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INDEPENDANT - COMMERCE DU MOIS
Maman DEBROUILLE
Une boutique bien dans son époque
Revue PIC-INTER - n°300 - Septembre - Octobre 2006
Un
petit blouson à 15 euros, pour un Jacadi c'est une affaire ! Il
n'est pas neuf mais
presque. Nous sommes dans une boutique Maman Débrouille. Un dépôt-vente
de
vêtements pour enfants à Saint-Paul-les-Dax.
A la tête de cette jolie boutique
blanche et bleue, Valérie
Biremont, âgée de 38 ans.
Ancienne vendeuse dans le
textile, elle a suivi un stage de 3 mois à
Tec-Ge-Coop, la Boutique de
Gestion des Landes, pour une mise
à niveau de force de vente. Mettant son
expérience à profit et désirant quitter
le salariat pour s’investir dans la création
de sa propre entreprise, Valérie
Biremont rachète, en mars 1998, la
boutique où elle officiait. «J’ai obtenu
des aides à la création. Avec mon dossier
bien ficelé et la caution de mes parents
j’ai convaincu les banquiers». Elle décide
de créer un dépôt-vente de vêtements
pour enfants. Elle dépose le nom et le
logo – une petite fille tenant un lapin
en laisse - à l’Inpi.Maman Débrouille
était née.
La vocation de la boutique est de
proposer des vêtements
et accessoires à l'enfant
et la femme enceinte
ainsi que la puériculture,
le tout siglé
ou pas mais
d’excellente qualité et en parfait état.
Le but recherché n'est pas d'être
exhaustif en terme de marque ou de
référence ni de rivaliser avec les
spécialistes. Le stock est bien
approvisionné. «J’habille les enfants de
0 à 16 ans», précise Valérie.Avec
les ados, la
vente est
difficile. Ils sont accros aux marques et
rechignent souvent à porter des
vêtements de seconde main.Valérie a
contourné le problème. Son expérience
et la qualité de ses dépôts lui ont permis
d’élaborer une stratégie commerciale
adaptée à sa clientèle. Si elle sait que
les cadeaux de naissance ne s’achèteront
jamais dans un dépôt-vente, elle
connaît les usages des ados qui sont
fascinés par certaines étiquettes. «Les
marques c'est pour les boss, y'a que les
blaireaux qui n'en portent pas», résume
un adolescent qui porte un Diesel.
Alors Valérie privilégie les jeans de
marque :Cimaron,Lewis,Gap.. Mais,
«Attention, dit-elle. Ces jeunes consommateurs
ne portent que des vêtements
pratiquement neufs». Pour les plus petits
on trouve des marques tendances :
IKKS, Oxbow, Marèse, Jacadi…
Ici on rencontre de nombreuses
mamans qui ont déserté les boutiques
bas de gamme de la région, déçues par
la mauvaise qualité des produits.
Dailleurs, le nombre de dépôtsventes
témoigne de la bonne
santé de cette activité qui
consiste à revendre à des
particuliers des articles mis
en dépôt-vente par
d'autres particuliers. Ce
sont par exemple des
vêtements choisis sur un
coup de coeur ou de folie,
aussitôt regretté. Ou des
articles reçus en cadeau
qui ne plaisent pas, ne vont pas, dont
on se débarrasse ainsi, en faisant au
passage un petit bénéfice. Chez
Maman Débrouille,Valérie Biremont
annonce d'emblée la couleur : «Je ne
sélectionne pas que des marques mais je
refuse catégoriquement la fripe. J’exige
des vêtements nettoyés et repassés. Les
accessoires doivent être homologués afin
de ne courir aucun risque par la suite».
Au mois de juin, elle ne prend que du
plein été, impossible de refiler un pull
en laine ou des bottes qu’elle n’acceptera
qu’en septembre.
