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PIC-INTER - n°310 -JUILLET - AOUT 2008
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PME Acquisitions d'Entreprises - n°34 - JUIN - JUILLET - AOÛT 2008, www.acquisitions-entreprises.com
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COUP DE POUCE ...

SUNDGAU-COMPOST
Voyage chez un agriculteur ecolo

Revue PME - n°23 - SEPT - OCT - NOV 2005

Le discours environnementaliste est présent sur toutes les lèvres et les agriculteurs s’intéressent, à la revendication écologique.
Noël Adam est sur le terrain. Il a décidé de briser le cercle qui menace d’engloutir le pays sous les sacs-poubelle. Réconfortant donc.

Polluer moins. Produire mieux. Récupérer, recycler. Pourquoi ? La première raison de ces incitations constantes tient au fait que la terre supportera plus de dix milliards d’individus vers l’an 2020 qui produiront des milliards de tonnes de déchets qui perturberont la qualité de la vie. Aucun procédé de traitement, aussi performant soit-il, ne pourra jamais les éliminer tous. Il est vrai que les chiffres font peur : chaque français produit près de 500 kilos de déchets par an, soit deux fois plus qu’il y a vingt cinq ans. Donc, le temps presse, surtout depuis le 15 juillet 1992, quand la «loi déchets» stipulait qu’en 2002, seuls les déchets ultimes (déchets de déchets) seraient mis en décharge et que les décharges traditionnelles devaient toutes disparaître. Or, de nombreuses communes n’ont rien éliminé du tout. Des décharges sauvages ou autorisées et à ciel ouvert sont encore recensées (environ 30 000). Le recyclage sera donc l’enjeu des dix prochaines années. A Hirsingue, gros bourg de la belle région du Sundgau située entre Vosges, Jura et Forêt Noire, Noël Adam rêvait d’un monde où le déchet rimerait avec écologie. Aujourd’hui, dans sa ferme et sur ses 170 hectares, il réalise en partie sa vision d’un monde propre. «Avec mon père, nous nous sommes lancés dans le compostage de déchets verts». Origine de l’initiative.

Lorsqu’il termine ses études en juin 1999 (bac agricole, BTS de gestion) et qu’il rejoint l’exploitation familiale, il constate que cultiver une quarantaine d’hectares de maïs ne suffit pas pour faire vivre deux familles. Première décision : «Je voulais trouver des solutions pour palier le besoin de matière organique des sols». L’élevage abandonné en 1984, il n’y avait plus de matière organique pour amender les terres de l’exploitation. «Nous avons utilisé des boues de papeterie sur nos parcelles de maïs. Malgré un grand intérêt agronomique et une totale innocuité pour le milieu naturel, cette solution n’était pas durable en raison de problèmes liés à des contraintes d’épandage». Toujours à la recherche de solutions efficaces, la famille Adam décide de recycler les déchets verts et de fabriquer du compost pour remplacer les boues.


RECYCLER ET NEUTRALISER

«Cette activité nouvelle allait me permettre de travailler avec mes parents dans l’entreprise familiale», explique Noël Adam. Après une étude de marché il table sur un potentiel de 3 000 tonnes de déchets verts à traiter. Et pour comprendre les principes du compostage il se rend en Allemagne et en Suisse où des plateformes exploitées par des agriculteurs sont opérationnelles depuis plus de dix ans. «En France, le compostage étant réalisé par des industriels (filiale de Suez et Véolia. Ndlr), nous allions être parmi les premiers agriculteurs sur le créneau. Et lorsque l’agriculture, principale utilisatrice du compost, prend les choses en main, la qualité est supérieure».


Investissement de départ : 310 000 €. Plate-forme, chargeuse, tracteur, camions, retourneur, cribleuse, balayeuse industrielle… tout un matériel onéreux. «Le broyage et le déchiquetage sont réalisés par des prestataires extérieurs». L’investissement est financé par une aide de 38 112 € de l’Ademe et des prêts verts à taux bonifiés. «Les banques ont suivi car elles connaissaient mon père et les bons résultats de l’exploitation agricole», précise Noël Adam.
Le 1er mai 2000, après avoir obtenu les autorisations des autorités compétentes, la plate-forme Sundgau-Compost ouvre ses portes. Sept communautés de commune (représentant 50 000 habitants) s’intéressent au projet et voient là un bon moyen de traiter les déchets verts, auparavant brûlés en forêt. Après signature d’un contrat et moyennant finance, la famille Adam assure la collecte, le transport et le traitement. les habitants convaincus apportent également leurs résidus de tontes et d’élagages. Bilan 2000 : 4 000 tonnes de déchets verts transformés. L’affaire marche mais la famille Adam se méfie tout de même de la concurrence des grands groupes du secteur pratiquant une politique de prix bas. Pour faire face, Sundgau-Compost s’agrandit. 2001, la plate-forme passant à 7 000 m2, ce sont 7 500 tonnes de déchets verts recyclés qui procurent 2 000 tonnes de compost. «Nous avons fait certifier notre compost sous le label Ecofert», précise Noël Adam.

 


2002, l’activité se développe avec l’extension de la plate-forme à 9 500 m2, l’achat de camions et l’embauche de salariés. 1 M€ sont investis en commun avec un agriculteur du coin. «Nous avons monté une structure commune : Centre Alsace Compost».
2003 : deux nouveaux agriculteurs rejoignent la famille Adam, la société Agrivalor est créée et deux nouveaux sites sont ouverts. «Nous compostons également des boues d’épuration». Le recyclage des boues résiduaires pour servir le monde agricole est une bonne initiative. Une fois recyclées, ces boues sont très fertilisantes et permettent de pallier l’épuisement des sols à condition bien sûr d’être pauvres en métaux lourds et germes pathogènes.
En 2004, un événement douloureux survient : Théo Adam décède. Noël fait rentrer sa mère dans la SARL et continue l’œuvre commencée par son père. Il communique et organise des journées portes ouvertes. «Alors qu’au départ le monde agricole nous avait pris pour des marginaux, aujourd’hui 25 agriculteurs ont rejoint l’association «agriculteur-composteur de France» créée par mon père. Nous mutualisons nos idées et nous avons tous les mêmes préoccupations, l’environnement. Les échanges avec les agriculteurs allemands sont nombreux. Nous espérons rallier les Belges et les Anglais». En 2004, la société a traité 13 000 tonnes de déchets et produit 4 000 tonnes de compost. Principaux clients : les communes, les paysagistes, les horticulteurs et les particuliers. «80% du compost est utilisé sur notre exploitation», précise-til.

«Bien que ma mère et ma compagne travaillent avec moi, je suis seul aux commandes de la société et je veux pérenniser l’activité». Malgré cela, ce jeune agriculteur de 27 ans a des projets plein la tête. Il envisage de développer le compostage des déchets organiques. Noël travaille beaucoup, prend quelques jours de vacances en été et 8 jours en hiver mais il peut être fier : d’un danger pour la planète il a réussi à faire une ressource bénéfique pour l’avenir.

CARTE D'IDENTITE

NOM DE LA SOCIETE : Sundgau-Compost
DATE DE CREATION : Mai 2000
FORME JURIDIQUE : SARL
INVESTISSEMENT DE DEPART : 305 000 €€
INVESTISSEMENT EN COURS D’EXPLOITATION : 1 M€
NOMBRE DE CAMIONS : 5
NOMBRE DE SALARIES : 7 à temps plein
DECHETS VERTS RECYCLES : 13 000 tonnes
COMPOST PRODUIT : 4 000 tonnes

 

 

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