«Nous ne cherchons pas à
recruter des artisans boulangers,
mais des managers !»
lance d’emblée André-
Noël Lopez, Directeur du
réseau et créateur du
concept Histoire de Pains.
Et il ajoute : «Nous ciblons
même des entrepreneurs
capables d’ouvrir successivement
plusieurs points de vente afin
de se consacrer à la gestion».
De fait, 80% des franchisés de cette chaîne de terminaux
de
cuisson sont d’anciens cadres, et plus de la moitié gèrent
en
effet plusieurs points de vente ou envisagent de le faire à
brève échéance, tel Gilles Fin, ancien ingénieur
reconverti
installé depuis trois ans à Valence. On l’aura
compris, le maître
mot dans ce réseau, c’est la gestion. Savoir déléguer
pour ne
pas rester le nez dans le fourneau et voir grand afin de
construire peu à peu un petit réseau personnel au sein
du
réseau national et réaliser ainsi des économies
d’échelle.
Cette enseigne dispose de deux unités de fabrication à
Marignanne (13) et Ensuèsla-
Redonne (13) où elle
produit une gamme de
pains traditionnels et
spéciaux à base de levain
naturel. Elle a investi
récemment dans une
troisième unité de fabrication
pour répondre aux
besoins de son marché.
«Ces produits sont tout à fait
comparables à ceux des
meilleurs artisans boulangers traditionnels, souligne André-
Noël Lopez, et nos normes de fabrication sont très rigoureuses.
Le client peut être assuré de trouver des produits du
même
niveau de qualité dans tous nos points de vente». Le
décor des
magasins a été particulièrement étudié :
les pains sont cuits
devant la clientèle dans des fours à sole à l’ancienne.
Quelques tables permettent d’augmenter le chiffre d’affaires
en
proposant de la petite restauration. Le pain reste néanmoins
le
produit phare et représente plus de la moitié du chiffre
d’affaires global d’un point de vente.
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2002 par quatre associés,
tous anciens franchisés
du Pétrin Riberou, un
autre réseau de boulangerie
artisanale. «Nous
avons voulu tirer les leçons
de notre expérience de
franchisés en proposant
une formule de partenariat
à la fois souple et rigoureuse,
de façon que chacun de nos
adhérents puisse tout de
même se sentir chez lui»,
explique Yves Clabaut, porte-parole de ce jeune réseau.
Le Moulin n’entend pas être en reste sur le plan de la
qualité
des produits : «Une de nos premières démarches
a été
d’embaucher un Directeur de la qualité compétent».
Les recettes
du réseau puisent leur inspiration dans les traditions du
pays
d’Oc : Fougasses, Mouna, Boules meunières, Païou,
pain au
raisin, aux olives, aux noisettes, aux figues… L’ambiance
et le
décor ont également fait
l’objet d’une attention
particulière : la fabrication
s’effectue entièrement
sous les yeux des clients,
de la farine à la sortie du
four, afin que chacun
puisse constater que
tout est fait sur place.
«Ce n’est pas pour autant
que nous ne ciblons que
des boulangers, souligne
Yves Clabaut. Il est
parfaitement possible d’embaucher
le titulaire d’un CAP, de façon à se consacrer à la
gestion. Nous ne privilégions pas un profil de franchisé
particulier : nous voulons avant tout des commerçants
dynamiques et sympathiques. L’important est qu’ils soient
passionnés par le pain». Les fondateurs de l’enseigne
se
disent d’ailleurs eux-mêmes très fiers de leur
noble métier,
qu’ils continuent d’ailleurs à exercer. |
Création de l’enseigne : 1996
Lancement du réseau : 1998
Magasin : 200 à 240 m2
à un emplacement N° 1 d’une ville
de plus de 20 000 habitants
Investissement hors pas-de-porte : 300 000 € environ
Droit d’entrée : 22 868 €
Royalties : 4% du C.A.
Publicité : 1,5% du C.A.
Chiffre d’affaires moyen : 350 000 €
40 magasins ouverts et en cours d’ouverture.
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Création : Juillet 2002
Investissement total hors pas-de-porte : entre 350 K€ et 400 K€
Surface de magasin minimum : 200 m2
Droit d'entrée : 40 000 €
Royalties : 6%
Publicité : 1%
5 franchisés
9 succursales dont une en Suisse
Dernière ouverture : le 4 juillet
C.A. moyen d'un magasin : 630 K€
Marge annoncée par le franchiseur : 73% |
Une enseigne dédiée aux gestionnaires
Ce concept s’adresse en priorité à des gestionnaires
ambitieux, et non à des artisanscommerçants
qui entendent se contenter d’un seul magasin et le tenir eux-mêmes
en
famille. Il se distingue ainsi assez radicalement du commerce traditionnel.
Savoir
sélectionner des responsables, manager un personnel assez
nombreux, prévoir
l’ouverture de nouveaux points de vente dès le départ,
c’est ce que ce franchiseur
attend de ses partenaires. Comme d’ailleurs certains de ses
concurrents, tel le
groupe Holder qui lui aussi souhaite rassembler des «plurifranchisés».
Il résulte enfin de cette philosophie que les magasins doivent être
très bien placés car
ils s’adressent en priorité à une clientèle
qui accepte de payer plus cher un pain de
qualité. Les surfaces sont plus importantes que celles des
boulangeries traditionnelles.
L’investissement est donc relativement lourd. En contrepartie
de ce risque, Histoire
de Pains annonce une marge commerciale de 63 à 72% qui devrait
permettre
de rentabiliser assez rapidement un point de vente bien étudié.
On notera aussi que
Histoire de Pains est le seul réseau de terminaux de cuisson
haut-de-gamme à notre
connaissance, ce qui le met en concurrence non pas avec un leader
comme La
Mie Câline, mais avec les artisans boulangers traditionnels
de bon niveau. |
Un bon créneau
On notera que cette franchise est dirigée par des artisans
qui exercent leur
métier. Comme d’ailleurs d’autres enseignes de
boulangerie traditionnelle tel
Au Vieux Four. La transmission du savoir-faire et le contact humain
devraient être facilités au sein du réseau. On
est plus facilement sur la même
longueur d’ondes avec des hommes qui pratiquent tous les jours
qu’avec
des gestionnaires éloignés du terrain. La qualité est
au rendez-vous. Reste à
savoir si les talents de gestionnaires des quatre mousquetaires du
pain seront
à la hauteur de leurs compétences d’artisans.
On peut se demander aussi s’ils
parviendront à fidéliser leurs franchisés dans
un domaine où l’apport du
franchiseur reste limité, passé la période de
formation et de transmission des
recettes. Les dimensions du réseau ne permettent pas pour
le moment
d’espérer imposer une image de marque nationale. Toutefois,
les consommateurs
qui recherchent le pain de qualité sont de plus en plus nombreux
et il reste de
toute évidence des places à prendre dans de nombreuses
villes de France.
Pour un franchisé qui aime ce produit et se sent prêt à lui
consacrer l’énergie
et le temps indispensables, les risques devraient être limités. |