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MARCHE
LE PAPY BOOM
EST À LA MODE
Revue PME - n°25 - MARS - AVRIL - MAI 2006
Le marché de
la dépendance est évalué
à 40 milliards d'euros
et il devrait connaître
une croissance soutenue
dans les années
à venir en raison du
vieillissement de
la population.
On estime que les plus
de 85 ans devraient
représenter en France
2,1 millions de personnes
en 2020 contre
1,2 millions en 2000.
L'heure n'est plus au Baby Boom mais au
Papy Boom. Les Français vivent mieux,
plus longtemps et, aujourd’hui, leur
retraite devient souvent le départ d’une
nouvelle vie. Le dernier recensement de
l’INSEE montre que les personnes âgées
de plus de 60 ans représentent 20% de
la population française totale, soit
12,1 millions de personnes. Selon les
prévisions démographiques, en 2020 cette
tranche d’âge pourrait atteindre 25% de
la population. D’ici à 2050, le nombre des
plus de 60 ans aura doublé, celui des plus
de 75 ans triplé et celui des plus de 85
ans quintuplé. Ce phénomène se retrouve
en proportions variables, dans la plupart
des pays industrialisés : l’âge moyen de la
population de l’Union Européenne
augmente chaque année de 2,5 mois.
Parmi cette frange de la population, dite
du quatrième âge, il y aurait actuellement
1,5 millions de personnes dépendantes
dont 55% en dépendance totale ou
partielle. Le sujet de la dépendance jugé
jusqu'alors tabou est aujourd'hui connu
de tous et les nombreuses campagnes
d'information, notamment télévisuelle,
incitent les seniors à s'intéresser au sujet.
Ce marché de la dépendance croît de
20% chaque année, ce qui place la France
en tête des pays européens. Si le
processus de vieillissement transforme
un sujet adulte en bonne santé en un
individu plus fragilisé, il ne faut pas perdre
de vue que la sénescence conduit de
moins en moins à la sénilité. On parle
maintenant de quatrième âge pour
désigner les anciens à partir de 80 ans. Et
on constate que dans la grande majorité
des cas, les personnes âgées souhaitent
rester à leur domicile le plus longtemps
possible, bien que, lorsqu’elles deviennent
très âgées et très dépendantes (vers
90 ans), leur installation dans un
établissement spécialisé est inévitable.
| Ils simplifient
la vie des séniors |
Ils
ont 75 ans à eux trois, l’âge moyen de leur clientèle.
Grégory Poisay, Benoit Seguin et Frédéric
Baron ont créé en 2005 la société
SBP Développement qui distribue et commercialise des vêtements
sous la marque
«Facil’en Fil».
«L’idée nous est venue de l’IFTH (Institut
Français du Textile et de l’Habillement) qui, depuis
près de cinq ans réfléchissait sur un concept
de vêtements spécialisés pour personnes âgées
et personnes à mobilité réduite. Dans le cadre
de nos études (Ecole Supérieure de Commerce d’Amiens)
nous avons travaillé sur le projet. Aujourd’hui, l’IFTH
nous concède une licence exclusive d’exploitation des
brevets qui ont été déposés. L’ANVAR
Champagne Ardenne a subventionné une partie de notre projet
et permis son lancement et sa mise en place au même titre que
le Conseil Régional de Champagne Ardenne qui nous a aidé dans
le cadre de la création d’entreprise innovante. Après
de nombreux tests avec des médecins, des kinésithérapeutes,
des ergothérapeutes et des personnes concernées, nous
nous sommes rendu compte des mouvements que ces dernières
pouvaient difficilement réaliser : lever le bras au-dessus
de l’épaule, aller chercher une manche dans le dos ou
enfiler une jupe ou un pantalon. Les solutions que nous avons retenues
utilisent des techniques permettant d’ouvrir le vêtement
et de l’enfiler sans faire de mouvements difficiles et douloureux.
