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REGION
INVESTIR À
LYON
Revue PME - n°29 - MARS - AVRIL 2007
Championne tricolore de la création d’entreprises, la capitale des Gaules est à la fois dynamique sur le plan économique et agréable à vivre. Venus de Paris comme du reste de la France, les nouveaux arrivants débarquent en masse pour lancer leur affaire.
“C’est une ville super dynamique”, s’extasie Arnaud Bonneville, tout droit venu de la capitale. “La qualité de vie est extraordinaire”, renchérit Florence Deluy, Marseillaise devenue globe-trotter pour les besoins de sa carrière. De quel eldorado ces anciens cadres parisiens chantent-ils ainsi les vertus ? De Lyon, où tous deux ont élu domicile et ouvert un commerce. “Super” ? “Extraordinaire” ? Les attributs prêtés à la capitale des Gaules en 2007 n’ont plus grand chose à voir avec la “ville de brouillards et de marchands” décrite en 1926 par Jean Dufour. Dans son roman “Calixte ou l’introduction à la vie lyonnaise”, le héros, jeune diplômé parisien venu apprendre le métier de marchand, avise même tous ceux qui seraient tentés de le suivre de la plus sinistre façon : ”A Lyon, hélas ! Votre sort est certain : vous y dépérirez irrémissiblement de nostalgie.”
Il faut croire que les choses ont changé. Longtemps considérée comme une ville frileuse et repliée sur elle-même, souvent réduite à un microcosme étouffé par ses préjugés bourgeois, la cité, qui fut autrefois le berceau de la soie, est devenue une terre de prédilection pour des candidats à la migration de plus en plus nombreux.Ce n’est pas un hasard si la moitié des habitants du Grand Lyon ne sont pas nés dans le Rhône. Entre les deux derniers recensements de 1990 et 1999, la deuxième aire urbaine de France (1,6 million d’ahabitants) a gagné 45 000 âmes.
Parmi elles : des jeunes cadres parisiens poussés par les vents de la création, venus tenter leur chance dans une agglomération consacrée championne de France du dynamisme économique (selon le classement 2005 du magazine L’Entreprise). Ainsi, le taux de chômage dans le département du Rhône (8,7% en avril 2006) est inférieur à la moyenne nationale (9,5%). Mieux : la ville de Lyon est numéro un pour la création d’entreprises. Avec plus de 7 000 nouvelles sociétés en 2005, elle a enregistré une progression de 12% du nombre de ces créations en deux ans, contre seulement 3% au niveau national.
“BLANC, VERT, BLEU”, UNE TRILOGIE GAGNANTE
Encouragés par ces bons résultats, les partenaires du réseau Grand Lyon, Esprit d’Entreprendre rêvent de propulser leur ville dans le top 10 des métropoles européennes de l’entrepreneuriat. Ils s’appuient sur des pôles d’activité traditonnels phares (chimie, bio-santé, industrie automobile, avec Renault Trucks, premier employeur industriel de la région), des filières d’excellence plus récentes (loisirs numériques, mode/création) ainsi que des réussites emblématiques de secteurs à fort potentiel : celles de GL Events, leader européen de l’ingénierie événementielle, de Flamel Technologies, deuxième entreprise biotech française côtée au Nasdaq, Atari, numéro 4 mondial et numéro 1 européen des jeux vidéo, ou encore Cegid, champion français de l’édition de progiciels de gestion.
Ces partenaires mettent également en avant le premier pôle d’excellence en environnement d’Europe, preuve que Lyon sait conjuguer le dynamisme économique, l e s o c i a l e t l’environnement. La qualité de vie est même un facteur d’attraction majeur pour le fief rhodanien, dont les brochures vantent la trilogie “blanc, vert, bleu” pour résumer ses attraits : blanc comme la neige des stations de ski des Alpes et du Jura, situées à deux heures de voiture, vert comme le Parc du Pilat ou les étangs de la Dombe, rejoints en une demi-heure, bleu comme la Méditerranée, à 1h40 de TGV – et l’on pourrait ajouter gris, comme le bitume parisien, à seulement 1h55 en TGV.
