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INDEPENDANT - SECTEUR
La décoration d'intérieur,
c'est tendance
Revue PIC-INTER - n°300 - Septembre - Octobre 2006
Le marché hexagonal de la décoration
d'intérieur représente, selon les estimations
Eurostaf, plus de 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Le secteur
est occupé par
quelques 10 000 magasins qui commencent à miser sur l’équipement
de la maison
moyen et haut-de-gamme.
Le 22 mars 2006, un événement
a eu lieu à Rosny-sous-Bois
(Seine Saint-Denis), non loin du
BHV Déco : le promoteur
néerlandais Bouwfonds MAB
Development a inauguré Domus,
centre commercial entièrement consacré
à l'ameublement, la décoration et
l'équipement de la maison. Ce géant de
400 mètres de long, 100 mètres de
large sur trois étages, pour un investissement
de 150 millions d'€, va tenter,
sur 62 000 m2, de s'imposer sur un
marché moyen et haut-de-gamme avec
une centaine d’enseignes de décoration
– Alinéa (Groupe Mulliez),
Truffaut, les marques du groupe
Roche-Bobois (Cuir Center, Maison
Coloniale), Arc International, Guy
Degrenne, Lapeyre, Authentica,
Comptoir de Famille, Bouchara, la
Maison Slave… – qui proposent
meubles, jardinerie, vaisselle, literie,
cuisine, rideaux, luminaires, revêtement
de sols, rangement, tapis…. Si Domus
obtient l'autorisation de la préfecture,
il devrait être ouvert sept jours sur
sept et d’autres Domus devraient voir
le jour.
Le marché de l’équipement de la maison
dans son ensemble se reprend depuis
2004, profitant de la bonne santé de
l’immobilier. selon l'Institut de
Promotion et d'Etudes de
l'Ameublement (Ipea), les seules
ventes de meubles ont atteint
8,78 milliards d'€ en 2005, en hausse
de 2,5% par rapport à 2004. En 2004,
les ventes dans le segment bas-degamme
ont chuté de 8,9% à
4,17 milliards d'€, alors que le milieude-
gamme a progressé de 2,3% à
3,16 milliards d'€ et le haut-de-gamme
de 3,4% à 920 millions d’€. Quatre
gros opérateurs évoluant sur les petits
prix, (Conforama, Ikea, But et
Fly), opèrent dans la gamme “premiers
prix”et se partagent 60% du
marché. L'équipement de la maison
moyen et haut-de--gamme en France
reste donc largement sous-développé
par rapport aux autres pays européens.
«Vouloir jouer la carte du prix bas coûte
que coûte peut s'avérer contre-productif,
car nous risquons se brouiller les repères
chez le consommateur», estimait
Patrick Min, PDG du groupe Pem-
Logial (généraliste de l’ameublement)
en novembre 2005.A signaler :Domus
évitera le bas-de-gamme.
UN MARCHE
QUI SE MODIFIE
Cette nouvelle donne fait bouger les
enseignes. Par exemple, Ikéa, tente
une autre approche produit avec une
collection un peu plus chère, un peu
plus sophistiquée, bref un peu plus
haut-de-gamme qui se démarque du
joli meuble «cheap» qui durent deux
ans. Le distributeur suédois investit
fortement pour communiquer sur ses
prix bas (80 millions d'€ en 2005), mais
avec cette gamme, il se rapproche
d'enseignes moyen-de-gamme comme
Habitat.
Tester le moyen et haut-de-gamme est
donc devenu prometteur. Les enseignes
qui tentent ce pari jugent que le mode
de vie de nos concitoyens a changé.
Devenue une valeur sûre, la maison fait
l’objet de toutes leurs attentions et ils
privilégient l’amélioration de leur
habitat. D’ailleurs, la part du budget
qu’ils y consacrent augmente avec un
panier moyen de 40 € par mois. 55%
des Français pensent qu'aménager et
décorer sa maison est la meilleure
façon de dépenser son argent et 68%
estiment que la maison est le meilleur
refuge face au stress professionnel
(Observateur Cetelem). Corollaires
du cocooning et des 35 heures, la
décoration d’intérieur évolue. Toutes
les pièces de la maison sont désormais
soumises au diktat de la mode. Aussi,
les professionnels du secteur passent
de plus en plus d’une logique verticale
à une logique horizontale. Il est en effet
difficile de ne vendre que des canapés,
des meubles ou des tapis… Des
distributeurs comme Conran Shop,
Bois et Chiffons, Roche et
Bobois…, qui proposent des meubles
mais aussi du linge de maison, de la
vaisselle, des luminaires, illustrent bien
cette évolution de l’offre. Maintenant,
ces points de vente fidélisent leurs
clients avec des produits de décoration,
autrefois qualifiés d’accessoires. Les
objets, sources d’achats d’impulsion,
reviennent sur le devant de la scène
sous l’étiquette plus valorisante de
«l’art de vivre». Le magasin actuel
devient une juxtaposition de «scènes
d’intérieur» sans cesse renouvelées.
