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Le Petit Marseillais
Le savon de Dijon
Revue PME - n°22 - JUIN - JUILLET - AOUT 2005
Derrière la célèbre marque
Le Petit Marseillais, se cache une PME bourguignonne. En 25 ans, les Laboratoires
Vendôme ont réussi à damer le pion aux multinationales
du secteur. Avec le rachat de Persavon, La Perdrix et Laboratoires Bernard,
le leader français de l’hygiène lavant se lance maintenant
dans l’entretien.

Michel AZAN, DG
Le Petit Marseillais ? On serait presque tenté de prononcer ces
trois mots avec l’accent chantant du midi tant ils évoquent
la cité phocéenne. Elu «marque du siècle»
en 1997 par un sondage BVA, affublé d’un taux de notoriété
dépassant 95%, ce savon qui passe pour typiquement provençal
n’a pourtant de marseillais que le nom. «Ce n’est pas
tout à fait exact», rectifie Michel Azan, directeur général
des Laboratoires Vendôme, l’heureux propriétaire dijonnais
de la griffe. «Son inventeur a remis au goût du jour la recette
d’un produit. Cette marque de savon existait bel et bien. On a retrouvé
sa trace dans des archives datées de 1921. En 1981, son inventeur
n’a fait que remettre au goût du jour une vieille recette
marseillaise».
Bernard Lengellé, l’inventeur en question, doit aujourd’hui
s’arracher les cheveux. Lui qui relança Le Petit Marseillais
sous la forme d’un gros cube marron sans emballage, vendu dans les
pharmacies du Vaucluse, pourrait être riche. En 1985, quand cet
ancien journaliste du Dauphiné Libéré vendit sa marque
pour 200 000 francs aux Laboratoires Vendôme, il renonça
aussi, pour le même prix, à son pourcentage sur les ventes.
Comment pouvait-il imaginer que sa griffe deviendrait, en 2000, le numéro
un français des produits lavants, avec près de 15% du marché
? Et qu’elle ferait ainsi, avec 100 millions d’e de chiffre
d’affaires sur les 144 millions réalisés par le groupe
en 2004, la fortune de son acquéreur ?
Avec, fin décembre, 17,7% des parts de marché, celui-ci
vient tout juste de dâmer le pion au champion du secteur, Colgate-Palmolive
(17,5%). Que de chemin parcouru depuis sa création à Quétigny
(Côte d’Or), en 1981 ! A l’époque, les Laboratoires
Vendôme font figure de pionniers en investissant les grandes surfaces
avec leur savoir-faire pharmaceutique. D’abord sur le segment du
soin bébé (Prim’age), puis avec une gamme de pains
dermatologiques en 1984… «On était très bien
vu dans la grande distribution, où on amenait de nouveaux clients,
mais nos produits faisaient de petits chiffres. Il nous fallait une marque
à fort potentiel de développement», poursuit Michel
Azan.
| Un rachat en
MBO |

Marcel ELIAS, PDG
Entré chez les Laboratoires Vendôme
comme expert-comptable, en 1967, Marcel Elias, 62 ans, en a racheté
le capital au fur-et à-mesure. Nommé Pdg en 1994,
il a pris le contrôle de la société en 2002,
quand il s’est associé à un fonds d’investissements
britannique pour réaliser un LBO avec deux cadres de la maison.
En rachetant les parts de la famille fondatrice, les Monot, cet
ancien adjoint au maire de Dijon est ainsi devenu l’actionnaire
majoritaire du groupe, avec 53% du capital.
site : www.laboratoires-vendome.com
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Relookage DU CUBE
Encore embryonnaire mais déjà dotée d’une image
forte de tradition et de naturel, celle du Petit Marseillais a tout pour
plaire. La première chose que fait la société para-pharmaceutique
familiale après son rachat est de faire appel à une agence
de packaging pour relooker le cube de savon, désormais vendu par
trois, dans des couleurs fifférentes et des emballages en cellophane.
Depuis, la gamme n’a cessé n’a cessé de s’étoffer,
avec des gels douche (1989), du savon liquide (1992), des shampoings (1999)
et, dernièrement, des soins exclusivement féminins. Riche
aujourd’hui de 60 références, elle a vu doubler son
chiffre d’affaires, «avec, selon les segments, des progressions
comprises entre 10 et 26% ces dix dernières années»,
souligne le directeur.
Aujourd’hui, seul le pain solide Le Petit Marseillais, dont la production
a été sous-traitée à L’Occitane dès
1986, est fabriqué à Marseille. Le reste, qui inclut la
marque Laboratoires Vendôme, sort des usines bourguignonnes. «En
fait, depuis avril, on ne fabrique plus rien du tout», précise
Michel Azan. Le groupe (il a été créé en 2002,
à l’occasion d’un MBO) a en effet cédé
ses unités à une entreprise dédiée, la FCA,
avec qui elle a signé un contrat de sept ans.
De quoi financer quelques acquisitions. «Mon président s’y
intéresse depuis des années», rappelle son bras droit.
En mars, Marcel Elias, nommé PDG en 1994, a donc racheté
les trois marques phares de la société Savonnerie et parfumerie
Bernard : Persavon, centenaire comme Le Petit Marseillais, La Perdrix
et Laboratoires Bernard.
Non seulement la PME dijonnaise creuse ainsi l’écart avec
ses concurrents sur le marché de l’hygiène lavant
(savons liquides, solides, gels, douches et bains moussants), dont elle
détient désormais 19,4%, mais elle se jette aussi dans le
grand bain de l’entretien (lessives, produits pour le linge, les
sols, avec La Perdrix, et la vaisselle…). La fabrication des produits,
elle, est assurée par son ancien propriétaire. «Il
reste pas mal de travail à faire. Nous allons épurer les
références et constituer une équipe marketing dédiée
dès l’année prochaîne», prévoit
le directeur. Qu’importe l’ampleur de la tâche : la
firme de 113 salariés, qui vise 177 millions de chiffre d’affaires
en 2005, a déjà démontré ses compétences
en la matière : quand elle fait mousser une marque qui, jusque
là, végétait, la bulle qui gonfle semble ne jamais
devois éclater.
| Carte d’identité |
1981 : création
des Laboratoires Vendôme
1984 : lancement d’une gamme para-pharmaceutique
1985 : rachat de la marque Le Petit Marseillais
1989 : lancement des gels douche
1992 : lancement du savon liquide
1997 : Le Petit Marseillais est élu «
marque du siècle »
1999 : lancement des shampoings
2000 : la marque devient n°1 des produits lavants
2002 : rachat de la société en MBO
par Marcel Elias
2004 : CA de 100 millions d’e (144 millions
pour le groupe)
2005 : rachat de la marque Persavon |
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