profil de franchisé recherchez-vous
?
Notre profil préféré, c’est le cadre de
la grande distribution, un milieu dont je
suis moi-même issu. Il est clair qu’un
ancien directeur de grande surface sait
déjà gérer des rayons. Mais nous
recherchons avant tout des gens qui
ont les compétences pour diriger une
PME et manager une équipe de 8 à 20
salariés. Nous ne souhaitons pas recruter
des investisseurs. Le franchisé doit être
présent sur le terrain. Précisons qu’il
n’est pas du tout nécessaire de posséder
des compétences techniques, mais un
intérêt pour l’automobile est tout de
même préférable. D’une façon générale,
nous sommes très sélectifs.
Formez-vous vos franchisés ?
Nous avons mis sur pied une école de
formation, qui compte six instructeurs,
à Ecully. Ce centre reçoit chaque
semaine des groupes d’importance
numérique variable. En moyenne : une
vingtaine de personnes. Nous assurons
aussi la formation du personnel de nos
franchisés.
Quelles sont aujourd’hui les
principaux obstacles à votre
développement ?
Trouver des emplacements ! Comme
je vous l’ai dit, notre concept exige des
surfaces importantes pas toujours faciles
à trouver. De plus, nous sommes soumis
à l’agrément des CDUC (Comités
Départementaux d’Urbanisme Commercial).
Ces formalités administratives
sont donc souvent assez longues. La
gestation d’un projet peut prendre
deux ans. C’est long, en particulier
pour une personne qui a par exemple
vendu son affaire précédente ou quitté
un emploi salarié.
1972
: création du premier centre Feu Vert près
de Lyon, à Ecully
1983 : lancement de la franchise
1989 : reprise de Feu Vert par
le groupe Monnoyeur
1998 : reprise des 53 points de vente
Auto-Services de Casino et entrée de
Casino dans le capital de Feu Vert
2000 : reprise du réseau de centres auto espagnol Delauto
2002 : reprise des 55 centres auto de Carrefour
Chiffres clés
105 succursales en France
78 succursales à l’étranger
195 franchises en France
Surface des garages : 700 à 1 200 m2 en zone commerciale
(proximité d’un hyper)
Investissement total : 600 000 à 800 000 €
Droit d’entrée : 25 000 €
Formation initiale : 1 615 €
Royalties : 4,94 % (dégressives en fonction du chiffre
d’affaires) Redevances publicité : 1,26
% Equipe de 8 à 20 salariés
Chiffre d’affaires global 2004 pour l’Europe
: 735
M€
Sur le net www.feu-vert.fr
Principal
concurrent : Norauto |
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Recrutez-vous des franchisés en
interne ?
Très fréquemment. Nos cadres connaissent
bien notre concept et notre métier.
Ils sont donc particulièrement bien
placés pour lancer leur propre centre
en franchise. Nous les encourageons
dans cette voie, bien entendu, quand
nous constatons qu’ils possèdent les
capacités nécessaires.
Les aidez-vous financièrement ?
Participez-vous au capital de vos
franchisés ?
Au coup par coup. Il n’y a pas de règle
générale. Mais, sur ce plan, nous
traitons avec nos cadres de la même
façon qu’avec les candidats «extérieurs».
Il n’y a pas chez nous deux catégories
de franchisés…
Vous ne les dispensez pas de droit
d’entrée ? Pas de ristourne ?
Non, je vous le répète, il n’y a pas deux
poids deux mesures. Mais un cadre de
Feu Vert bénéficie d’un avantage évident
quand il se rend chez son banquier. Son
projet inspire confiance parce que le
banquier sait qu’il a testé le concept,
vérifié sa rentabilité, qu’il connaît
tous
les rouages du réseau et a choisi cette
franchise en toute connaissance de
cause. Il obtiendra donc beaucoup plus
facilement un prêt qu’une personne
qui n’a pas fait ses preuves. Pour le
reste, il sera rigoureusement à égalité
avec nos autres franchisés.
Comment voyez-vous l’évolution
future de Feu Vert ?
Je pense que nous réunirons un jour
de véritables centres «multi-services».
J’entend par là que l’automobiliste
pourra trouver chez nous tous les produits,
par exemple des assurances. Nous
envisageons aussi la réparation sur
place, à domicile.
Pourra-t-on un jour trouver des
produits d’épicerie chez Feu Vert,
comme dans les stations service
d’autoroute ?
Non, nous entendons nous concentrer
sur notre coeur de métier. Nous
n’allons pas nous transformer en
supermarchés.
Recrutez-vous directement
chaque nouveau franchisé ou
déléguez-vous cette responsabilité ?
Je dispose heureusement d’une équipe
compétente qui recrute et procède
aux premiers entretiens. Je n’interviens
qu’au dernier stade. D’une façon
générale, je délègue beaucoup, c’est
la
meilleure façon d’être efficace et de
conserver une vision globale. Mais je
suis aussi très présent sur le terrain
pour conserver le contact humain avec
les franchisés.
Ca vous laisse un peu de temps
pour votre vie de famille ?
Je passe trois jours par semaine dans
les centres, ce qui signifie évidemment
beaucoup de temps passé dans les
trains et les avions, et deux jours au
siège, à Ecully. Mais rassurez-vous : je
dispose de tous mes week-end !
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numéro n°298
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