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INDEPENDANT - CONCEPT
PRINCESSE YENNEGA - Le lien entre passé et présent
Revue PIC-INTER - n°301 - Novembre - Decembre 2006
Marie Masi, passionnée des autres, du monde et de l’art, travaille pour la reconnaissance
des artistes. Le respect et le talent sont deux mots qui lui vont bien.
Epiphénomène avéré : galeristes et artistes peinent à sortir de la rive gauche de Paris. Pourtant, quand le côté inventif de l'âme Burkinabé se mêle à l'art du monde, le mélange ne laisse pas indifférent. Dans le 12 ème arrondissement de Paris,l'association de la tradition et de la modernité engendre une réussite subtile dans une boutique-galerie de la rue de Reuilly. Bronzes, céramiques, batiks, p l a t e a u x , tableaux, bijoux témoignent de la richesse et de l'originalité des artisanats africains et européens. Ce n'est pas de l'art pour l'art, les objets sont imaginés pour des rituels ou pour un usage quotidien. On découvre par exemple des maternités ou les danseuses en bronze du sculpteur Adama Gandema et de la vaisselle ou du linge. L'ambiance joyeuse des lieux reflète cette diversité de cultures et de styles. On ne retrouve pas ici la monotonie un peu pesante d'autres espaces où l'on se croit obligé d'en faire toujours plus dans l'uniformité. Ce commerce ne s'apparente pas du tout à un bazar, il est au contraire judicieusement organisé.
Le «cerveau» de l'affaire, c'est Marie Masi . Elle a ouvert cette boutiquegalerie en avril 2005 . Un grand espace au parquet et murs clairs : 25 m 2 pour la vente des objets et 55 m 2 pour la galerie. « J'ai cherché longtemps car je désirais associer un magasin et une galerie. Les gens hésitent à pousser la porte d'une galerie alors qu'ils rentrent aisément dans un commerce ». Elle baptise le lieu, Princesse Yennega , du nom d'une guerrière qui dirigeait les armées de son père, et dont le fils a créé le Yatenga . « C'est un mythe fondateur du pays de mon père ». Son père est burkinabé et sa mère française, de Vichy. Cette jeune femme de 34 ans, polytechnicienne, a d'abord décroché un poste de consultante chez un important institutionnel parisien. Dans sa quête d'idées nouvelles et à la recherche de ses origines, durant sa vie de salariée, elle part souvent au Burkina Faso. Elle y découvre une nouvelle culture et s'en enrichit. Marie a alors une idée en tête : elle pourrait vendre à Paris les oeuvres de peintres et plasticiens burkinabés. Elle entend relever le défi, mais veut toucher plusieurs pays à la fois. « Je tiens beaucoup à la mixité ». Avant l'ouverture de son magasin, elle s'attaque à plusieurs pays africains et européens. Elle est séduite par l'allemande Katia , créatrice de bijoux. La française Sylvie Godard et ses poteries en raku coloré. Le breton Yannick Le Bloas qui crée ses sculptures habillées de millefiori, une collection de bijoux sur le thème des comètes, propose des oeufs luminescents, des « enveloppes » de femmes aux ventres étincelants de perles lumineuses, « corps célestes » comme il aime à le dire. Bernardin Bationo , le burkinabé, et ses étranges tableaux aux couleurs ocres.
« Je vais 1 à 2 fois par an dans différents pays. Je travaille directement avec les artistes déjà installés et je recherche de nouveaux talents avec une grande liberté d'expression ». Ses choix, toujours de l'inédit, font l'unanimité et son éclectisme fait merveille. « Je fonctionne au coup de coeur et je rassemble l'art et les objets qui me plaisent ». Pour se faire connaître, Marie Masi organise deux à trois expositions par an avec des vernissages souvent mémorables. Comme celui qui s'est déroulé autour d'un buffet végétarien et des boissons luminescentes pour accueillir une artiste polonaise qui transforme fleurs et fruits en compositions assez saisissantes. Sans oublier le véritable repas burkinabé au son du Djembe à l'occasion du vernissage « Pintadeattitude » d' Ernest Dükü .
UNE COMMUNICATION MALINE
Pour inviter ses clients à fréquenter son magasin, Marie Masi a sa technique : le mail. « Je l'utilise à chaque exposition et à l'occasion des fêtes ». Ce n'est pas la recette magique, elle en a bien conscience, mais le bouche-à-oreille fonctionne. 50%, voire plus, de consommateurs disent être influencés par le bouche-à-oreille plutôt que par la publicité traditionnelle. L'opinion d'un ami est aujourd'hui bien plus précieuse que celle d'un spécialiste qui recommande tel ou tel produit. Sa clientèle ? Européenne et parfois africaine, les habitants du quartier, ceux qui fréquentent l'hôtel mitoyen et l'hôpital Saint-Antoine qui est proche, les collectionneurs, le show-biz, ...
L'investissement dans son travail et sa disponibilité font que les clients l'adorent car elle les écoute, les rassure et leur donne toujours une explication sur l'histoire de l'objet acheté. Pour donner de la vitalité à son activité, Marie Masi développe des prestations culturelles. « Je monte des expositions clé en main pour les municipalités qui me le demandent ». Elle ambitionne de devenir fournisseur patenté pour les boutiques de commerce équitable. Enfin, elle reçoit les stagiaires de l'École du Louvre à la recherche de concepts pluriculturels qui s'inscrivent totalement dans la mouvance de ces lieux habités où l'art international se donne rendez-vous.
Dynamique et extrêmement tatillonne quant aux questions professionnelles, elle consacre l'essentiel de son temps à son travail. Côté statut juridique, pour assurer l'ampleur d'une gestion internationale, elle a choisi de créer une S.A. Elle affiche un chiffre d'affaires en bonne progression mais reste très discrète sur son montant. Travailler avec des artistes est un vrai plaisir, les liens amicaux sont d'une grande importance. Ils comptent beaucoup dans sa vie mais elle sait garder du temps pour sa fille de 3 ans _ et pour son mari qui l'aide à ses moments perdus. « Mais la gestion, le choix des artistes, la promotion.. C 'est moi ! ».
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STATUT JURIDIQUE : S.A.
JOURS ET HEURES D’OUVERTURE :
Mardi au vendredi : 10 h 30 à 14 h et 16 h à 19 h
Et ouverture sur du rendez-vous
GAMME DE PRIX :
De 10 € pour une céramique à 1 000 € pour un grand bronze
ou 6 000 € pour un tableau
TICKET MOYEN :
de 15 € à 150 € selon les jours
(la vente de tableaux peut augmenter le ticket moyen)
MEILLEURS JOURS :
Toute la semaine avec une hausse le samedi
MEILLEURES PERIODES :
La rentrée et les fêtes
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Sommaire numéro n°301
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