Nos vêtements s’ouvrent
à des endroits stratégiques et utilisent des fermetures à glissière,
des bandes autoagrippantes ; le tout réalisé le plus
discrètement possible pour conserver l’aspect classique
du vêtement. Notre stratégie de distribution consiste à amener
le magasin aux personnes
âgées et/ou handicapées. Ces clients ne pouvant
plus se déplacer c’est notre force de vente qui vient
vers ces derniers pour leur présenter les différents
produits. Notre société est toute jeune dans la mesure
où elle n’existe que depuis un an. Nos objectifs sont
de présenter nos produits dans tous les établissements
de la région Champagne-Ardenne dans la mesure où
nous sommes basés à Troyes. Notre ambition à moyen
terme est de mettre en place un rayonnement national performant et
efficace avec une force de vente dans les différentes régions
de France».
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DES POLEMIQUES
PASSIONNEES
La prise en charge de la vieillesse par la
collectivité suscite d’innombrables
débats. Faut-il prévoir des structures
adaptées à l’inéluctable dépendance
ou
vaut-il mieux opter pour le maintien à
domicile aussi longtemps que possible, en
privilégiant les services de proximité ? La
question suscite des controverses
passionnées. Certains professionnels sont
des partisans inconditionnels du maintien
à domicile. «La personne âgée préfère,
presque toujours, rester chez elle, où elle a ses
repères, ses amitiés, ses soutiens», affirment
certains. D’autres professionnels, tout
aussi expérimentés, défendent la thèse
inverse, avec tout autant de conviction :
«Pensez-vous vraiment qu’une personne
âgée, seule 23 heures sur 24, vive dans
des conditions de confort et de sécurité
optimales ?» Débat difficile à trancher.
Il existe en principe dans les grandes
villes tous les outils ou services qui
permettent d’assurer au domicile des
prestations équivalentes ou même
supérieures à celles que l’on peut trouver
en maison de retraite ou à l’hôpital, et ce
pour un coût plus ou moins élevé sauf
pour les situations de handicap très
lourd. Mais ces services sont souvent
quantitativement insuffisants ou mal
répartis. Aussi, les pouvoirs publics,
conscients des problèmes relatifs au
grand âge, tentent de donner un cadre
strictement légal au traitement de cette
question sociale. La législation en la
matière a été modifiée, et tant
l’hébergement de personnes âgées
dépendantes que le maintien à domicile
sont désormais soumis à des obligations
légales qui rendent de plus en plus rares
les abus et distorsions de toutes sortes.
C’est dans ce contexte que le fournisseur
de services pour personnes âgées (nous
n’abordons pas dans cet article la
création de résidence) doit être
conscient qu’il exerce une profession au
carrefour des métiers du social et du
médical. Il doit posséder des
compétences en gestion, en gérontologie,
voire en restauration. Et surtout des
qualités humaines. Il doit maîtriser la
complexité des dispositifs administratifs,
des procédures et de la réglementation,
sans cesse en réforme depuis 2000.
La loi du 24 janvier 1997 a mis en
place la Prestation Spécifique
Dépendance (PSD),
dont l’attribution était
fonction de la politique
sociale retenue par les
conseils généraux, ce qui
a eu pour conséquence
de profondes disparités
entre les départements.
En outre, ce système
prévoyait un recours
sur succession et un
seuil d’attribution de
l’allocation.
Pour remédier aux carences de la PSD,
l’Allocation Personnalisée d’Autonomie
(APA) a été introduite le 1er janvier 2002.
Mais dès sa mise en place, le nombre
des demandes d’allocations a
rapidement dépassé les estimations
gouvernementales. Si bien que certains
principes de l’APA sont déjà remis en
cause. La pérennité du financement et du
niveau de prestation d’un tel système
basé sur la solidarité intergénérationnelle
se pose d’ores et déjà puisqu’en 2020 le
ratio entre actifs et retraités sera de
2 pour 1. L’APA, modulée en fonction
des revenus de son bénéficiaire, de son
degré de perte d’autonomie et de son
mode d’hébergement - le maintien à
domicile étant privilégié par rapport à
l’admission en établissement – n’institue
donc qu’une couverture a minima du
risque de dépendance, insuffisante pour
prendre en charge l’ensemble du coût de
la dépendance.
PROFESSIONNALISATION
D’UN SECTEUR ENCADRE
Force est de constater que les enquêtes,
études et sondages, sur les aspirations
des personnes âgées sont assez rares.
