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INDEPENDANT - SAGA
Longchamp fête sa 100ème boutique
Revue PIC-INTER - n°300 - Septembre - Octobre 2006
Longchamp fêtera bientôt son soixantième
anniversaire. Au-delà de son côté
vénérable institution, l'enseigne est devenue le spécialiste
incontesté des articles
de maroquinerie haut de gamme. Elle a recours à des tactiques
de marketing
offensif pour rester l’un des leaders du marché.
En mai 2006, dans le quartier de
Soho à New York à l’angle de
Spring Street et de Greene
Street que se passait-il ? Quel
événement célébrait-on ? Une
foule d'invités triés sur le volet
était rassemblée pour une fête très
«hype» à laquelle participaient
des stars. Pour inaugurer la 100ème
boutique, ni la marque Longchamp,
ni la famille Cassegrain n’avaient
lésiné sur les moyens pour célébrer
l’occasion. Uma Thurman et son
père, Isabella Rossellini et sa fille
Electra, le designer Jeremy Scott,
Lucy Liu, Susan Sarandon,...
Un mélange hétéroclite de 1 600
personnalités et journalistes fêtaient
la nouvelle boutique baptisée La
Maison Unique Longchamp.
Unique, car l'espace de 800 m2, conçu
par l'architecte britannique Thomas
Heatherwick, n'est pas destiné à
être reproduit ailleurs. Philippe
Cassegrain, Président de la marque, a
été séduit par le volume spectaculaire
de cet immeuble de 1936. Mais quel
dédale ! Faire ses emplettes dans ce
lieu conçu comme une «sculpture à
vivre» sur trois étages relève
davantage de l'expédition que du
shopping. La boutique est traversée
par un puits de lumière à travers
lequel s’élance un escalier monumental,
ondulant comme un serpent d’acier et
de polyester. L’ensemble est novateur
et très luxueux.
TROIS GÉNÉRATIONS
AUX MANETTES
La saga Longchamp se confond avec la
dynastie Cassegrain depuis 1948.
Trois générations aux commandes ont
suffi pour que l'entreprise atteigne
aujourd'hui près de 200 millions d'€
de chiffre d'affaires. Ce succès,
Jean Cassegrain, le grand-père de
Philippe, est loin de pouvoir
l'imaginer lorsque, jeune spécialiste
des articles pour fumeurs installé sur
les grands boulevards parisiens, il
comprend la nécessité de gainer de
cuir son stock de pipes. La pipe
Longchamp devient alors un symbole
d’élégance pour les Européens. Les
ventes explosent et le débitant de
tabac entame une diversification avec
une gamme d’accessoires de petite
maroquinerie (portefeuilles, pochettes
à dragonnes, blagues à tabac...). «Dès les
années 50, nos produits se vendaient aux
Etats-Unis, au Japon, au Liban, au Maroc»,
précise Jean Cassegrain, petit fils du
fondateur et actuel Directeur Général.
«Moins de dix ans plus tard, mon
grand-père ouvre sa première usine à
Segré, dans le Maine-et-Loire, et imprime
sa griffe cavalière, le fameux Pur-sang, à
une ligne de sacs en agneau». Dans les
années 70 Longchamp a l’idée d'utiliser
le nylon des tapis de sol de l'armée
pour faire une ligne de bagages chère
au coeur des BCBG épris de classicisme.
Elle fera
u n tabac en
Europe et en
Extrême -
Orient. A cette
époque, Jean
Cassegrain
senior fut le premier à ouvrir un
magasin de bagages dans un aéroport.
Tout le monde trouvait ça bizarre.
Aujourd'hui, plus personne ne se pose
la question. Mais, restait à innover
encore et à trouver le must révolutionnaire
pour les virées du week-end.
