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PIC-INTER - n°313 -NOVEMBRE - DECEMBRE 2008
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PME Acquisitions d'Entreprises - n°35 - SEPTEMBRE - OCTOBRE - NOVEMBRE 2008, www.acquisitions-entreprises.com
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FUSION

ALEXANDRA SOJFER
D’UNE REPRISE ET D’UNE FUSION,
ELLE CRÉÉ SA MARQUE

Revue PME - n°22 - JUIN - JUILLET - AOUT 2005

Il y a des rêves qui se réalisent ! Lorsque Alexandra Sojfer était toute petite, elle découvrit le monde du parapluie, de l’ombrelle et
de la canne chez son grand-père. Elle ambitionna un jour de perpétuer l’œuvre de son aïeul. C’est chose faite aujourd’hui.

C’est l’histoire d’une petite fille débutant sa carrière dès sa naissance dans l’atelier familial. Le récit d’un parcours insolite. La vie d’une magicienne, née le 10 mars 1975 quelque part à Paris. Le rêve d’une jeune femme décidée à percer les secrets de la fabrication du parapluie, de l’ombrelle et de la canne. Mais ce sera avant tout l’histoire d’une ambition et d’une étonnante ténacité. «Peut-être pleuvait-il ce 21 avril 1931 lorsque mon grand-père, Georges Gaspar quitta la Hongrie, son pays natal, pour s’installer à Paris», raconte Alexandra Sojfer. «Artiste fougueux, il commença par sculpter des articles pour fumeurs ainsi que des pommeaux de parapluies dans des cornes et des bois précieux.» En 1937 naissait la marque Georges Gaspar. Avec le modèle «froufrou», tient à préciser Alexandra.


SAVOIR PRENDRELE RELAIS

En 1974, Georges Gaspar et son épouse disparaissent laissant un vrai trésor : l’amour du bel objet. C’est alors que leur fille, Anne-Marie, reprend l’affaire et entend garder le chemin tracé par ses parents : le respect et la passion de la fabrication artisanale. Elle fait de la marque Georges Gaspar le fournisseur attitré des plus grandes institutions parisiennes du luxe. Elle parcourt l’Europe, les USA et le Japon qui s’arrachent ses créations originales. C’est au milieu de cette effervescence que naît la petite Alexandra. «Dès mon plus jeune âge, maman me baigne dans le parapluie, l’ombrelle et la canne. A 16 ans je travaille pendant un an dans les ateliers à chaque poste pour savoir monter un parapluie. A 18 ans, je m’occupe de l’export et de la presse tout en gardant un œil éveillé sur la fabrication et ses secrets.» Son avenir est tracé : elle décide de continuer à faire vivre et grandir l’univers familial artisanal du parapluie.


IMPOSER SES PROPRES IDEES

Jusqu’au jour où Alexandra tourne les yeux ailleurs et juge qu’il faut avoir pignon sur rue pour se ménager un contact direct avec sa clientèle. Elle se rend dans une boutique fondée en 1834 dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Elle y trouve Madeleine Gély, une femme passionnée et très professionnelle qui lui transmet l’amour de son métier. La rencontre fut un véritable coup de cœur. Immergée dans un univers raffiné où parapluies, ombrelles et cannes relèvent d’un véritable catalogue enchanteur, elle allait pouvoir mettre en avant un travail artisanal inégalé. En 2002, Alexandra entreprend d’acheter l’affaire de Madeleine Gély. Aujourd’hui, boutique et ateliers sont réunis à la même adresse : 218, Boulevard Saint-Germain.

Vaste chantier, car la jeune femme n’a que 27 ans. Une chance : elle connaît le métier. Côté finances ? «Avec un petit apport personnel, j’ai du frapper à la porte des banques. Elles m’ont bien accueillie.» Qu’importe les difficultés, Alexandra Sojfer veut absolument que sa marque soit reconnue à l’échelle planétaire. «L’enseigne Madeleine Gély l’était déjà et la notoriété de la marque Georges Gaspar aussi.» Avec une montée en gamme, elle peut s’enorgueillir d’une clientèle prestigieuse de personnalités importantes : hommes et femmes politiques français et étrangers, acteurs, chanteurs, musiciens... Certains sont très assidus. «Nous recevons également les touristes avec leur sac à dos», précise-t-elle. Normal ! Les produits sont connus dans le monde entier. Elle travaille également pour le théâtre, le cinéma, les musées pour lesquels elle assure la remise en état d’ombrelles anciennes. Les défilés de mode, pour le compte de griffes renommées, lui confèrent une excellente réputation à l’international, surtout au Japon où la marque Alexandra Sojfer est distribuée dans les magasins de luxe.

Parapluies, ombrelles et cannes, 500 à 600 références dont des pièces uniques, sont conçus dans son atelier puis réalisés par des artisans : «Mes sous-traitants sont basés en France. Je maintiens que les artisans français sont inégalables.» Son ambition : devenir le N°1 de l’accessoire exceptionnel. C’est bien parti et pour l’aider à maintenir le cap, les modélistes : Françoise Réaud, une ex de la haute couture héritière d’un savoir-faire incomparable et Natalina Pires qui a appris à élaborer les parapluies, il y a plus de 10 ans, chez les parents d’Alexandra Sojfer.

Dans l’atelier, Alexandra donne les idées nombreuses mais toujours inattendues, Françoise et Natalina réalisent. Elles travaillent avec virtuosité vison, mousseline, organza, broderie anglaise, tulle auxquels s’accrochent des cristaux de Daniel Swarovski, des broderies anglaises, des résilles de coton, des galons et rubans de Mokuba, le fournisseur de la haute couture. Les précieux objets s’accommodent de toutes les saisons et de toutes les humeurs tant chaque création est unique. Le succès des objets d’Alexandra Sojfer n’est pas usurpé. A une époque où l’on aurait pu croire que le parapluie était un engin purement pratique et que l’ombrelle était à ranger dans une malle au grenier, par son originalité et l’invention de ses créations, Alexandra a su en faire non plus des attributs utilitaires et sociaux mais bien un atout d’élégance. Ses exigences ont augmenté le poste des dépenses mais également le chiffre d’affaires : «Environ 30% en trois ans. Mais, le dynamisme et l’enthousiasme de l’équipe y ont contribué largement», précise-t-elle. En 2004, le Groupe Banque Populaire l’a récompensée pour son savoir-faire, la qualité de ses productions et sa capacité à élever la réputation de l’artisanat français hors de l’Hexagone, en lui attribuant le prix spécial du jury, catégorie «jeune repreneur».

Aujourd’hui, Alexandra Sojfer semble parfois de passage. Entre deux avions, deux pays, les visites chez les fournisseurs et les distributeurs, la recherche incessante de matières premières, la vente au magasin, le management de ses salariés, boudant le tailleur strict, elle laisse apercevoir son élégance et son charme naturel. Toujours disponible pour son équipe elle parcourt le monde pour faire de sa marque le fournisseur des plus grandes maisons. Avec une pointe de nostalgie elle se souvient de ceux qui lui ont donné le goût de la création : «Je les remercie de m’avoir transmis l’amour de ce métier. C’est promis, je garderai le parapluie dans un coin de paradis».

Carte d’identité

1937 : naissance de la marque Georges Gaspar par les
grands-parents d’Alexandra
1974 : reprise de la société par Anne-Marie, la mère
d’Alexandra
1975 : naissance d’Alexandra
2002 : Alexandra monte son atelier et achète la société
Madeleine Gély
2003 : création de la marque Alexandra Sojfer
2004/2005 : le CA augmente de 30%

 

 

 

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