Mais, le fait est qu’à chaque fois qu’elles
sont consultées, la plupart des personnes
âgées expriment le souhait de rester chez
elles. Non seulement l’écrasante majorité
(88%) des personnes âgées de 75 ans et
plus vit à domicile, mais 75% de celles
dont le niveau de dépendance est
important ou très important aspirent à
rester à domicile le plus longtemps
possible. Au cours des années 80, la
société civile, au sens large du terme, a
multiplié les initiatives et les services
visant à faciliter le maintien à domicile des
personnes âgées. Lancées par des
organismes publics, des associations
caritatives ou des entreprises privées, ces
initiatives se traduisent par l’intervention
d’une aide ménagère quotidienne, la
fourniture de soins corporels, des
séances de kinésithérapie, la mise en
place de systèmes de téléalarme, le
portage des repas à domicile… Autant de
services qui peuvent, effectivement,
contribuer à une véritable protection
sociale du troisième âge. On recense
actuellement plus de 7 000 entités
juridiques proposant des aides à domicile
(y compris dans les territoires d’outremer).
Il n’en reste pas moins que les
services à domicile coûtent cher.Ainsi, le
coût total de l’aide ménagère (ménage,
repas, assistance, etc...) restant à régler en
fonction du degré de prise en charge est
en moyenne de 140 € par mois, à quoi il
faut ajouter les services de soins
corporels quotidiens pour 20 € par jour.
Les honoraires des kinésithérapeutes et
des médecins ou infirmiers passant au
domicile de la personne âgée deux fois
par semaine s’élèvent à 90 € par
semaine, au moins ; soit, pour les services
les plus indispensables, un budget
d’environ 1 100 € par mois.
| Un spécialiste
du maintien à domicile |
En 1997,
deux entrepreneurs : Dominique Léry, gestionnaire et Jean-Claude
Perreau, infirmier DE, s’investissent dans un domaine jusqu’alors
réservé au secteur public et associatif : l’aide à domicile.
Ils ouvrent une cellule spécialisée à Clermont-
Ferrand sous le nom d’Adhap Services. L’entreprise
devient rapidement un acteur social reconnu dans le Puy-de-Dôme
: en 5 ans, 63 emplois qualifiés sont créés,
permettant à des jeunes femmes peu diplômées
de bénéficier d’une formation pour renouer
avec la vie active. Fin 2001, leur initiative locale prend une
tournure nationale. Le modèle clermontois se duplique en
franchise dans l’hexagone avec des centres de proximité dirigés
par des chefs d’entreprise. Fin juin 2005, le réseau
Adhap Services affiche 36 centres en activité
avec plus de 450 emplois qualifiés. Tous les Centres Adhap
Services sont dirigés par un binôme complémentaire,
un gestionnaire et un professionnel de santé. Ils offrent
une permanence téléphonique 24h/24 et interviennent
7 jours/7, 365 jours par an.Au vu de l’intérêt
que suscite cette activité et des demandes en attente, les
fondateurs d’Adhap Services pensent pouvoir déployer
170 centres en France d’ici 2008 qui représenteraient
7 500 emplois en CDI pour un personnel spécifiquement formé
aux métiers du maintien à domicile et une capacité de
prise en charge quotidienne de plus de 30 000 personnes dépendantes.
www.adhapservices.fr |
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L’offre, en matière de services à domicile,
étant essentiellement associative, les
associations d’aide à domicile pour le
troisième âge se sont regroupées en
fédérations nationales. Citons, parmi les
plus représentatives, l’Unasad (Union
Nationale des Associations de Soins
et d’Aide à Domicile), la Fnadar
(Fédération Nationale d’Aide à
Domicile en Activités Regroupées),
et l’UNADMR (Union Nationale des
Associations d’Aide à Domicile en
Milieu Rural). Pour exister sur ce
marché les entreprises privées devront
donc proposer des tarifs compétitifs, faire
preuve d’innovation par rapport à l’offre
existante et trouver les régions où la
demande forte n’est pas couverte. Les
entreprises de services aux personnes
âgées, doivent offrir une grande variété
de prestations : du lavage du linge à
l’organisation d’ateliers de mémoire, en
passant par l’accueil de jour ou les stages
de lecture de poésie, les services
d’esthéticiennes ou coiffeuses à domicile,
relaxation, massage. Les idées de services
sont nombreuses et correspondent à
autant de besoins et d’aspirations réels.
