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SECTEUR
SÉCURITÉ
UN OEIL DERRIÈRE CHAQUE PORTE
Revue PIC-INTER - n°304 - MAI - JUIN 2007
La
peur accrue du cambriolage bénéficie aux acteurs de la sécurité.
Pourtant, le taux d'équipement des ménages en système de
sécurité reste très limité.
Les vacances d’été approchant, de nombreux
Français s’absentent de leur domicile avec une idée en tête
: le cambriolage. Ce risque inquiète de plus en plus nos concitoyens.
54% d’entre eux se sentent moins en sécurité par rapport
aux dix dernières années. Pour lutter contre les cambriolages,
événements traumatisants, quelques mesures simples sont recommandées
: boîte aux lettres vidée, portes et fenêtres fermées
à clé, équiper ses fenêtres de ferrures de sécurité
qui empêchent l’introduction d’un pied de biche…
Mais ces conseils sont loin d’avoir prouvé leur efficacité
puisque les cambriolages ont une fâcheuse tendance à augmenter,
surtout pendant les périodes de vacances. Et malgré le contexte
sécuritaire actuel, une majorité de propriétaires et de
locataires redoutent de quitter leur domicile, même pour quelques jours.
Ils doivent de plus faire face à de nouvelles techniques de cambriolage
: le home-jacking ou cambriolage d’un logement en présence des
occupants. Nouvelle méthode en augmentation, selon la police. Une enquête
menée pour l’Observatoire de la Sécurité
ASSA ABLOY révèle que le sentiment d’insécurité
est élevé puisque 76% des Français estiment que les cambriolages
sont de plus en plus fréquents. Néanmoins, 75% font d’abord
confiance à leur propre vigilance et aux systèmes de protection
de leur domicile, plutôt qu’à la surveillance de la police
dans leur quartier.
Pour les plus angoissés, l’habitation ne représente plus
le havre de paix qu’il est supposé être, ce qui amènent
chez certains des comportements de prévention compliqués. On raconte
qu’un richissime homme d'affaires a succombé à un excès
de précautions. Faute de pouvoir pénétrer dans sa salle
de bains équipée d'une porte blindée, les pompiers ne sont
pas arrivés à temps pour le ranimer. Victime de sa paranoïa,
un grand-père bricoleur avait quant à lui installé une
dizaine de pièges mortels dans sa maison. Un jour cet «hyper précautionneux»
se fit exploser l'abdomen en voulant rentrer chez lui.
LA TECHNOLOGIE : ILLUSION OU EFFICACITÉ ?
La peur des voleurs varie en intensité selon la catégorie considérée.
Ainsi, la proportion de ceux qui jugent le cambriolage comme très fréquent
augmente continuellement avec l’âge, passant de 28% chez les 18-24
ans à plus de 50% chez les 50 ans et plus. De même, elle apparaît
plus marquée dans certaines catégories sociales : les commerçants,
artisans et chefs de petites entreprises (43%), les ouvriers (43%) et les inactifs
et retraités (51%). Enfin, deux facteurs sensibilisent les esprits au
risque du cambriolage : le fait de vivre en maison individuelle. 44% de ceux
qui sont dans ce cas estiment qu’ils seront victimes d’une intrusion,
contre 38% en logement collectif, alors que les urbains sont davantage cambriolés.
Et 51% de ceux qui ont subi au moins une tentative perçoivent ce risque
comme très élevé, contre 39% chez les autres. Dans 70%
des cambriolages par effraction, les voleurs ouvrent une fenêtre en quelques
secondes, par action de levier avec un tournevis. Contrairement aux idées
reçues, ils n’aiment pas le bruit et brisent très peu les
vitres (à peine 13% des cas). Sans donner à son appartement des
allures de coffre-fort, le désir d’équipement de protection
du domicile occupe une place de plus en plus importante dans les prévisions
des Français. Ainsi, 43% d’entre eux considèrent que de
bons équipements de sécurité contribueraient incontestablement
à leur sérénité à domicile. 40% estiment
ne pas savoir évaluer précisément le niveau de sécurité
de leur domicile et 64% ne savent pas précisément à qui
s’adresser pour sécuriser leur domicile. En matière d’équipement
installé, c’est la serrure standard qui domine, qu’elle soit
avec un seul ou plusieurs verrous : 61% des ménages ont fixé sur
leur porte d’entrée une serrure sans renforcement particulier ou
d’un ou plusieurs verrous standard, le tiers restant étant équipé
d’une serrure élaborée ou d’une fermeture à
points multiples. la porte blindée est installée chez seulement
10% des ménages. L’alarme, pourtant jugée le système
le plus efficace, n’est présente que dans 8% des foyers. Pour acheter
une serrure complexe, les Français prennent prioritairement l’avis
d’un spécialiste (44%), puis choisissent un produit certifié
ou répondant à une norme professionnelle (40%). Les caractéristiques
techniques du produit ne sont pas négligées (39%) et le prix n’arrive
qu’en quatrième critère de choix (32%). Enfin, pour combler
les lacunes de leurs connaissances en matière de serrure, les victimes
de cambriolages sont ouvertes à un dialogue avec les professionnels du
secteur.
