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FINANCES
LOI DE FINANCES 2006
UNE FISCALITE AVANTAGEUSE
POUR LES PME FAMILIALES
Revue PME - n°27 - SEPT - OCT -NOV 2006
Le message est clair :
Les plus-values mobilières
seront totalement
exonérées au bout de
huit ans de détention. Des
mesures utiles et visant à
renforcer l'attractivité du
territoire, en remettant
l’Hexagone dans les
standards internationaux.
«Dans un contexte
de compétition
économique
de p l u s en plus
rude, plus les
entreprises sont
dotées en actions
détenues à long
terme, et mieux
elles peuvent
faire face à leurs
concurrentes ; et
de ce point de vue
le constat est souvent souligné que les
entreprises ne disposent pas en France
d'un actionnariat suffisamment stable»,
précisait-on à Bercy à la fin de l’année
2005. Une réforme s’imposait. Une
révolution est en marche. Jamais autant
de mesures porteuses de conséquences
immédiates sur la fiscalité des
patrimoines des cadres et des dirigeants
n'avaient été prises aussi rapidement.
Mises bout à bout, elles se traduisent
par une remise en cause de l'ensemble
de la fiscalité du patrimoine. Ces
nouvelles mesures sont d'autant plus
utiles qu’elles s’inscrivent dans une
réforme fiscale globale, visant à tout
faire pour renforcer l'attractivité de la
France.
Cette réforme s'articule autour de
trois volets. Le premier volet porte
sur l'exonération d'impôt sur les
plus-values réalisées par tous les
actionnaires, dès lors qu'ils ont
respecté leur engagement de détenir
les actions pendant une durée au moins
égale à six ans. Une exonération totale
est acquise pour toute cession des
titres à partir de huit ans de détention
c’est à dire à compter du 1er janvier
2014. Cette exonération de l'imposition
des plus-values s'élève à 16%, mais les
prélèvements sociaux (CSG et autres,
qui atteignent 11%) restent dus. Cette
mesure, d'ordre général car s'appliquant
à tous les actionnaires, entre en vigueur
pour les titres enregistrés à partir du 1er
janvier 2006. L'exonération sera
progressive par tiers au-delà de la
sixième année. Le choix de la durée
est justifié par le fait que les
entreprises, selon les estimations des
économistes, connaissent une «crise de
croissance» au bout de leur sixième
année d'existence. Les titres visés sont
ceux des sociétés relevant de l’IS ou
d’un impôt équivalent, exerçant une
activité commerciale, industrielle,
artisanale, libérale ou agricole et ayant
leur siège dans un état de la CE.
Lorsqu’une société soumise à l’IS cédait
ses titres de participation, le régime
applicable jusqu’au 31 décembre 2004
taxait les plus values à long terme au
taux de 19% et obligeait à inscrire 81 %
de la plus-value réalisée à une réserve
spéciale des plus-value à long terme.
Désormais, les plus-value à long terme
consécutives à la cession de titres de
participation sont taxées à 8% si elles
sont réalisées en 2006 et exonérées si
elles sont réalisées à compter de 2007.A
compter du 1er janvier 2007, les sociétés
qui réaliseront de telles plus-values
imposable au taux normal une quote-part
de frais et charges égale à 5% de
chaque profit de cession, soit un taux
d’imposition effectif de 1,66%.
TRANSMISSIONS
FACILITEES…
SOUS CONDITIONS
Le deuxième volet porte sur la mesure
en faveur de la transmission des
PME qui, on le sait est un enjeu majeur,
puisque, dans les dix prochaines années,
500 000 entreprises vont changer de
mains, en raison du départ à la retraite
de leurs dirigeants. Les dirigeants de
PME qui souhaitent céder leur
entreprise au moment où ils atteignent
l'âge de la retraite pourront, à condition
d'avoir détenu leurs actions durant huit
ans, bénéficier d'une exonération totale
de plus-values sur la cession de celles-ci,
et ceci dès le 1er janvier 2006.Attention :
il est impératif que la cession porte sur
l’intégralité des titres. L’effectif de la
PME doit être inférieur à 250 salariés et
son chiffre d’affaires inférieur à 50 M€.
Le dirigeant doit, pendant les 5 années
précédant la cession, avoir exercé de
manière continue une fonction de
gestion ou de direction au sein de la
société et détenir au cours de la même
période, au moins 25% des droits de
vote ou droits financiers de la société
cédée. En outre, le cédant doit cesser
toute fonction dans l’année suivant
celle de la cession, faire valoir ses
droits à la retraite et ne pas détenir
directement ou indirectement de droits
de vote ou de droits dans les bénéfices
de la société cessionnaire au cours des
3 années suivant la cession.
Troisième volet, les plus-values
à long terme dégagées sur des
éléments immobiliers (immeubles
ou titres de sociétés immobilières)
lorsqu’ils sont affectés à l’exercice de
l’activité bénéficieront d’un abattement
de 10% par année de détention au-delà
de la cinquième, soit une exonération
totale au bout de 15 ans, comme
pour les plus-values immobilières
des particuliers. Ce nouveau régime
s’appliquera aux cessions réalisées à
compter du 1er janvier 2006. Si la
plus-value est taxable, le taux est de 27%
DROITS DE MUTATION
EXONERES
PARTIELLEMENT
Depuis le 1er janvier 2004, en cas de
donation en pleine propriété des titres
de société ou d'actifs d'une entreprise
individuelle, il est possible, dans
certaines conditions, de bénéficier
d'une exonération partielle des droits
de mutation. Cette exonération existe
depuis le 1er janvier 2000 pour les
transmissions par décès. A compter du
1er janvier 2004, elle s'appliquait aussi en
cas de donation en pleine-propriété, et,
depuis l'entrée en vigueur de la loi du 2
août 2005, aux donations de droits
démembrés. Initialement de 50%,
elle a été portée à 75% depuis août
2005. Pour bénéficier de l'exonération,
la transmission doit porter sur l'entreprise
individuelle dans son ensemble. Il est
probable que cette condition soit
difficile à remplir dans le cas de
donation.
Depuis la loi du 2 août 2005, la
transmission peut être affectée d’une
réserve d’usufruit (mais dans ce cas, la
donation n’ouvre pas droit aux
réductions prévues à l’article 790 du
CGI pour les donations effectuées
avant 75 ans). L'avantage fiscal n'est
accordé qu'aux parts pour
lesquelles le donateur et ses
associés ont, préalablement
à la transmission, conclus
entre
e u x u n
engagement
collectif de
conservation
pendant une
durée minimum de deux ans.
L’engagement collectif doit porter sur
au moins 34% des droits du capital de la
société (20% dans le cas de sociétés
cotées). Si le décès ou la donation
intervient avant la fin des 2 ans, les
héritiers ou les donataires doivent
conserver les titres jusqu’à
l’expiration du délai restant à
courir. De plus, les bénéficiaires de la
transmission doivent s'engager à
conserver les parts pendant six
ans à compter de l'expiration de
l'engagement collectif en cours. Enfin,
l'un au moins des bénéficiaires de la
transmission ou des signataires de
l'engagement collectif doit exercer
effectivement au sein de la société son
activité professionnelle principale
pendant les cinq années suivant la
transmission.
On constate donc que l’année 2006
sera une année riche en changements
au plan fiscal. D’une part, la mise en
place des réformes prévues par la loi de
finances rectificative pour 2004 se
poursuit. D’autre part, la loi de finances
pour 2006 et la loi de finances
rectificative pour 2005 portent des
réformes de fond qui devraient faciliter
la transmission
d’entreprises.
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numéro n°27
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