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PME•COM
AMAZON
Rayons planétaires
Revue PME - n°23 - SEPT - OCT - NOV 2005
Créée en 1995 par Jeff Bezos,
Amazon.com est devenu le premier supermarché en ligne du monde.
Après une année difficile, sa filiale française revient
sur le devant de la scène avec un nouveau catalogue dédié
aux produits électroniques grand public.
Une relance pilotée par Xavier Garambois, un ancien du net.
Un
DVD livré chez soi, par Harrison Ford en personne : c’est
l’énorme surprise qu’ont eu, cet été,
quelques heureux quidams tirés au sort par Amazon.com. Une façon,
pour le géant du cyber commerce, de fêter avec panache son
anniversaire. Car dix ans, ce n’est pas rien pour une entreprise
née dans un garage de Seattle. A l’époque, personne
n’y croyait. L’ambition de Jeff Bezos, ancien cadre de banque,
était alors de créer «la plus grosse librairie du
monde». Depuis, il y a eu des hauts (1999, en pleine euphorie internet,
2003, première année de bénéfice) et des bas
(2001, explosion de la bulle et premier plan social), reflétés
par le cours de l’action. Celle-ci, depuis l’introduction,
en 1997, sur le Nasdaq, la bourse américaine des valeurs technologiques,
a oscillé entre les extrêmes, passant de 106 à 5,50
dollars !
Critiqué pour ses investissements inconsidérés (tel
l’achat de Pets.com, site dédié à la nourriture
et aux accessoires pour animaux), responsable d’un endettement qui
a atteint le niveau record de 1,4 milliard de dollars en 2000, Jeff Bezos
a pourtant maintenu le cap. Sur l’internet, sa petite librairie
est ainsi devenue le premier supermarché du monde. A 41 ans, «l’entreprenaute»
américain est à la tête d’un groupe de 9 000
salariés, implanté dans sept pays (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni,
France, Allemagne, Chine et Japon), qui a réalisé un chiffre
d’affaires de 6,9 milliards de dollars (5,8 millions d’e)
et un résultat net de 5 888 millions de dollars en 2004.
5000 références
«L’objectif
global d’Amazon est de développer ses rayons à l’infini»,
déclare Xavier Garambois. Le directeur général de
la filiale française (recruté en juin 2002 comme directeur
financier, il a été promu dès l’automne) annonçait
justement, en juillet dernier, la création d’un département
de produits électroniques grand public. Le site qui s’était
donné pour ambition, lors de son lancement en août 2000,
de détrôner la Fnac, vend désormais des webcam, des
chaînes hi-fi et des appareils photo numériques. Après
les livres, les ouvrages en anglais, les disques, les DVD et les VHS,
puis les logiciels, les CD-Roms et les jeux vidéos (2001), c’est
la première fois qu’Amazon.fr propose des produits non-culturels.
A l’instar du site américain, par exemple, qui propose déjà
une trentaine de familles de produits (de l’habillement à
la nourriture, en passant par les outils de jardin) et a réalisé
le quart de son chiffre d’affaires 2004 avec l’électronique
et l’équipement de la maison.
«La vente des produits électroniques est en train d’exploser
sur internet, où les coûts fixes sont bien moindres que dans
la distribution classique. Entre les «pure players» (sociétés
qui vendent uniquement en ligne) et les magasins traditionnels, les concurrents
sont nombreux sur ce créneau. Nous allons nous battre sur la variété
des prix, des gammes et des services», déclare, optimiste,
le directeur français, soucieux de se positionner, dès l’ouverture
de ce nouvel espace, comme un leader, avec un catalogue de 5 000 références.
| CV express |
Diplômé de l’ESCP, Xavier Garambois, 34 ans,
a débuté chez Paribas, qui l’a expatrié
en Chine pendant quatre ans. En 1999, il a co-fondé le caviste
en ligne Wine and Co, en tant que responsable financier et des ressources
humaines. Xavier Garambois a été contacté par
Thomas Lot, son ancien concurrent (Château on line) recruté
par Amazon, au moment du rachat de Wine and Co par une filiale du
groupe LVMH. «C’était une opportunité
à saisir !», résume l’intéressé.
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Livraison gratuite
«MarketPlace permet de le doubler», prétend-il, mettant
en avant le formidable atout que représente ce service. Inauguré
en novembre 2003, il permet aux professionnels et aux particuliers de
vendre et d’acheter des produits neufs, d’occasion ou de collection,
proposés sur la même page que les produits d’Amazon.
Un moyen, également, de gonfler et de fidéliser davantage
cette énorme base de clients que bien des rivaux d’Amazon
lui envient. Plus de 2,5 millions d’offres sont ainsi disponibles
sur le site, qui prélève une commission sur chaque transaction.
«Cela nous permet de diversifier à la fois les prix, qui
s’étirent des articles d’occasion aux modèles
haut-de-gamme, et les produits, grâce à la présence,
notamment, de vendeurs spécialisés». Tels, Son, Video,
pour l’équipement en home cinéma, ou Expansys pour
les téléphones portables et les PDAs.
Ce
département d’électronique fait figure de relance
pour un site français que l’on disait moribond : en juin
2004, Amazon.fr se séparait d’une cinquantaine de salariés
(sur un total de 70), pour en redéployer une partie en Angleterre.
Ne reste qu’une petite équipe de commerciaux, à Paris,
et le service logistique, à Orléans. Mais l’optimisme
reste de mise. Certes, la gratuité de la livraison à partir
de 20 e d’achat, et sans restriction pour les livres, a coûté
cher. Nul ne sait combien puisque Amazon ne communique pas les chiffres
de ses filiales. «Mais ce principe est au cœur de la stratégie
du groupe. A terme, ce sera payant. Même si l’on sait dorénavant
qu’en France, tout va plus lentement».
En attendant que l’électronique décolle, Amazon.fr
conforte ses positions sur son créneau historique. «On reste
penché vers le culturel. Sur le site, on peut même trouver
une édition des Fleurs du Mal datée de 1927 !», s’enorgueillit
le directeur. On trouve aussi le dernier Harry Potter, dans sa version
anglaise, qui a été pré-commandé à
plus de 1,4 million d’exemplaires avant sa sortie. Un joli succès
de librairie…
| CARTE D'IDENTITE |
1995 : création de Amazon.com
1997 : introduction en bourse
1998 : musique, DVD et cassettes vidéo. Filiales anglaise
et allemande.
1999 : électronique, jouets, jeux vidéo, équipement
de la maison… Création d’un site d’enchères
en ligne
2000 : filiale française. Site de jouets ouvert avec Toys
R’Us.
2001 : suppression de 1 300 emplois
2002 : filiale canadienne
2003 : Amazon services (conseil en technologie).
2004 : moteur de recherche A9.
Achat du site chinois Joyo.com
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