Actuellement, les consommateurs
n’hésitent pas à s’endetter pour
s’offrir le «total» salon de leurs rêves.
Dans certains magasins, 40% des
ventes sont effectuées à crédit pour le
moyen et le haut-de-gamme. Les
dépenses augmentant, le marché est
plus dynamique.
Les seniors sont une clientèle rêvée
pour le marché de la décoration
d'intérieur. Leur niveau de vie est en
moyenne supérieur de 30% à celui des
autres Français. Le logement tient une
place prioritaire dans leur cadre de vie.
Cela tient non seulement à leurs activités
en tant que retraités (bricolage,
jardinage, entretiens, …) mais également
à un besoin de sécurité croissant.
| CONFORT ET SECURITÉ |
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Selon une enquête Leroy Merlin/CSA parmi
les attentes principales des ménages par rapport à leur
habitat on trouve en tête de liste le confort (52%) et la sécurité (51%).
La chambre des parents tend à devenir multifonctionnelle (travail
: 12%, télévision 4%, Internet 17%, …). 87%
des ménages préfèreraient une grande cuisine à une
grande salle de bains. 68% estiment que les enfants ont besoin d'une
chambre plus grande que celle des parents et 69% estiment que la
chambre est le meilleur endroit pour s'isoler. Le salon est un lieu
convivial par excellence. Y dîner ne relève plus de
la faute de goût. La salle à manger quitte ses apparats
pour devenir bureau, lieu de loisirs (home cinéma) ou salle
de jeux pour petits et grands. La maison est un lieu à la
fois intime et ouvert sur l’extérieur, Aucune pièce
n’est confinée à une seule fonction, mais doit
pouvoir s’adapter aux situations et aux moments. |
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HOME SWEET HOME
De même les seniors sont des
consommateurs faisant preuve d'un
réel détachement par rapport aux
prix. Exigeant qualité, durabilité,
confort et sécurité, ils sont d'une plus
grande fidélité aux marques. Les jeunes
générations de seniors sont également
plus ouvertes à la nouveauté qu'auparavant,
se laissant moins impressionner
par la technologie.
L'augmentation du nombre de mariage
est également un facteur intéressant
de croissance pour la décoration. Les
listes de mariage sont des relais de
développement pour ce secteur. Les
éléments d'aménagement et de
décoration de la maison remportent
44% des suffrages concernant les
cadeaux les plus recherchés dans les
listes de mariages (derrière le voyage
de noce). Enfin, l'éclatement de la
cellule familiale est le dernier point
porteur de l'évolution du secteur de la
décoration d'intérieur. Le poids des
ménages monoparentaux est croissant et
ils sont souvent de gros consommateurs.
Ils représentent un tiers des ménages
soit plus de 7 millions de personnes.
Cet éclatement implique donc une
augmentation du nombre d'habitats
potentiels à aménager.
Depuis une dizaine d’années, les
consommateurs appréhendent le secteur
du meuble comme un univers d'aménagement
global de la maison, où la
décoration prend une place majeure.
Ils ne font plus d’achat sur un produit
mais sur une décoration. Il faut le
savoir, lorsque les produits se métissent
avec la petite déco, que la petite table
d’appoint est assortie au canapé, luimême
en parfaite harmonie avec le
tapis et le tableau accroché au mur, les
consommateurs craquent. Près d'un
tiers des Français prêts à acheter une
canapé design opteraient instantanément
pour un tapis tendance et des coussins.
L'acquisition d’accessoires de décoration
est donc devenu un geste courant dans
un magasin d'ameublement. L'idée n'est
pas tout à fait neuve. Il suffit de regarder
le succès remporté par Ikea, entre
autres grâce à la force de ses mises en
scène, ainsi que le succès des boutiques
et magazines de décoration.Autre indice
et pas des moindre : les Galeries
Lafayette ont traversé le boulevard
Haussmann pour ouvrir un espace de
10 000m2 entièrement dédié à la maison
et l'art de vivre. Chacun des cinq
niveaux exprime un moment de vie :
on cuisine au sous-sol, on se fait plaisir
au rez-de-chaussée, on dresse la table
au 1er étage, on se détend au salon au
2ème et on s'endort au 3ème. Le meuble et
la décoration y sont omniprésents et
toutes les grandes tendances s'y
expriment. Partout les luminaires, les
tapis, les coussins sont partie prenante
d'un style, d'une ambiance. Face à la
chute du secteur meuble constatée
en 2004 et 2005, les distributeurs
commencent donc à placer l'accessoire
de décoration comme élément du
renouveau, et analyse désormais l'espace
maison dans son ensemble.
