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1 ENTREPRISE ... 1FEMME
YSEULYS COSTE
PIONNIÈRE DE L’E-PUB
Revue PME - n°27 - SEPT - OCT -NOV 2006
1000 mercis,
sa société, fut l’une
des premières
à surfer sur le marché
de la publicité et
du marketing interactifs.
Désormais cotée
en bourse,
la PME continue
de creuser
l’avance.
Souvenez-vous, c’était il y a deux ans, un
mail vous invitait à gagner «le voyage
de vos rêves» sur le site d’Expedia. Le
voyagiste américain, qui lançait son site
en France, souhaitait ainsi y promouvoir
sa marque, alors inconnue. Pour tenter
sa chance, il suffisait de répondre à une
batterie de questions sur ses habitudes
de vacances, tout en fournissant, au
passage, les adresses mail de ses amis.
Dans le jargon publicitaire, on appelle
cela du marketing viral. «En 35 jours, le
site a accueilli 2,5 millions de visiteurs
uniques et plus d’un million de personnes
ont participé au jeu. Ce fut l’une de nos
plus grosses opérations», s’enorgueillit
Yseulys Coste, fondatrice de
1 000 mercis, société conceptrice du
projet. «C’est l’intérêt d’internet
:
aujourd’hui, on peut mesurer l’impact
exact d’une campagne, grâce aux cookies
notamment. Par rapport à la télévision,
c’est une révolution !»
Chercheuse pionnière dans le domaine
des médias interactifs, élue «femme
internet de l’année 2001» et
désormais l’une des rares dirigeantes à
la tête d’une entreprise cotée en
bourse (une dizaine de femmes,
seulement, sont représentées), cette
patronne de 34 ans est une spécialiste
incontournable de la publicité et du
marketing interactifs. La performance
exceptionnelle de sa société l’atteste :
forte d’un chiffre d’affaires de
4,1 millions d’€ et d’une croissance
de 100% par an entre 2002 et 2005,
1000mercis s’est même vu décerner
le label Gazelles par le Ministère des
PME.Au total, quelque 200 clients, aussi
divers qu’Expedia, Meetic, BNPParibas,
TF1, SFR, Priceminister ou
Rueducommerce, lui font confiance.
UN SITE DE LISTES
DE CADEAUX
«Depuis l’explosion de la bulle, les
annonceurs valorisent l’expérience. Avec
11 années d’avance en la matière, on ne
risque pas d’être rattrapés par la
concurrence», avance Yseulys Coste avec
optimisme. Partie aux Etats-Unis pour
obtenir un MBA en marketing,
l’étudiante découvre internet en 1995.
«Déjà, ce média représentait une véritable
innovation de rupture. En France,
quasiment personne ne s’y intéressait. J’ai
donc choisi d’en faire un sujet de
recherches». En parallèle de son DEA, la
future thésarde crée,avec Cécile Moulard,
l’IAB, association internationale dédiée
à l’optimisation et à la promotion de la
publicité interactive. Elle crée même
des cours autour de cette nouvelle
spécialité, qu’elle enseigne à Paris IX
et à Dauphine, puis à l’Essec et HEC.
«A l’époque, c’était l’euphorie internet.Tous
mes étudiants montaient leur boîte. Je n’ai
pas hésité longtemps». Elle s’associe avec
Thibaut Munier, rencontré en DEA
et responsable du data mining (analyse
de bases de données) chez Air France.
Avec 250 000 francs de «love money»
(argent glané auprès des copains), le
tandem crée 1 000 mercis en février
2000. Dans la foulée, le site de cadeaux
www.millemercis.com est mis en
ligne. «C’était un outil magnifique, non
seulement pour constituer notre carnet
d’adresses [Ndlr : 100 000 noms dès la
première année], mais aussi pour cibler
nos mailings en fonction du profil du
destinataire. Une personne mettant une
balançoire sur sa liste a probablement un
jardin, par exemple».
Mais pour peaufiner l’outil, il faut de
l’argent. En novembre, les deux
entrepreneurs lèvent 5 millions de
francs supplémentaires auprès de
Marc Simoncini, figure de proue du
net français (il a créé I-France en 1998
et Meetic en 2001). «Quand il est entré
dans notre capital, on a su que notre
modèle était viable», se souvient Yseulys
Coste. La suite lui a donné raison.
400 000 ADRESSES
E-MAIL
La constitution du fichier Elisa,
notamment, s’est avérée déterminante.
Né en 2002, il contient aujourd’hui
400 000 adresses, issues des propres
bases de données de l’entreprise
(grâce à millemercis.com et
millemercismariage.com), mais aussi
celles de 21 partenaires (Expedia,
Meetic, TF1…). Le tout est disponible
à la location pour les annonceurs. C’est
cet outil qui a permis de développer la
première mamelle de 1 000 mercis, la
publicité interactive. L’activité marketing,
elle, n’a démarré qu’en 2002. «Notre
originalité est d’avoir réuni les deux. Sur un
média comme internet, l’une ne va plus
sans l’autre». La première représente
47% du chiffre d’affaires et la seconde,53%.
Riche d’une trentaine de salariés, la
petite entreprise d’Yseulys Coste et de
Thibaut Munier, déjà épargnée en 2000,
semble ne jamais devoir connaître la
crise. Mieux, son introduction au
marché de l’Alternext, en février,
devrait lui permettre de franchir un
nouveau cap. «Une cotation en bourse est
un vecteur de mutation et accompagne
une véritable stratégie», annonce la
directrice générale.
Trois axes de développement sont
au programme. Le premier est la
duplication du concept ailleurs en
Europe, qui a commencé par
l’ouverture d’une filiale espagnole fin
2005. Le deuxième réside dans la
recherche et le développement
(20% des dépenses) : sur un marché
aussi concurrentiel, les avancées
technologiques, tel ce programme de
récupération des chariots abandonnés
(commandes annulées en cours de
route), sont déterminantes. Le troisième,
enfin, consiste à adapter tous les
produits, de l’e-mail vidéo à la publicité
sur mobile, aux nouveaux annonceurs
du net, issus de secteurs plus
traditionnels comme la banque, la
construction automobile et la grande
consommation.Toutes ces perspectives
enchantent l’entrepreneuse :«J’ai l’impression
d’être au début d’une nouvelle ère. On
a
encore tellement de choses à apprendre !»
Cela tombe bien : chez 1 000 mercis, on
apprend vite.
| CARTE D'IDENTITE |
2000
: création
de 1 000 mercis et mise en ligne de www.millemercis.com
2002 : constitution du fichier de données Elisa
2003 : lancement de www.millemercismariage.com
2005 : implantation en Espagne
2006 : introduction en bourse à l’Alternext |
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numéro n°27
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