La classification retenue par la
Commission Européenne distingue
d’ailleurs quatre grandes familles de
services de proximité aux personnes : Les
services de la vie quotidienne, les services
d’amélioration du cadre de vie, les
services culturels et de loisirs, les
services d’environnement.
Rappelons-le, les aides et gardes à
domicile et les auxiliaires de vie sont les
véritables pivots du secteur de l'aide à
domicile. Si le secteur a mis si longtemps
à se professionnaliser, leurs tâches
aujourd’hui ne se réduisent plus à de
simples activités de ménage, mais
comportent une importante dimension
relationnelle. Il y a encore peu de
temps, les besoins n’étaient pas du tout
les mêmes : on vivait évidemment moins
longtemps mais les familles étaient plus
proches. Elles assuraient donc la
plupart de l’aide à domicile telle qu’on
la conçoit aujourd’hui. Il y a également
des explications plus sectorielles. Les
intervenants de cette branche étaient
souvent peu formés, bénévoles, et l’on ne
voyait pas l’obligation d’institutionnaliser
ce secteur. Aujourd’hui, aucun diplôme
n’est obligatoire pour exercer une aide
auprès des personnes âgées. Toutefois, il
s’agit d’un vrai métier appelé à se
développer avec la mise en place de
l’APA. C’est dans ce cadre qu’un
nouveau Diplôme d’Etat d’Auxiliaire
de Vie Sociale (DEAVS) vient d’être
créé. Ce diplôme se prépare en parallèle
d'un emploi pendant 9 à 36 mois. Il
permet véritablement de revaloriser
le travail des auxiliaires de vie. C’est un
vrai diplôme professionnalisant que
sanctionnent en effet 1 060 heures de
formation. Il améliore très sensiblement
le CAFAD, Certificat d’Aptitude
pour l’Aide à Domicile qui ne
nécessitait que 480 heures de formation.
Avec le DEAVS, les diplômés reçoivent
des cours théoriques complémentaires,
particulièrement en matière de
pathologies de la vieillesse telle que
Alzheimer, mais ce qui n’en fait cependant
pas des infirmiers à part entière.
| Les textes
qu’il est indispensable de connaître |
La loi
du 30 juin 1975 qui a été rénovée vingt-six
ans après sa naissance par la loi du 2 janvier 2002, véritable «bible» du
secteur social et médico-social. La loi du 24 janvier 1997
créant la Prestation Spécifique Dépendance
(PSD)… et la réforme de la tarification. Certes,
cette loi qui créa la PSD (remplacée depuis par l’Apa)
n’a, de ce seul fait, plus grand intérêt aujourd’hui.
La loi du 20 juillet 2001 créant l’allocation personnalisée
d’autonomie (complétée par le décret
du 28 mars
2003). |
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Les conditions de travail dans le secteur
sont en pleine évolution puisque une
convention collective unique de la
branche de l’aide à domicile a été signée
par tous les membres de la branche. Elle
permettrait d’uniformiser les conditions
de travail entre toutes les associations
employeurs et entreprises privées de
l’aide à domicile. En ce qui concerne les
personnes qui travaillent pour des
particuliers employeurs, les conditions de
travail sont régies par une convention
collective différente, celle de la FEPEM
(Fédération du Personnel de Maison).
Enfin, les personnes qui travaillent dans
les établissements sont soumises à des
conventions collectives différentes en
principe gérées par l’UNIFED (Union des
fédérations et syndicats nationaux
d’employeurs sans but lucratif du secteur
sanitaire, médico-social et social. En
général, les aides à domicile travaillent par
tranche de deux heures, entre 8h et 12h
et entre 14h et 18h. Les auxiliaires de vie
sociales ont une amplitude horaire de 8h
à 20h, du lundi au samedi et vont être
amenées de plus en plus à travailler
certains dimanches et jours fériés. Elles
peuvent être amenées à travailler de nuit,
entre 20h et 8h du matin, pas plus de 5
nuits d’affilée.
Sommaire
numéro n°25
Sommaire
Dossier MARCHE
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Commerces les plus recherchés |
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