Considérée
comme la meilleure alliée pour lutter contre les cambrioleurs : la sécurité
électronique avec ses judas optiques ou électroniques, les interphones,
les caméras vidéo miniatures filmant le jardin ou la chambre des
enfants… La vidéosurveillance utilise des caméras reliées
par un câble ou par radio à un écran de visualisation. A
l’extérieur du domicile, la détection est assurée
par des détecteurs périmétriques tandis qu’à
l’intérieur, des détecteurs volumétriques repèrent
une personne qui se déplace, grâce au bruit, aux variations de
température ou aux ultrasons. Ils sont reliés à une centrale
qui enregistre les données et déclenche l’alerte. Une sirène
hurle à 120 dB pendant une demi-heure et des flash clignotants sont censés
localiser l’intrus. Affolé, le cambrioleur rebrousserait chemin.
Belle technique ! Mais pour être vraiment efficaces ces dispositifs doivent
alerter quelqu’un, voisins ou société de télésurveillance.
Des systèmes contraignants qui expliquent qu’à peine 450
000 foyers sont équipés sur un total de plus de 22 millions. Deuxième
frein important : la prévision d’un coût élevé
(de 300 € à 3 000 €) en particulier chez les employés,
les ouvriers et les retraités. Enfin, une grande majorité des
ménages se disent mal informés sur ces moyens techniques.
UN MARCHÉ QUI SE STRUCTURE
Le marché français de la sécurité des biens et des
personnes est un secteur qui se développe, se structure et se réglemente.
Depuis quelques années, on constate un marché en forte croissance
avec une demande pour des services complets et sophistiqués. Tout secteur
confondu, on note des demandes accrues de formation sur la sécurité
(+ 10,5%), de téléassistance (+ 14,1%) ou de télésurveillance
résidentielle (+ 12,2%). 67% des entreprises de sécurité
dégagent des bénéfices alors que 7% ont fait faillite en
2005, contre 5% en 2000. En ce qui concerne la télésurveillance
résidentielle, son chiffre d’affaires a progressé de 5%
en 2005, après avoir déjà connu une forte hausse en 2004.
Les équipements se concentrent dans les quartiers résidentiels
ou pavillonnaires.
La
concurrence a entraîné un mouvement de concentration du marché.
60% de la profession de sécurité privée est contrôlée
par des groupes étrangers, suite à de nombreux rachats notamment
par les Américains, les Suédois et les Anglais. Fichet-Bauche
appartient au groupe suédois Gunnebo. La société
de serrurerie Bricard SA est passé dans le giron du
groupe américain Ingersoll-Rand. En 1997 la société
Vachette est entrée dans le groupe Assa Abloy, n°1
mondial de la haute sécurité. Quant au serrurier de quartier,
bien présent dans le tissu économique, il exerce une profession
beaucoup plus diversifiée qu’auparavant. Installateur de serrures
sophistiquées, il sait aussi forger, souder, ajuster, monter des portes
blindées, des grilles ou des portails. Rares sont les professionnels
qui se cantonnent au seul travail de fabrication et de montage de serrures et
de clés. Ils forment un maillon essentiel de la chaîne de la sécurité
avec le contrôle d’accès et l’alarme anti-intrusion
qui font dorénavant partie de leur offre.
DES CHIFFRES QUI PARLENT D'EUX-MEMES
61% des crimes et délits constatés sont des vols
346 044 cambriolages constatés en 2006 soit 1 par minute
Certaines zones plus à risque :
Ile-de-France, Provence Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes, Nord-Pas
de Calais
Source : Statistiques «crimes et délits constatés en France»
par le Ministère de l’Intérieur
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