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VIRGILE
Jardiniers Tupperware
Revue PME - n°22 - JUIN - JUILLET - AOUT 2005
Nés il y a un an, Les Balcons de Virgile
proposent aux jardiniers d’appartement de s’équiper
via la vente en réunion. Un mode de distribution pas vraiment nouveau,
mais inédit dans le monde des plantes vertes.
Qui ne s’est
pas lamenté un jour devant la mine pâlotte de son géranium
enrhumé ? Qui ne s’est jamais désespéré
de voir ses rosiers tourner de l’œil ? Qui n’a pas bougonné
à la vue de son lierre flagada ? Tout le monde rêve d’un
joli balcon fleuri. Encore faut-il avoir les bons outils. Or, à
défaut de pouvoir se faire livrer une main verte, on peut aujourd’hui
se procurer des produits innovants sans quitter son appartement. Ou, du
moins, son immeuble. Nul besoin d’ordinateur, ni même de téléphone.
Car il ne s’agit pas là de vente par correspondance : pour
s’équiper, ces jardiniers des villes n’ont qu’à
se réunir au domicile des uns et des autres, chez un hôte
qui invite à la fois la vendeuse et les clients.
De la plante à l’accessoire
La vente en réunion ? On connaissait la méthode popularisée
par Tupperware. Il y a un an, une petite société francilienne
a eu l’idée de la remettre au goût du jour en l’adaptant
à l’univers du jardinage. «Je voulais créer
une entreprise sur un marché important, pérenne, qui corresponde
à une demande constante et régulière, ne dépendant
surtout pas de l’innovation technologique !», explique Didier
Olivon, 49 ans, gérant des Balcons de Virgile. «Le jardinage
répondait à tous ces critères».
Evalué à 7 milliards d’e, c’est le second marché
grand public (à l’exception de l’alimentaire) après
le bricolage, plus gros que le sport ou la micro-informatique. Le chef
d’entreprise table sur sa croissance régulière, tirée
par la tendance au retour à la nature, la réduction du temps
de travail, le vieillissement de la population (le jardinage étant
plutôt le fait de personnes de plus de 45 ans), l’augmentation
du nombre d’inactifs… «Le temps libre ne se passe pas
qu’avec des loisirs coûteux», rappelle-t-il.
Jusque là gérant d'une entreprise de quincaillerie industrielle
(Simon), Didier Olivon a donc décidé de s'installer dans
cette «niche de la distribution pas encore trop bataillée».
En inaugurant le concept, en mars 2004, avec… des arbustes. Le co-fondateur
des Balcons de Virgile justifie son raisonnement d’alors : «Les
terrasses, quasiment systématiques sur les nouvelles constructions,
sont partout en augmentation. Or, les jardineries, même leaders
comme
Jardiland et Truffaut, sont rares en centre-ville, où la place
d’exposition est restreinte. Les fleuristes, eux, font surtout de
la plante d’intérieur. Du coup, les gens doivent aller acheter
leurs plantes en banlieue. Mais tout le monde n’a pas de voiture…».
Enrayée par des problèmes de logistique, l’expérience
a été abandonnée trois mois plus tard : « Le
système voulait que le client soit livré directement par
le producteur par colissimo suivi. Malheureusement, 40% des envois ont
eu un retard important, avec en moyenne dix jours pour arriver à
destination ! C’est trop pour un produit périssable comme
la plante». Lui qui avait déjà prévu de se
diversifier avec des accessoires de jardinage décide alors «d’inverser
la proposition». En redémarrant, cette fois, avec les accessoires.
Cherche vendeurs…
Pour
commencer, Didier Olivon a sélectionné trois produits (voir
encadré). «C’est peu mais ils permettent de répondre
à 80% des problèmes de la plante en pot». Conditionné
à Meudon, dans un CAT (Centre d’Aide par le Travail) spécialisé
dans l’entretien des plantes, son stock n’attend plus que
les vendeurs. Depuis avril, il en cherche «dix, vingt, trente, quarante…»
Ce n’est pas limité puisqu’ils sont rémunérés
au pourcentage. Leur profil ? «Cette technique de vente étant
inédite dans le jardinage, il n’y a pas de profil type. Je
leur demande juste d’aimer le produit. Ensuite, je les forme à
l’aide de fiches.» Curieusement, ses premières recrues
sont «très diplômées» : une étudiante
en troisième année de médecine et un ingénieur
agronome. «Il a déjà un travail mais il est intéressé
par l’aspect développement durable de mon arrosage bio-régulé.
Je pense que la vente en réunion a une dimension sociale non négligeable.
Les vendeurs peuvent aussi s’y impliquer comme dans un loisir».
A charge pour eux, ensuite, de constituer un réseau, en enrôlant
les futurs hôtes parmi les invités de la réunion précédente.
Quand son équipe aura fait ses preuves, Didier Olivon tentera peut-être
de vendre des plantes à nouveau : «elles seront de préférence
biologiques, à un stade de maturité moins avancé
et plus petites, pour les jardinières par exemple, afin d’éviter
d’envoyer de trop gros colis». Nullement découragé
par son échec, le gérant n’exclut pas non plus de
vendre sur internet. Histoire de prouver que technique pratiquement tombée
en désuétude et méthode moderne peuvent coexister.
Mieux, se servir l’une l’autre.
| Engrais équitable |
«Mon nutriment peut se
manger», plaisante Didier Olivon, faisant référence
à la garantie biologique du NutriTop Bio : à base
de mélasse de canne à sucre, ses composant sont, à
la différence d’un engrais classique, sous une forme
plus assimilable par la plante. Fabriqué au Paraguay, il
est issu du commerce équitable. Lui aussi parfaitement naturel,
le SubstraTop Pro est un améliorant de rempotage à
base d’argile rouge du Bade Würtenberg. Un produit très
économique car réutilisable en plusieurs fois. Dernier
du trio gagnant des ateliers Balcons : l’IrriTop Pro, un système
d’arrosage goutte à goutte «révolutionnaire»,
qui adapte en continu son débit à la demande de chaque
plante, grâce à des biorégulateurs. Et ce, quelle
que soit la plante, la taille, la période ou la météo. |
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Sommaire numéro n°22
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