En 1994 le modèle le Pliage fait une
entrée remarquée dans les
boutiques de la société. Cette
gamme innovante va marquer un
tournant dans l'histoire de Longchamp
qui avait enfin trouvé les formes
classiques qui s'adaptent à toutes les
tendances. A eux seuls, les Pliage
représentaient 20% du chiffre d'affaires
total. Une aubaine pour l’entreprise qui
persiste et signe pendant plus d’une
décennie.Du beige au marron en passant
par le bleu ciel ou le fuchsia, du nylon,
un peu de cuir et plusieurs tailles, les
Pliage se déclinent dans une quinzaine
de coloris avec une alternance de
combinaisons bicolores. La forme et
les tons à la mode vont accrocher une
clientèle plus jeune, de l’étudiante à la
femme chic. En 10 ans, la gamme s’est
vendue à 7 millions d’exemplaires. «Sur
la seule année 2003, nous avons vendu
un million et demi de sacs Pliage»,
indique Jean Cassegrain. Un succès que
le temps et les copies pléthoriques
n’ont pas terni puisque les dernières
ventes annuelles dépassent encore le
million.
LE TOP ET SON RODÉO
Histoire de ne pas trop ronronner,
pour ses 50 ans, le maroquinier a fait
appel à des artistes. Dix personnalités
telles qu’Alain Passard, Maud Gruss
ou Agnès Letestu qui devaient chacune
réaliser un modèle en cuir. Pour Agnès
Letestu, danseuse étoile, ce sera une
boîte à tutus sur roulettes et, pour le
chef français, un sac équipé de
tiroirs rigides afin d'y ranger des
barquettes de fruits rouges... En
2004, à l'occasion du dixième
anniversaire des Pliage, le
designer britannique Thomas
Heatherwick s'empare du célèbre
modèle pour lui donner une nouvelle
allure. D'un coup de glissière enroulée
sur toute sa longueur, le sac Zip s'ouvre
sur lui-même pour doubler de volume.
«Notre objectif est de montrer la marque
sous un angle novateur et original»,
explique Jean Cassegrain.
Pour toucher une cible plus large,
Longchamp a choisi Kate Moss pour
ses campagnes de pub.Malgré les déboires
médiatisés de l’icône britannique, la
marque persiste et signe en 2006 en
reconduisant le contrat du mannequin.
La campagne de l’automne 2006 a été
réalisée par le photographe Mario
Sorrenti. Le top apparaît au lit avec
son sac Rodéo, plus sexy, plus nue et
plus innocente que jamais. «Elle est
belle, son visage est reconnaissable par
tout le monde, dans n'importe quel pays»,
estime Jean Cassegrain. Avec ces
visuels qui sont sortis dans la presse en
août 2006, Sophie Delafontaine,
soeur de Jean et directrice de la
création, veut faire bouger l’image de
Longchamp. Un bon moyen de chahuter
un peu le look classique qui lui
colle à la peau.
Le style Longchamp est imaginé
par trois personnes :
Philippe Cassegrain
et sa fille Sophie, mais
aussi Isabelle Guyon.
Michèle Cassegrain,
l’épouse de Philippe,
dirige les boutiques
hexagonales, son fils
Jean est Directeur
Général et le dernier,
Olivier, s’occupe
du développement
des magasins outreatlantique.
Pour
faire face à la croissance de la société,
six nouvelles unités de fabrication ont
été ouvertes dans l’Hexagone. «70%
des pièces sont fabriquées en France,
explique Jean Cassegrain. Cela
conditionne un certain niveau de prix et
un positionnement plutôt haut de
gamme, mais comme Longchamp est
une entreprise familiale, nous n'avons pas
de pression extérieure. Nous suivons notre
route à notre façon et nous faisons
en sorte de franchir des étapes, sans
rupture». Avancer pour ne pas être
dépassé. Les dernières créations Idole
ou Soho Duplex, les valises en cuir
souple de couleur, sont la preuve de la
créativité dont est capable Longchamp.
Avec élégance, la famille Cassegrain
répond à une exigence de qualité.
| CARTE D'IDENTITE |
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DATE DE NAISSANCE : 1948
REPARTITION DES VENTES : 47% en France ; 53% à l’export
EFFECTIFS : 1 300 personnes dont 800 affectées
à la production
DISTRIBUTION : 100 boutiques à l’enseigne Longchamp,
450 multimarques. 10 filiales à l’étranger. Présence
dans 100 pays
au travers de plus de 2 000 points de vente
PRODUCTION : 4 millions de pièces vendues par an
CA
CONSOLIDE : 186 millions en 2005 |
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