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CONSEIL
RASSURER DES CONSOMMATEURS INQUIETS
Revue PIC-INTER - n°304 - MAI - JUIN 2007
Dans
la plupart des commerces on parle label bio, développement durable, commerce
équitable. Effet de mode ou prise de conscience ? Un peu des deux sans
doute !
Les ressources en poissons décroissent. La température
grimpe. le niveau de la mer monte de 3 mm par an exposant les territoires côtiers
aux raz-de-marée et aux inondations. Les nappes phréatiques s’épuisent.
Des forêts et des espèces animales disparaissent. Les terres cultivables
ne pourront plus nourrir toute la planète dans un laps de temps relativement
court et on ne pourra plus mettre d’essence dans sa voiture. Les hommes
injectent chaque année dans l'atmosphère 7,2 milliards de tonnes
de carbone contribuant ainsi au réchauffement de la Terre. Info ou intox
? Il y a un peu d’intox dans l’air, mais les pronostics alarmistes
sont tout de même préoccupants. D’ailleurs, nos concitoyens
s’inquiètent. Ils désirent rester en bonne santé,
recherchent de plus en plus le risque zéro et souhaitent que l’on
se soucie de l’environnement. Ils veulent être sécurisés
et rassurés à chaque instant. Une preuve parmi tant d’autres
: leur méfiance vis-à-vis des OGM qu’ils rejettent massivement,
ne voulant pas donner leur corps à la science. Une des solutions pour
répondre à cette demande, c’est de trouver les moyens d'une
croissance différente.
LA NORIA DES LABELS
Que pensent les consommateurs de toutes ces catastrophes annoncées ?
Ont-ils de véritables craintes par rapport à leurs achats, ont-ils
envie de changer leurs habitudes alimentaires et vestimentaires ? En tout cas,
leur inquiétude révèle qu’ils sont devenus attentifs.
l’idée d’une croissance raisonnée, mieux maîtrisée,
attentive aux hommes et à l’environnement s'ancre dans leur demande.
Ils interpellent les entreprises, quelquefois violemment, sur la sécurité
des produits, sur leur qualité, mais aussi sur leur origine et leur condition
de fabrication. S’ils sont confiants envers les labels et autres signes
de qualité, ils sont souvent perdus face à la multiplication des
logos.
Les labels existant dans différents domaines (alimentation, sécurité,
habitat, textile...) sont pourtant destinés à les mettre en confiance
dans l’utilisation d’un produit ou d’un service désigné
comme étant de qualité
supérieure. Mais certains restent conscients qu’il y a des excès.
On sait que des labels sont parfois apposés de manière abusive
et non conforme dans un souci marketing. Des acteurs importants de la Grande
Distribution pensent que si les entreprises trichent ou se soustraient à
l’obligation de certifier leurs produits, elles seront évincées
du marché. Soit par boycott, soit par la concurrence des entreprises
qui auront investi sur ce concept. Cette dernière hypothèse étant
la plus probable.
Pour répondre aux aspirations grandissantes de nos concitoyens et pour
se démarquer de la concurrence, des distributeurs ont véritablement
envie d’améliorer la qualité de leur offre. Une stratégie
qui se traduit de plus en plus par le choix d’une certification
reconnue et efficace. Ainsi les labels de qualité s’imposent
désormais chez les producteurs et les distributeurs qui n’ont plus
qu’un objectif : rassurer leurs clients avec, pour conséquence,
les séries de logos fleurissant sur les emballages : Label Rouge,
AOC (Appellation d’Origine Contrôlée), AB
(Agriculture Biologique), NF Environnement, …, la liste
des signes de qualité est longue, d’autant plus que des logos européens
ont fait leur apparition : AOP (Appellation d’Origine
Protégée), STG (Spécialités Traditionnelles
Garanties), IGP (Indication Géographique Protégée).
Par ailleurs, l’emploi des termes «fermier», «traditionnel»,
«naturel» ou «artisanal» se développe.
Ils ont l’avantage d’interpeller le consommateur en lui parlant
de ses racines et de ses valeurs.
Mais
que signifient ces appellations, sont-elles un gage de qualité pour le
consommateur ? Ces labels sont généralement destinés à
identifier un produit par rapport à un autre. Certains attestent d’une
caractéristique particulière (qualité, mode de fabrication,
origine...). Dans le secteur de l’alimentation, par exemple, le Label
Rouge atteste que l’aliment répond à des conditions
de production et de goût qui lui confèrent une qualité supérieure
à son équivalent sur le marché. Le Label AB
indique qu’au moins 95% des ingrédients sont issus de l’agriculture
biologique. Le label Max
Havelaar certifie que les produits (Café, thé, chocolat,
sucre, riz, coton, vêtement…) n’ont pas été
récoltés ou fabriqués par des femmes esclaves ou des enfants
sous-payés, voire pas payés du tout, et proviennent d’une
agriculture raisonnée. On trouve de plus en plus ces produits dans la
Grande Distribution et les commerces : Atac, Auchan, Carrefour, Casino,
Champion, Intermarché, Leclerc, Monoprix, Système U,
..., dans les magasins bio, à La Redoute et La
Camif pour des tee-shirts et dans les réseaux commerce équitable.
