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PORTRAIT
PASCAL
HUMBLOT
L’HOMME SANDWICH
Revue PIC-INTER - n°314 - Janvier - Février 2009
Avec l’arrivée de Pascal Humblot en 2001, Pomme de
Pain a pris un nouveau départ . La plus ancienne chaîne de
restauration rapide, qui vient de franchir le cap des 100
points de vente, entend devenir numéro 1 du sandwich en
Ile-de-France.
Chaque jour,en France,pas moins
de deux millions de sandwiches
sont écoulés… comme des
petits pains. De quoi mettre en
appétit les chaînes de restauration rapide,
nombreuses à avoir réclamé leur part
du gâteau ces deux dernières décennies.
Peu, toutefois, ont réussi à s’imposer sur
ce croustillant créneau. Si l’on excepte
les spécialistes du hamburger à l’américaine
(Mac Donald et Quick), ainsi que Paul,
positionné sur un segment plus hautde-
gamme, ce sont La Brioche Dorée
et Pomme de Pain qui occupent
l’essentiel du terrain. La première de ces
deux enseignes (plus de 400 points de
vente) a beau faire quatre fois la taille de
la seconde, cette dernière, qui vient de
franchir le cap des 100 implantations
dans l’hexagone, met aujourd’hui les
bouchées doubles pour réduire l’écart.
Son objectif : devenir numéro 1 du
sandwich en Ile-de-France et poursuivre
le développement de son réseau, en
succursale et en franchise, à raison de
25 ouvertures par an.
L’artisan de ce nouveau départ est Pascal
Humblot. Ancien du groupe Accor,
pour lequel il a travaillé pendant quinze
ans, ce natif du Jura a géré une soixantaine
de restaurants d’autoroute.Quand Accor
a revendu ses restaurants à Elior, il a
naturellement suivi le nouveau propriétaire.
En 2001, il oeuvrait depuis trois
ans au redressement de la Compagnie
des Wagons-Lits, une autre enseigne du
groupe, quand Elior lui a
proposé la direction
de Pomme de Pain.
Créée en 1980, la plus
ancienne chaîne de
restauration rapide à
la française avait été
rachetée par Elior en
1995.«C’était une enseigne
sympathique, mais cela
faisait quelques années
que le développement
de cette enseigne stagnait, alors que dans le
même temps,d’autres chaînes de restauration
rapide avaient consolidé leur présence, se
souvient ce cadre de 50 ans. Quand je suis
arrivé, la moitié des effectifs étaient partis,
il n’y avait même plus d’équipe dirigeante».
ROI DU SANDWICH
PRÉPARÉ
À LA COMMANDE
Ce «défi managerial», Pascal Humblot
l’a relevé en commençant par recruter
quelques cadres de confiance.C’est avec
Christophe Tanguy, son nouveau
directeur du développement, qu’il s’est
ensuite attelé à la définition d’un nouveau
concept : changement des couleurs et
des uniformes, présence sur le trottoir
plus affirmée, mise en place de vitrines
réfrigérées pour mieux valoriser les
produits… «Préparer les sandwichs à la
commande, du pain cuit sur place, nous a
toujours distingués de nos concurrents. Il
fallait mettre en avant cette spécificité»,
rappelle le directeur général, qui a
également renouvelé les produits, avec
plus de salades pour séduire une clientèle
féminine ainsi que des recettes de
sandwichs plus légères… Objectif :renouer
avec la rentabilité. «90% du chiffre
d’affaires était réalisé entre midi et 14
heures. Nous voulions attirer les clients le
reste de la journée, le matin au petitdéjeuner
et en fin d’après-midi». L’accent
a donc été mis sur le café et les viennoiseries
ont envahi les vitrines au
moment du goûter.
Le plan de relance était ambitieux, mais
«il manquait les finances pour le mettre
en oeuvre», raconte Pascal Humblot.
Las ! Elior ne semblait pas disposé à
investir. «Elior a estimé qu’il n’était pas
compétent en matière de restauration et
a préféré se séparer de l’enseigne». Le
groupe Le Duff (La Brioche Dorée)
s’est mis sur les rangs des acheteurs
potentiels, mais c’est le fonds d’investissement
Acto qui a finalement mis la
main sur Pomme de Pain, grâce à un
LBO. C’était en 2004. Depuis, plus de
10 millions d’euros ont été injectés
dans le développement de la chaîne.
Sur les 55 points de vente de l’époque,
une quinzaine ont été cédés, les autres
ont tous été rénovés.
En outre, Pascal Humblot a décliné
le concept d’origine avec le lancement,
en 2006,des Pomme de Pain Cafés,
espaces conviviaux et confortables
plus axés sur la dégustation d’un café
que sur le grignotage d’un sandwich,
souvent implantés dans un quartier de
bureaux. L’année suivante, il a également
créé Pomme de Pain minute, une
formule kiosque à la taille modeste
plus adaptée aux lieux de passage. «Ces
deux versions permettent un ciblage de la
clientèle plus précis ; nous en avons ouvert
une petite trentaine», justifie Pascal
Humblot,qui planche déjà sur le prochain
concept : celui-ci ira dans le sens d’une
«cuisine plus ouverte au public, d’une vitrine
davantage tournée vers le libre-service»,
annonce-t-il.
Le premier de ces Pomme de Pain
nouvelle génération devrait voir le jour
en mars 2009. En attendant, les
premières évolutions apportées ont
porté leurs fruits. La fréquentation
des restaurants a ainsi augmenté
de 15% à en croire le directeur général.
Quant à l’heure du déjeuner, elle ne
représente plus que la moitié du chiffre
d’affaires de la journée. Celui de l’année
est passé de 57 millions d’euros en
2007 à 60 millions en 2008. Il faut dire
que le réseau a presque doublé en quatre
ans, avec une vingtaine de nouveaux
points de vente au cours des douze
derniers mois. «Nous comptons conserver
ce rythme d’ouvertures, en propre ou en
franchise, en nous concentrant sur les
grosses villes où nous sommes déjà présents,
notamment en région parisienne, où se
concentre le tiers de notre réseau», précise
Pascal Humblot.
DE PARIS À
POINTE-À-PITRE
Sur les 100 Pomme de Pain du réseau,
70 sont des succursales. Les autres
sont des franchises, comme au Maroc,
où trois points de vente viennent
d’ouvrir leurs portes à Casablanca,
Rabbah et Marrakesh, avec L’Oriental,
un sandwich couleur local à la viande
hallal, cuisinée avec des épices
marocaines.A quand le jambon beurre
au pays du hamburger ?
«Dans les prochaines années, nous allons
mettre l’accent sur le développement du
réseau à l’export, et pas seulement en
Europe».Après le Maroc, c’est d’ailleurs
le tour de la Martinique de voir
accoster le sandwich à la française sur
ses rivages.
Cela n’empêche pas la chaîne de
bichonner, à domicile, ses 900 salariés
(1 300 en incluant les franchisés), grâce
l’école de formation en interne
inaugurée en 2006. «En proposant plus
d’opportunités d’évolution au sein du
groupe et en adoptant les 35 heures, nous
avons considérablement amélioré le turnover
», précise Pascal Humblot. Tendre
comme du bon pain, le directeur de
Pomme de Pain ne mise pas que sur la
baguette pour grandir : depuis quelques
mois, un point de vente pilote est testé
dans le quartier d’affaires de La Défense,
à Paris. La spécialité du Pasta Bella ?
Les pates, le dernier féculent à la mode
dans la restauration rapide…
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Vente de commerce dans le domaine de la restauration
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