En dépit des effets d’annonce sur la
morosité ambiante, on le constate : la
place de l’habitat reste prépondérante.
La volonté des Français de devenir
propriétaires de leur logement et de
faire des achats plaisirs sont autant de
facteurs qui expliquent leur engouement
pour l’équipement de la maison.
Les meubles meublants, les rideaux, les
tapis et les coussins sont les types
d’ameublement les plus fréquemment
cités lors des intentions d’achat des
consommateurs. Dans les sondages,
mentionné ainsi que les canapés
modulables, vraisemblablement en
raison de la démocratisation de l’écran
LCD qui pousse le consommateur à
faire l’acquisition d’un nouveau canapé
pour regarder la télévision de manière
différente.
Attention si l’on demande aux
consommateurs de choisir leur
intérieur idéal, ils restent terriblement
classiques. Beaucoup rêvent d’un
intérieur structuré, carré, avec des
tableaux et du bois. Autrement dit,
traditionnel. L’analyse de l’ameublement
des français met en évidence la
forte part des meubles de style ancien
classique, malgré la forte croissance
des meubles modernes, contemporains
voire exotiques depuis quelques
années. Plus de 6 millions de français
déclarent être meublés dans un style
rustique, campagnard ou ancien. 3,8
millions des ménages, soit 11% des
ménages français sont meublés dans le
style jeune habitat. Ces personnes
âgées en majorité de moins de 35 ans
accordent une priorité à la fonctionnalité
et non au design. 11% des ménages
français sont meublés dans un style
qu’ils qualifient de naturels, pour des
meubles datant des années 50, 60 et
70. Alors que 8% des ménages sont
meublés en meubles exotiques, 7%
sont meublés en style provence,
notamment dans la région du Sud-ouest,
seulement 6% des ménages français
sont meublés en style luxe.
Après une course effrénée aux petits
prix sur le marché de l’équipement
de la maison, les consommateurs se
laissent de plus en plus séduire par
l'achat plaisir. C'est dans la notion de
cocooning qu'ils recherchent le ou les
produits devant participer à leur
bien-être. Cette notion passe évidemment
par des formes et des couleurs.
Le prix quant à lui intervient, dans
le processus d'achat, en troisième
position. L'achat plaisir est devenu un
refuge contre la morosité ambiante.
| DOMUS,TEMPLE DE LA DECO |
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Surfant sur la vague actuelle de la décoration
d'intérieur,
Domus est un centre commercial d'un nouveau genre,
entièrement consacré à l'univers de la maison
et du jardinage.
Monumental paquebot à la façade courbe, architecture
futuriste
où dominent le verre, le béton et l’acier. Dès
l'entrée, le ton
est donné. On est dans un complexe dédié à la
maison. Afin
de séduire un maximum de clients, l'hyperstore accueille tous
les styles: le traditionnel comme l'ethnique ou le contemporain.
Les consommateurs trouvent dans un même lieu cuisinistes,
vendeurs de meubles, spécialistes de la salle de bains ou
des
arts de la table. L'enseigne Roche & Bobois, quant à elle,
s'impose comme la seule
marque haut-de-gamme à
avoir oser l'aventure Domus.
«Les curieux peuvent
consulter sur place et
gratuitement des ouvrages de
décoration et d’aménagements intérieurs.
Des équipes accueillent les clients du lundi au dimanche afin
de les aider pour un projet comme refaire son appartement. Ce service
est payant », explique
Catherine Arbinet, directrice de Domus. Pour se restaurer : La brasserie
Le Rivage cohabite
avec un café Muffin, la Pizza Ugo, un Comptoir de Maître
Kanter, le Moule à
gâteau et bien d’autres. «Les restaurants seront
ouverts le soir car nous souhaitons attirer la
population locale qui manque d'endroits pour dîner»,
affirme Catherine Arbinet. L'idée : recréer
un vrai centre-ville, animé même en dehors des horaires
d'ouverture. «Je suis extrêmement motivée
par le challenge de diriger Domus. Ce site neuf et magnifique s’adapte
parfaitement à ma notion
de l’esthétique, tout en faisant se rejoindre mes passions
pour l’univers de la décoration et le
management». |
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Sommaire numéro n°300
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