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COUP DE POUCE... A UNE JEUNE POUCE
Editions Pégase
Des magazines de marque
Revue PME - n°19 - SEPTEMBRE - OCTOBRE - NOVEMBRE 2004
L’été dernier, sortait, pour la plus grande joie des amateurs de Porsche anciennes, le premier numéro de Nostalgia. D’autres titres devraient suivre. Objectif des Editions Pegase : se spécialiser dans les marchés de niche de la presse automobile.
Ils se sont rencontrés sur un forum de discussion internet, ils se sont plus, ils ne se sont plus quittés. Amoureux, Nicolas Cazard et Henri Degon le sont avec passion. L’objet de leur affection ? Leur Porsche 911. Un des ces modèles classiques, autrement dit dessinés avant 1977, qui fascinent 25 000 collec-tionneurs en France. Parmi eux, nombreux sont des fidèles de Club911.net, un site de référence pour les amateurs soucieux de trouver tuyaux et conseils pour mieux bichonner leur précieux petits bolide allemand. Ainsi, c’est en voulant restaurer sa 911 deux litres 4S de 1972 que Nicolas Cazard, le Parisien, a fait connaissance avec le Grenoblois. C’était en novembre 2002 : "Henri Degon avait des pièces qui me manquaient. Je lui ai envoyé un chèque mais la poste a cafouillé. On s’appelait tout les jours pour savoir où ça en était. Le courant est passé et nous avons commencé à chaater régulièrement !".
Un jour, les deux mordus se font la même réflexion : il n’existe aucun magazine consacré aux Porsche anciennes. Alors que tous deux se retrouvent au chômage à peu près au même moment, l’idée de créer un journal commence à germer. L’un est chef de publicité, l’autre infographiste et pigiste (voir encadré) : quelle meilleure équipe que la leur ? "On s’est rendu compte qu’on était complémentaire. Henri a fait quelques reportages pour concocter une sorte de numéro zéro, moi, j’ai trouvé l’imprimeur et le distributeur". Les Editions Pégase sont nées.
Une fois les statuts de la SARL déposés, en mai 2003, les co-fondateurs, qui ont réuni 3 500 e de fonds propres, montent un dossier financier avec l’aide d’un expert-comptable afin de démarcher les banques. "A Grenoble, la personne chargée de notre dossier était porschiste, qui plus est, inscrite au Club 911 !" Forts de cette oreille forcément plus attentive, les deux entrepreneurs empruntent 7 000 e pour acheter du matériel informatique. Ils obtiennent également une aide MCAE (Métro Création d’Activité d’Entreprise) de Grenoble Alpes Métropole, soit un prêt sans intérêt et à remboursement différé de 4 500 e. Nicolas Cazard trouve même un lieu d’accueil avec Oxygen, une agence de relations de presse qui l’héberge dans ses locaux à Asnières.
Dernier obstacle : le coût de l’impression. Heureusement, tout s’arrange une fois encore. Les deux éditeurs signent un accord fondé sur une délégation de paiement, qui stipule que l’éditeur n’est pas tenu d’avancer l’argent à l’imprimeur parisien Quebecor, lequel est rétribué avant les ventes par la société de distribution des Messageries Lyonnaises de Presse (MLP).
Un banquier
porschiste !
Le grand jour arrive. Pour l’occasion, le directeur du marketing et le directeur de la rédaction se rencontrent pour la première fois. Tiré à 40 000 exemplaires, le numéro 1 de Nostalgia déboule dans les kiosques en juillet 2003. Dans ce bimestriel à la présentation luxueuse : 84 pages de reportages, de compte-rendus de compétitions, de témoignages de collectionneurs, d’informations pratiques et de photos. "C’était une horreur mais on le trouvait magnifique !", juge le premier avec le recul. Avec 12 000 exemplaires vendus, l’objectif est néanmoins atteint.
| RENCONTRE DE LA PLUME ET DE LA PUB |
Des articles et de la publicité : voici, résumé grossièrement, le contenu d’un journal. Les premiers, ainsi que leur mise en page, sont l’affaire de Henri Degon, 38 ans, ancien pigiste pour le site automobile de Volkswagen, qui fut également infographiste pour le compte de différents sites internet. La seconde, c’est le rayon de Nicolas Cazard, 38 ans lui aussi, qui fit ses premières armes chez Hersant, comme chef de publicité à France Soir, qui fut ensuite directeur de clientèle pour les groupes de presse informatique Setcom (disparu depuis) et Edicorp, puis directeur de publicité de PC Achat. Sa dernière expérience : trois mois chez Kompass (annuaires d’entreprises), pour "sortir de la presse". Vaine tentative… |
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Une formule
affinée
Depuis, Nostalgia est sorti tous les deux mois avec une grande régularité, à l’exception d’un retard pris à l’occasion du Tour Auto 2004. La formule, elle, s’est affinée. A commencer par la maquette, désormais sous-traitée. Un photographe professionnel, Bernard Canone, réalise également une partie des clichés et une société extérieure s’occupe de la mise en place sur les présentoirs. "Les ventes ont progressé doucement. Celles réalisées en Europe, surtout, ont mis un coup de fouet", constate Nicolas Cazard. Suisse, Luxembourg, Italie, Espagne, Portugal, Canada : au total, chaque numéro est vendu entre 10 000 et 11 000 exemplaires. "On a enfin atteint le point de stabilité, ce qui nous permet au moins de couvrir les frais de déplacement…"
La rentabilité, elle, attendra encore un peu. Ce n’est pas faute d’avoir su séduire les annonceurs : "Porsche France nous fait confiance depuis le début de l’année. En terme d’image, c’est une sorte de consécration. Mais notre magazine reste très pointu : les annonceurs sont rares en dehors des vendeurs de pièces détachées". Tout n’est pas perdu pour autant : un titre consacré à une autre niche de l’automobile de collection verra le jour prochainement. "Très haut-de-gamme, il sera plus orienté vers un certain art de vivre. Le monde du luxe est très proche de celui des collectionneurs de voitures, qui aiment les belles choses en générale". De quoi drainer des contrats publicitaires plus lucratifs, signés, par exemple, avec des fabricants de montre ("encore une histoire de mécanique !").
Nicolas Cazard espère ainsi lancer cinq nouveaux magazines en trois ans. "Pour l’instant, on se débrouille seuls. Avec Henri, on s’appelle dix fois par jour. On se retrouve aussi sur les grands événements sportifs, comme Le Mans ou Neige et Glace. Il nous arrive même d’être participants d’une course et reporters à la fois !" Où trouveraient-ils le temps, autrement, de vivre leur passion, si ce n’était avec leur gagne-pain ? "J’ai délaissé ma voiture pour m’occuper du magazine", avoue Nicolas Cazard. Comble d’un éditeur porschiste : il serait même en train de vendre sa précieuse Allemande cylindrée !.
Sommaire numéro n°19
Sommaire Dossier COUP DE POUCE
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