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WANIMO le net des bêtes
Revue PIC-INTER - n°302 - JANVIER - FEVRIER 2007
Boulettes diététiques canines, maisons de toilette pliantes pour chats… c’est la plus grosse boutique du genre en ligne. Zoom sur ce spécialiste des produits et services pour animaux de compagnie qui a reniflé le créneau virtuel avant tout le monde.
Il y a Bob et Maya,les deux gros Leonberg,Taho, le Bosseron, Jumbo, le berger allemand bâtard trouvé dans les champs, et Lili, le Bichon. «Elle est la plus petite de tous mais c’est la princesse de la maison.Tout le monde lui obéit, même moi», rigole Isabelle Vidal.A 43 ans, cette chef de tribu, laquelle compte également un furet, dit Lulu, et deux enfants âgés de dix ans et douze ans, fait partie des 15 à 20 millions de propriétaires d’animaux de compagnie en France. Mais, surtout, elle appartient à la catégorie des «pet’s parents», ces maîtres qui ont tissé une relation affective avec leur animal, le considérant comme un membre de la famille à part entière.
«La place des animaux a considérablement évolué. Du jardin, ils sont passés au garage, puis au salon, parfois même dans la chambre constate-t-elle. 35% des maîtres offrent à leur compagnon un cadeau de noël !» Cadeaux, produits d’hygiène adaptés à la vie en intérieur, alimentation plus équilibrée : «les besoins ont changé. Or, les acteurs majeurs de la distribution n’ont pas pris en compte cette mutation». C’est après quinze années passées dans le luxe et la parfumerie sélective (Hermès, Yves-Saint-Laurent) qu’Isabelle Vidal, convaincue d’avoir trouvé là une niche prometteuse, opte pour une reconversion professionnelle. Pour passer des fragrances délicates aux gentils toutous, cette cadre commerciale préfère commencer par se faire la main en créant, avec Jean-Pierre Lavigne, une franchise de parfumeurs indépendants. Le premier magasin Elytis (une sorte de Séphora) est inauguré à Lyon en 1998. Trois ans plus tard, le réseau en compte 130 et pèse 160 millions d’€ de chiffre d’affaires.
@VETO, UN SERVICE UNIQUE
Quel rapport entre cette franchise et ses futures aspirations professionnelles ? «Le marché de l’hygiène-santé et celui des animaux sont segmentés de la même façon : d’une part, il y a l’offre de la grande distribution, avec des produits standard, de l’autre, l’offre premium des circuits spécialisés, avec des marques plus sélectives que l’on ne trouve pas dans les grandes surfaces. Sur le circuit premium, on achète pas de simples croquettes, on achète des croquettes pour SON chien, en fonction de sa race, de son poids, de son âge… Le but est de personnaliser au maximum».
C’est sur ce second créneau, en plein développement, que l’entrepreneuse entend se positionner avec une boutique en ligne. Son “business angel”, elle le trouve sous son propre toit, en la personne de Denis Sournac, son mari, qui investit avec elle 450 000 €. Installée dans une zone d’activité près de Lyon, la société Wanimo lance son site en mai 2000. «Ayant déjà créé un réseau de distribution auparavant, je savais qu’il fallait proposer une valeur ajoutée. Monter une boutique de produits animaliers, même très complète, même sur internet, ne suffisait pas. Il était nécessaire d’offrir un véritable service». Ce service, unique en son genre, est baptisé @veto. Celui-ci consiste en un contenu éditorial de fiches santé et de fiches conseils, associé à des conseils personnalisés donnés par des vétérinaires expérimentés, lesquels répondent en ligne à des questions sur les espèces et les domaines (santé, nutrition, reproduction, comportement, éducation, soins…) les plus divers. Le principe ? L’internaute qui passe une commande peut poser autant de questions qu’il le souhaite _ les modalités de cette formule de lancement pourraient être modifiées, avec un nombre de questions plus limité, mais le service restera gratuit. «A ce jour, 45% des clients y ont eu recours. C’est cet outil de fidélisation qui nous a fait décoller», affirme Isabelle Vidal.
2 MILLIONS DE CHIFFRE D’AFFAIRES
Ainsi, l’investissement en valait la peine, un réseau de 37 vétérinaires externes payés «à la pige», cela coûte cher ! Rentable depuis un an,Wanimo devrait doubler son chiffre d’affaires en 2006 (1 million d’€ en 2005). En six ans, elle est devenue la plus grosse boutique animalière en ligne. Scindé en sept espaces différents (chiens, chats, chevaux, rongeurs, oiseaux, poissons et furets), son catalogue compte plus de 800 articles en aliments de santé (elle est la seule boutique à proposer l’ensemble des grandes marques), parapharmacie, antiparasitaires vétérinaires, jouets, sellerie et accessoires variés.
Et Isabelle Vidal, face à des concurrents tels que Zubial ou Zoo+, entend encore creuser l’avance. En juillet dernier, deux fonds d’investissements (Alven Capital et Entrepreneur Venture) sont ainsi entrés dans le capital, à hauteur de 2 millions d’euros. De quoi lancer de nouveaux services, recruter (les effectifs sont actuellement de 9 salariés), de moderniser le site internet et surtout, de mieux communiquer. «Sur un marché en pleine mutation, internet se révèle un instrument passionnant, surtout pour des gens comme moi, qui ont fait du marketing toute leur vie. Après le boucheà- oreille des débuts, nous allons enfin pouvoir développer de vrais moyens publicitaires». Ces nouveaux outils de fidélisation devraient voir le jour début 2007.
| Le marché des animaux |
Chiens, chats, poissons, hamsters… au total, ils sont 64 millions en France, où les animaux de compagnie occupent un foyer sur deux. Le profil de leurs maîtres ? Des familles, des personnes âgées, ou fragiles, mais aussi une catégorie émergente de propriétaires urbains (32%) sans enfants (66%) et appartenant aux catégories socio-professionnelles supérieures. Parmi eux, ces pet’s parents, prompts à accorder à leur petit compagnon la même place qu’un enfant. Ce qui coûte de l’argent. Les Français dépensent en moyenne 540 € par an pour leur animal familier. Et 13% des propriétaires dépensent plus de 75 € par mois, avec une part croissante pour les accessoires et l’hygiène (26% en 2005).Au total, le marché des produits animaliers pèse 3,3 milliards d’€ dans l’Hexagone, ce qui représente une croissance de 14% ces 4 dernières années. |
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Sommaire numéro n°302
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