Mais, qui dit labels dit prix élevés.
Certains clients sont prêts à acheter un peu plus cher des produits
dont les certifications garantissent des conditions naturelles de production.
Selon, le cabinet d’étude Nielsen, la vente
en GMS des produits bio aurait augmentée de 45% en un an malgré
un prix de vente plus élevé d’environ 30%. Pour autant,
les consommateurs ne voient pas pourquoi les prix des produits certifiés
devraient à ce point être dispendieux. A leur avis l’écart
de prix devrait rester raisonnable, et ne pas cautionner une politique de marge
élevée d’un distributeur sous couvert de qualité
ou d’éthique.
CEUX QUI JOUENT LE JEU
Et si on se rapprochait du respect de l’environnement ? Telle est la question
posée par un certain nombre d’acteurs économiques plus conscients
que les autres. Mais ce choix s’annonce difficile dès lors que
d’importants pollueurs mondiaux résistent. Chapeau bas à
ceux qui jouent le jeu.
Dès 2004, Michel-Edouard Leclerc s’était
engagé à devenir l’un des premiers distributeurs européens
du commerce équitable et des produits labellisés. Des équipes
d’acheteurs s’étaient alors rendues en Asie
et en Amérique Latine pour auditer des coopératives
et signer avec elles des accords sur la commercialisation de fruits exotiques
et de café. En 2006, la direction des magasins Champion
avait décidé d'arrêter définitivement la commercialisation
de meubles de jardin fabriqués à partir d'essences de bois menacées.
En mars 2007, l’enseigne poursuit son engagement en faveur du développement
durable.
Elle proposera désormais une gamme de mobiliers de jardin en bois, certifiée
responsable, à base de produits plus respectueux des ressources et de
la biodiversité provenant de forêts labellisées. L’hôtel
Best Western Monopole-Métropole de Strasbourg a reçu
le premier Écolabel Européen en Alsace. Le 11
avril 2007, cette récompense a été décernée
à Véronique Anton-Siegel et Pierre Siegel
qui gèrent l’établissement en accord avec le développement
durable. L’hôtel est la première entreprise alsacienne à
obtenir cette certification décernée par l’AFAQ-AFNOR,
et elle concerne l’éclairage, les économiseurs d’eau,
les produits d’entretien écologique.
Dès
1993, Nature
& Découvertes publiait un rapport sur le développement
durable. Depuis 2005, l’enseigne étudie l'impact écologique
de son activité pour la sélection des produits et des partenaires
comme dans la gestion de l'entreprise au quotidien. Cette exigence de qualité
et cette prise en compte de l'environnement font partie intégrante de
ses valeurs. Dans les magasins Nature et Découvertes il y a profusion
de produits innovants et amusants où le bio se taille la part du lion,
des animations et ateliers de formation à la protection de la nature,
des conférences avec des scientifiques pour sensibiliser le grand public.
Certaines actions de protection de la nature sont menées via une fondation.
Les initiatives menées par cette enseigne sont pléthores et le
chiffre d’affaires suit la même trajectoire.
La palme d’or de l’engagement qualité
revient certainement à l’association des Fermiers de Janzé
qui a décidé d’apposer, sur l’étiquette de
ses poulets entiers, le portrait de l’éleveur,
avec nom, adresse et numéro de téléphone. L’opération,
a pour but de rassurer la clientèle. Parole d’éleveur :
«Depuis 12 ans, je n’hésite pas à faire figurer
ma photo et mon numéro de téléphone personnel à
côté de l’étiquette. Je ne connais pas votre métier,
mais feriez vous cela si vous n'étiez pas sûr de la qualité
de votre travail ?»
QUELQUES LABELS
   
• On trouve le Label Rouge surtout sur
les volailles, les charcuteries, les produits laitiers, amis aussi pour du saumon
fumé ou pour le sel de Guérande.
• Le label AB indique qu'au moins 95% des ingrédients
ont bénéficié de pratiques spécifiques de production
(emploi d’engrais vert, lutte naturelle contre les parasites...). L'utilisation
d'OGM est strictement interdite.
• Le logo Atout Certifié Qualité atteste
que le produit suit des règles de fabrication particulières strictement
contrôlées. Contrairement aux précédents labels,
les produits certifiés ne sont pas des logos officiels, mais seulement
des marques collectives privées, utilisées à l'initiative
des fabricants.
• L’écolabel européen est attribué
aux produits ou services qui respectent des critères écologiques
sur l’entièreté du cycle de vie du produit ou du service,
de la production à l’élimination sous la forme de déchet.
Ce label ne s’applique pas aux produits alimentaires.
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numéro n°304
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