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PATRON eT COMMERCANT
Jean-Batiste TCHIBOUKJIAN
Un boy-scout dans la franchise
Revue PIC-INTER - n°300 - Septembre - Octobre 2006
Patron, salarié, franchiseur,
franchisé : Jean-Baptiste Tchiboukjian, 43 ans, a porté
toutes les casquettes. Après vingt ans de textile, il goûte à la
restauration rapide
sous la bannière Speed Burger.
Un hamburger tout rond, tout
chaud et livré à domicile :
c’est le concept Speed
Burger, inventé par deux
professionnels de la restauration,
Bruno Bourrigault et Lotfi Youcefi.
Concept qui en a conquis plus d’un
depuis la création de l’enseigne à
Angers, en 1995. C’est que ces petits
pains généreusement garnis, bien
plus copieux que chez les géants
traditionnels du secteur et accommodés
selon 25 recettes créatives
«made in France», changent des
sushis et des sacro-saintes pizzas.
D’emblée, l’idée a séduit Jean-
Baptiste Tchiboukjian. Pourtant, ce
n’est pas la passion du burger qui a mis
en appétit ce franc-tireur de 43 ans,
mais la franchise. En 2004, il a ainsi
ouvert le premier magasin franchisé
Speed-Burger, à Aix-en-Provence.
«La restauration rapide ne m’attire pas
en tant que telle. En réalité, je cherchais
à développer une enseigne dont la
rentabilité était susceptible d’être
supérieure à la moyenne. Le réseau
Speed Burger me paraissait répondre à
ce critère». La suite lui a donné raison.
Conforté par sa centaine de livraisons
quotidiennes et son chiffre d’affaires
de 450 000 € dès le premier exercice,
Jean-Baptiste Tchiboukjian ouvre
aujourd’hui une deuxième boutique à
Marseille.
UN DÉVELOPPEUR
DE RÉSEAU
Doté du don de transformer ce qu’il
touche en or, ce spécialiste de la
franchise, venu du textile, a pourtant
commencé sa carrière en dilettante.
Adolescent, le Francilien renonce ainsi
à passer le bac. «Bêtement», reconnaîtil
aujourd’hui. A l’époque, il songe à
s’engager dans l’Armée, mais change
d’idée quand, à l’issue de son année
de
service, il n’obtient pas l’affectation
désirée. «A ce moment, j’ai regretté de
ne
pas avoir passé mon bac !». Qu’importe,
grâce à une session de rattrapage
d’été, le jeune homme intègre une
école de commerce, à Lille. Rentré en
stage au sein du groupe de prêt-àporter
Daniel Crémieux, il en gravit
rapidement les échelons : d’abord
responsable d’un magasin, puis de
trois et, bientôt, de l’ensemble des
franchisés, il s’occupe également du
marketing. En parallèle, il monte deux
magasins de vêtements sportswear, à
Paris et Versailles.
«Au bout de dix ans, j’avais fait le tour. En
partant, j’ai tout vendu». Son expérience
lui vaut d’être embauché par Parallax,
autre marque de prêt-à-porter masculin.
«J’étais une sorte de directeur général,
chargé de recadrer les équipes des 17
magasins, refaire la décoration, refondre le
système achats, repenser la distribution».
Le contrat tourne court, avec un
licenciement porté devant les
Prud’hommes. «En gagnant, je me suis
muni de cartouches financières utiles pour
voir venir et, pourquoi pas, investir».
En attendant,Jean-BaptisteTchiboukjian
rejoint La Compagnie des Petits,
jeune marque pour enfants née en
1992. Là encore, ses fonctions se
révèlent plus étendues que ne le laisse
supposer son titre de «directeur du
développement». Il se voit ainsi confier
la logistique, l’informatique et la mise à
niveau des stocks ; il occupe les postes
de directeur commercial, directeur
financier et directeur des achats. Son
pécule gagné aux Prud’hommes lui
permet de monter quatre magasins, à
Aix, où siège La Compagnie des Petits,
Vitrolles, Puget-sur-Argens et Nice.
Au cours de cette période, il se forge
cette philosophie qui lui vaudra la
réputation de «boy scout» de la
franchise. «Etant moi-même des deux
côtés, j’ai toujours milité pour un partage
réel des marges entre le
franchiseur et le franchisé.
Celui-ci investit souvent
toutes ses économies dans
le projet et mérite une
cer taine honnêteté en retour.
Malheureusement, c’est un discours
que les franchiseurs ne sont souvent
pas prêts à entendre».
A commencer par son propre
employeur, dont l’actionnaire principal
annonce, un jour, la prochaine nomination
de son fils à la direction générale.
«A plusieurs reprises, déjà, je m’étais
opposé à ce qu’on augmente la marge de
la société franchiseuse. J’estimais que
celle-ci était suffisamment importante
(20 millions de francs en 2002). Mais j’ai
compris que le nouvel actionnaire ne
l’entendait pas de cette oreille. Nous nous
sommes donc séparés à l’amiable».
LA PETITE ENSEIGNE
QUI MONTE
En 2002, au moment de son départ,
l’enseigne marseillaise compte 165
magasins, dont 150 en France. De quoi
justifier un certain niveau d’expertise.
Suivi par Nancy Rigal, son bras
droit au sein de la chaîne enfantine,
Jean-Baptiste crée Developp. Ing,
société de conseil et de développement
en franchise. En 2004,
pourtant, il ne résiste pas à la
tentation quand Erwan Rouxel,
conseil en développement
externe pour Speed Burger,
fait appel à ses services.
«Il me sollicitait pour la partie
franchiseur. J’ai choisi d’être franchisé».
Encore une fois, Nancy Rigal,
associée à part égale, est de
l’aventure. Pour se lancer sur ce
nouveau marché, inconnu pour
eux, le tandem convie un troisième
partenaire, Mathieu Regniez,
29 ans, un spécialiste de la restauration.
Une forme de prévoyance qui n’empêche
pas de voir les choses en grand. Avec
un espace de 120 m2, un investissement
de 180 000 €, la boutique d’Aixen-
Provence dépasse largement les
normes préconisées par le
franchiseur. «L’objectif était
d’en faire une vitrine, afin de
développer le réseau dans les
Bouches-du-Rhône, territoire
dont j’ai obtenu l’exclusivité».
Alors que le réseau Speed
Burger, déjà riche d’une
quinzaine de boutiques,
devrait en compter une
trentaine (avec, notamment,
une succursale en
région parisienne) avant
fin 2006, Jean-Baptiste
Tchiboukjian, lui, prévoit
de constituer un réseau de
six ou sept points de vente
dans la région marseillaise.
«Je prévois de les donner en
location-gérance, c’est bien
ancré dans ma tête»,
assure-t-il.En attendant,
cet infatigable franchisé
continue de s’impliquer
sur tous les fronts. En
animant, par exemple, une commission
consultative sur le développement
de Speed-Burger. Ou en testant, le
premier, la commande en ligne.
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1981 : intègre une école de
commerce
1983 : rentre chez le groupe Daniel Crémieux
1988 : monte deux magasins de vêtement à Paris et Versailles
1992 : est chargé de réorganiser la marque Parallax
1994 : intègre la Compagnie des Petits
1998 : monte le premier de ses quatre magasins Compagnie des Petits
2002 : crée Developp. Ing, société de conseil
et de développement
2004 : lance le premier magasin franchisé Speed Burger
2006 : ouvre une deuxième boutique Speed Burger à Marseille |
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Sommaire numéro n°300
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