UN, DEUX, TROIS BOUTIQUES
La rotation d’un stock est en règle
générale de 45 jours. Les dépôtsventes
de vêtements accordent, pour
la plupart, un délai d’exposition de
deux mois, parfois trois. Valérie
Biremont fonctionne différemment :
«Je prends les dépôts uniquement sur
rendez-vous et je les conserve 5 à 6 mois.
Je règle les articles vendus tous les 2 mois
aux déposantes. Si les dépôts ne sont pas
repris au bout d’un an, je considère qu’ils
me reste acquis». Avec l’accord du
déposant, on peut solder les vêtements
et objets à 50% de leur prix, ce
qui attire les clients avides de
petits prix. Et le prix justement
? «Il est déterminé
d’un commun accord entre
le déposant et moi-même.
Il figure sur la fiche de
dépôt remise au déposant.
Je prends 25 articles maximum
par dépôt, parfois plus
dans la mesure où les produits
circulent rapidement. Il faut toujours du
nouveau pour attirer le chaland»,
précise-t-elle en souriant.
Maman Débrouille n'est pas seulement
une boutique de vente de produits
d’occasion, c'est un espace de rencontre
et de discussion pour une clientèle de
tous âges, de la très jeune femme à la
mamy. Certaines, parmi les plus fidèles,
passent une à deux fois par semaine.
Chez Maman Débrouille, c'est le
bouche-à-oreille qui fonctionne. Cette
commerçante s'est efforcée de changer
les mentalités des consommatrices de
sa région et la notoriété de la boutique
a largement dépassé les portes de
Saint-Paul-les-Dax, les clientes venant
de plus de 50 km alentour. «Les Landes
sont peu peuplées. Les villes sont très
éloignées les unes des autres, aussi j’ai tout
de suite pensé qu’une deuxième boutique
serait la bienvenue». Mont-de-Marsan
a ouvert ses portes le 29 février
2000 dans un centre commercial à
200 mètres du centre-ville. Le magasin
a été tenu par une salariée. «Aujourd’hui,
ma mère et ma petite soeur ont créé la
SARL «Le royaume des tous petits» et
exploitent la boutique qui vient d’emménager
dans un local de 260 m2 sur deux
niveaux». Un troisième dépôt-vente à
l’enseigne Maman Débrouille a ouvert
ses portes en mai 2005 à Morcenx.
Voilà comment en quelques années,
Valérie Biremont se trouve à la tête de
3 dépôts-vente pour lesquels elle a
mis en place un certain nombre de
règles, de procédures et de méthodes
qui, sans le savoir, constituent les
fondements d’un concept. Les idées du
réseau font leur chemin et les objectifs
de Valérie Biremont sont ambitieux :
connaissant déjà parfaitement le
marché de sa région, elle se propose
de renseigner, d’assister et de
conseiller tous les commerçants qui
seraient intéressés par son expérience.
En d’autres termes, elle ambitionne
de se lancer dans la franchise.
Organiser des rencontres avec les
futurs partenaires, créer des points de
vente aux couleurs de Maman
Débrouille, tels sont les moyens que
Valérie se donne pour réussir sa
mission. Elle a déjà pris de nombreux
contacts. Les habitants du nord de
l’Hexagone constituent une cible
privilégiée. «Pour le moment aucune
candidature n’a retenu mon attention».
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DATES D’OUVERTURE
:
• Saint-Paul-les-Dax
le 2 avril 1999
• Mont-de-Marsan le 29 février 2000
• Morcenx en mai 2005
SURFACE :
• 100 m2 (Saint-Paul)
• 260 m2 (Mont-de-Marsan)
GAMME DE PRIX :
• 1 € pour un Tshirt
• de 3,90 € à 25 € pour un jean
• de 15 € à 25 € pour un vêtement de
marque
JOURS ET HEURES D’OUVERTURE : Mardi au samedi de 9h30 à 12h et de 14h30 à 18h30
MEILLEURES PERIODES : toute l’année à l’exception
des fêtes de fin d’année |
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Sommaire numéro n°300
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