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CONCEPT
FLOWERBOX
EN APESANTEUR
Revue PIC-INTER - n°304 - MAI - JUIN 2007
Thibaut
de Breyne et Philippe Tisserand défient les lois de la gravité
avec la Flowerbox. Les deux associés plantent des graines pour faire
pousser des tableaux. Un concept qui relègue les vases au placard et
accroche les fleurs et les plantes au mur.
La tête de Thibaut de Breyne est pleine
de fleurs depuis son adolescence à Lyon, une main verte qu’il a
conservée et entretenue. Mais c’est sur les flots qu’est
née l’idée d’accrocher des plantes sur les murs. «J’exerçais
le métier de skipper et de courtier en voile». Sur les navires
de plaisance, ce passionné d’aventures n’a qu’une idée
en tête : revenir sur la terre ferme pour se reconvertir et relever un
nouveau défi. Il abandonne mers et océans pour suivre les cours
de l’ENSP (École Nationale Supérieure du
Paysage), dans le potager du Roi à Versailles et devient paysagiste.
C’est à Marseille qu’il rencontre Philippe Tisserand.
Ce juriste de formation a développé des systèmes d’échange
de données sur Internet pour la grande distribution. Las des grosses
structures et désireux d’avoir plus de liberté, il a envie
de créer son entreprise.

PLANTES
ET FLEURS À L’ASSAUT DES MURS
Dans un premier temps, Thibaut et Philippe recherchent une idée novatrice
dans la filière florale. Une année sera nécessaire pour
atteindre un dénouement pour le moins original. «Nous avons
inventé le tableau végétal. Ce nouveau concept, breveté
par la société Jardin Imprévu que nous
avons fondée en 2005, permet de fixer horizontalement des pots sur un
mur pour en faire un objet de décoration». Ainsi disposées,
selon un agencement écologique et artistique, les plantes s’exposent
semblables à des œuvres d’art qui changent au gré des
saisons. L’expérience des murs végétaux conçus
par le célèbre botaniste Patrick Blanc - tels que celui du musée
du Quai Branly qui compte pas moins de 15 000 plantes et 170 espèces
différentes - montre que les végétaux installés
en apesanteur ne font pas l’objet de dégradations, cela étant
vraisemblablement lié à la mise en place d’un écosystème
naturel.
«Nous avons réglé les problèmes
de verticalité avec des pots intégrés dans une boîte
en carton percée de trous où viennent s’insérer des
plantes dans une mousse végétale qui a une faculté d’hydro
rétention et joue le rôle de l’humus». Ce n’est
donc pas la terre qui nourrit les plantes. La mousse, importée du Chili,
a une capacité d’apport en engrais car un cortège de micro
organismes s’installe et se développe. Des pipettes graduées
apportent l’eau et les sels minéraux nécessaires à
la croissance des végétaux qui se régénèrent
sans cesse. Une découverte qui permet de se passer de terre et de concilier
végétal et verticalité. Ornée de fleurs, de plantes
ou d’arbustes, la trouvaille, appelée Flowerbox,
se décline à l’infini offrant des compositions insolites,
allant de la plante grasse aux cactées ou à l’arbre à
piments en passant par les echeverias, les juncus spirali ou les lavandes. Il
est bien loin le temps de la fleur coupée qui se fane au bout de quelques
jours !
DES
BOUTIQUES GALERIES
Lorsque les deux associés décident de commercialiser la Flowerbox
qui mélange art et nature, ils comptent un peu sur l’arrivée
d’un business angel. Contrepartie d’un an de travail acharné
pour trouver leur concept et des locaux, ils sont à court de liquidités.
Mais peut-on être à la fois artiste et gestionnaire ? «Nous
fréquentions un restaurant dont le propriétaire, Arwel,
s’était intéressé à notre projet et une éventuelle
association ne lui faisait pas peur. Dès son arrivée fin 2005,
sa bonne expérience de la gestion fait mouche et notre société
s’est développée rapidement», raconte Thibaut
de Breyne. Le trio confie toute la partie fabrication et logistique
à Emin Leydier, une entreprise familiale leader dans
le secteur du carton ondulée. Cette vieille maison drômoise avait
déjà mis à leur disposition un bureau d’études
pour tester leurs recherches. Les premiers tableaux floraux sont présentés
à Marseille dans la boutique baptisée Fowerbox Gallery
qui ouvre le 15 avril 2005, cours Julien, un quartier un peu bohème et
branché. C’est un succès inattendu. Les
Flowerbox partent par centaine. La presse nationale, régionale et locale
se précipite. M6 et France3 réalisent un reportage qui fera connaître
la boutique et le concept. «Une cinquantaine de fleuristes hexagonaux
ont commandé le produit et un réel coup de cœur a fait évolué
la société», raconte Thibaut de Breyne. Cette réussite
va en entraîner d’autres. Les consommateurs sont fans des plantes
accrochées au mur et les entreprises, les hôtels, les restaurants
s’y intéressent fortement. Résultat : deux boutiques ouvrent
leur porte en 2006, à Toulouse et à Lyon. En mars 2007, Toulon
accueille une Flowerbox Gallery.
Aujourd’hui tous les magasins proposent plus de 200 variétés
de plantes ou de fleurs et des flowerbox en carton, émail, alu, cuir
ou bois exotiques, offrant ainsi des compositions proches du paysage. «Une
designeuse extérieure crée pour nous. Nous faisons venir nos végétaux
du Danemark, pays spécialisé dans les micro plantes. Mais nous
sommes toujours à la recherche de végétaux extraordinaires.
La Chine semble être un bon vivier». En 2006, un directeur
commercial a rallié l’équipe dirigeante. Thomas Lefèvre,
de formation commerciale, a exercé ses talents dans le secteur de l’emballage
industriel. «Il nous a rejoint pour superviser le développement
commercial en France». Parce que depuis peu la commercialisation s’effectue
au travers d’un réseau via des licences de distribution.
Plusieurs points de vente devraient s’implanter à
Aix, Bordeaux, Lille, Montpellier, Paris. Thibaut de Breyne estime le potentiel
à une trentaine de points de vente. La société entend se
développer à travers des corners chez les grands fleuristes et
à l’international. En ligne de mire : Montréal, Moscou,
l’Espagne, le Benelux et le Japon. Le chiffre d’affaires
2007 avoisinera les 580 000 euros et celui de 2008 est déjà
estimé à 1, 8 million d’euros. C’est à cette
étape de croissance que les deux fondateurs vont réfléchir
à l’éventualité d’une levée de fonds,
en 2008. Le temps de la recherche, de l’invention et du prototype serait-il
révolu ?
| CARTE D'IDENTITE |
NOM DE LA SOCIETE : Jardin imprévu
NOM DU MAGASIN : Flowerbox Gallery
DATE DE NAISSANCE : avril 2005
CLIENTELE : toutes catégories socioprofessionnelles confondues
/ Age : 30 à 50 ans
CA PREVISIONNEL : 1,8 M€
CA MOYEN POUR UNE BOUTIQUE : 160 000 € HT
SURFACE IDEALE : 30 m2 environ avec réserve de 10 m2 |
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numéro n°304
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