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PME•COM
WEEKENDESK
LA BOÎTE AUX CADEAUX
Revue PME - n°25 - MARS - AVRIL - MAI 2006
Aventure,
thalassothérapie,
escapade gourmande…
la PME fondée en 2003
s’est imposée comme
le spécialiste des coffrets
thématiques à offrir.
Après les chèques
cadeaux, son Pdg
Pierre-Edouard Sterin
s’attaque au voyage
en ligne.
Tous ceux qui ont vu le film «Taxi»
connaissent les prouesses automobiles
du cascadeur Romain Thievin. Beaucoup,
sans doute, ont rêvé pouvoir être assis à
ses côtés, pour vivre en direct un
dérapage contrôlé, un virage à 360 degrés
ou un renversement sur deux roues. Peu
savent que leur rêve peut devenir réalité :
deux heures de grands frissons «comme
au cinéma», pour la somme de 179 €.
Cette expérience pour le moins originale
figure au menu d’un coffret cadeau
thématique intitulé «Sensations», qui donne
à l’heureux élu le choix entre de
nombreuses options, de la course-poursuite
au baptême en char d’assaut, de la voltige
aérienne à la balade en voiture amphibie.
«La marque Weekendesk doit devenir le
réflexe cadeau, quelle que soit la personne
visée ou le budget», annonce son fondateur
Pierre-Edouard Sterin. Ce patron de
32 ans a su imposer une nouvelle
génération de chèques cadeaux. Fini le
petit bout de papier dénué de
romantisme, finie la mention triviale «bon
pour tant d’euros». Désormais, on reçoit
en présent un petit boîtier en carton
élégant, sans valeur faciale, renfermant
une sorte de mini catalogue illustré. A
chacun son thème : art de vivre, soins en
institut, hôtellerie de charme, cuisine du
monde en Ile-de-France, week-end
découverte en Europe… Weekendesk
en propose une quinzaine, qui se
répartissent plus de 600 activités et
destinations (à partir de 30 €).
Avec 300 000 coffrets écoulés
depuis sa naissance en avril 2003, la
PME parisienne est devenue le
leader français de ce marché. A en croire
son patron, un foyer sur 200 dans
l’hexagone se serait ainsi déjà laissé
tenter par la formule. «La mise en place
des 35 heures, l’aménagement du temps de
travail ont joué. Nos prestations répondent
aux attentes des consommateurs, de plus en
plus tournés vers les loisirs, le temps libre et
le bien-être», constate Pierre-Edouard
Sterin, couronné de l’oscar de
l’innovation LSA en 2004.
UN CONCEPT BELGE
Pour ce diplômé de l’ESC Lyon,
confortablement assis sur un chiffre
d’affaires de 16 millions d’€,
l’ascension aura été fulgurante. Sa
carrière commence dans la finance, à la
Société Générale, puis chez Exane,
société de bourse indépendante dont il
démissionne pour créer Blackorange.com,
distributeur en ligne de logiciels. Pour
cause de mésentente avec ses deux
a s s o c i é s ,
l’expérience ne
dure que deux ans.
«J’avais 26 ans, un
peu d’argent de
poche. En passant
des entretiens d’embauche dans les
grands groupes, j’ai réalisé que j’étais
fait
pour le monde de l’entrepreneuriat».
Le jeune homme s’abonne à des
newsletters du monde entier, dégotte une
boîte américaine de logiciels, traverse
l’Atlantique pour proposer ses services,
revient lancer l’activité en France et…
démissionne, pour la troisième fois. «Je
n’étais pas patron», justifie-t-il. Le voilà
reparti dans sa recherche de concepts.
Cette fois, il planche avec un associé sur
un programme de fidélisation multienseignes
: «pendant 18 mois, j’ai rencontré
27 grands groupes français, sans parvenir à
former de coalition». Retour à la case départ,
ou plutôt, au domicile parental, à Evreux.
Finalement, c’est son partenaire malheureux
qui lui apporte Weekendesk sur un
plateau. La marque est belge, Sterin
décide de l’exploiter sous licence. Il se
lance avec 10 000 € de capital : de quoi
louer une «demi-pièce» à Puteaux et
recruter deux stagiaires, pour démarcher
les partenaires. «On a démarré sur tous les
marchés en même temps».Aucun canal de
distribution n’est négligé : internet, les
entreprises et les comités d’entreprise,
mais aussi les magasins (BHV,Virgin, Nature
& Découvertes, Sephora,Auchan…) _ ces
derniers représentent aujourd’hui 60%
des ventes, contre respectivement 10% et
30% pour les deux premiers.
«On a réussi à convaincre», commente le
Pdg. C’est résumer sobrement l’essor
d’une entreprise qui a multiplié son
chiffre d’affaires par quatre en 2005
et entend le doubler en 2006. Objectif
visé : 30 millions d’€. «Le but est de
décliner
d’autres formes
d’intermédiation
dans le secteur
des loisirs
généralistes » ,
annonce Sterin.
En mai 2005,
Weekendesk a
ainsi étendu son
savoir-faire à la
réservation de séjours en ligne.
«Notre positionnement est très différent de
celui de Lastminute ou Expedia. Sans être
sur un créneau haut-de-gamme, nous ne
sommes pas non plus une agence low-cost».
La spécialité de Weekendesk ? Les hôtels
de charme, proposés en exclusivité sur le
site. Mais ce n’est pas tout : une nuit sous
un tipi, une séance de pêche dans le
Cantal, une visite truffière dans les bois
ou une randonné à dos d’âne en
Charentes… encore une fois, il y en a
pour tous les goûts.
UNE NUIT
SOUS UN TIPI
Autre nouveauté : le
chèque Weekendesk.
Non seulement il permet
d’accéder à l’ensemble de
l’offre, coffrets et séjours,
mais son montant est
personnalisable, conférant une
liberté totale à l’acheteur comme
au bénéficiaire. «Il était très
attendu par les entreprises dans
le cadre de leurs opérations
d’incentive», précise l’entrepreneur
qui s’est également lancé dans
l’événementiel pour fidéliser cette
clientèle professionnelle.Au programme :
colloques et conventions variés avec,
entre deux réunions, dégustation
d’armagnac ou randonnée en quad.
«Aujourd’hui, les coffrets représentent 95%
du chiffre d’affaires. Cette proportion
pourrait bien se limiter à 70% en 2006».
Installés dans leurs nouveaux locaux
parisiens, à Bastille, les 45 salariés ont
du pain sur la planche. Ils attendent
encore 30 nouveaux-venus dans les
prochains mois. La tête pleine de projets,
leur patron a prévu, après l’ouverture
d’une antenne à Londres, de
continuer de dupliquer le concept
Weekendesk. Et n’exclue pas, pour
financer ce développement, de lever des
fonds, voire d’entrer en bourse…
| Carte d’identité |
2003
: création
de Weekendesk
2004 : oscar de l’innovation LSA
2005 : ouverture d’une agence à Londres
2006 : lancement du chèque Weekendesk
et du voyage en ligne |
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