Dans le centre-ville, on respire aussi. Notamment grâce aux 2 000 Vélo’v, mis en place en 2005 dans près de 200 stations réparties dans les quartiers. Proposées en quasi libre-service (1 € l’heure, gratuit pour moins d’une demiheure), ces bicyclettes grises au gardeboue rouge ont conquis non seulement les étudiants, mais aussi les hommes d’affaires en costume-cravate, prompts, désormais, à laisser leur voiture au garage dans les quartiers cossus de la Presqu’île pour rejoindre leurs bureaux de la Part-Dieu. Visible, la métamorphose remonte au début des années 1990, lorsque le maire Michel Noir fit nettoyer les façades et illuminer la ville. Son successeur Raymond Barre oeuvra davantage pour son rayonnement international, notamment en 1998, quand il fit inscrire le centre historique au Patrimoine mondial de l’Unesco.
LIFTING URBAIN
Elu en 2001, Gérard Collomb, lui, s’illustre sur le terrain immobilier, avec la mise en oeuvre de grands chantiers qui devraient changer la physionomie de la ville. A la clé : des milliers de mètres carrés de nouveaux bureaux... et des pans de ville entièrement remodelés, comme Confluence, Carré-de-Soie ou la Duchère. Entre la naissance de nouveaux quartiers et la réhabilitation de secteurs déshérités, l’agglomération lyonnaise devrait ainsi connaître un véritable appel d’air en matière de logement. Et tant pis si les prix flambent du même coup. Certes, la fièvre immobilière n’épargne pas l’agglomération lyonnaise, qui a vu la valeur de ses biens doubler en cinq ans. Mais les nouveaux arrivants, pour peu qu’ils arrivent de Paris, continuent d’y trouver leur compte : à quartier équivalent, acheter un logement coûte presque deux fois moins cher que dans la capitale. A la location, l’avantage est encore plus net : 9 € le m2 en moyenne à Lyon, contre 19 € à paris. De quoi tenter les jeunes cadres trentenaires, susceptibles, par exemple, de devenir propriétaires d’un 65 m2 à Villeurbanne pour 135 000 €.
Enfin, les commerces bénéficieront, eux aussi, des retombées du lifting urbain. Symbolisant le souci de répondre à l’émergence de nouveaux besoins, les deux futurs pôles de loisirs Lyon Confluence (Presqu’île) et Carré-de- Soie (Vaulx-en-Velin/Villeurbanne) accueilleront, à terme, 60 000 m2 d’activités commerciales supplémentaires. Au menu : une place nautique, des cinémas, des bowlings, un musée, un parc, un port réservé aux activités nautiques et l’arrivée du tramway. Dans une deuxième étape, les rails et la gare de Perrache, véritables barrières, pourraient être ramenés au niveau du sol. Tandis que l’autoroute A7 pourrait être déclassée afin de rendre accessibles les quais du Rhône.

UNE QUINZAINE DE PÔLES COMMERCIAUX
De manière générale, le shopping à Lyon (10 milliards d’€ dépensés chaque année), structuré autour d’une quinzaine de pôles, est marqué par une forte attractivité des centres-villes, dont l’équilibre avec la périphérie s’inscrit comme une volonté affichée des institutions depuis 1994. La région lyonnaise a été l’une des premières à se doter d’un schéma directeur d’urbanisme commercial et à prévoir sa traduction dans les documents d’urbanisme type POS ou PLU. Aujourd’hui, les pôles de l’hypercentre, composé de Presq’île,Part Dieu (l’un des plus grands centres commerciaux d’Europe avec 260 commerces) et Rive Gauche sont parmi les cinq premiers de l’agglomération en terme de chiffre d’affaires. A chacun sa spécialité : la plupart des enseignes de renom est concentrée rue de la République, les boutiques de luxe occupent le Carré d’Or, les antiquaires se sont installé rue de la Charité, le village des créateurs de mode s’étale sur les pentes de la Croix Rousse et les magasins d’équipement de la maison ont essaimé le long du Cours de la Liberté. Tous ces petits commerces restent majoritaires (7 points de vente pour 1 000 habitants sur le Grand Lyon), notamment en coeur d’agglomération. Et ce malgré la prépondérance des grandes surfaces en mètres carrés. Autre caractéristique lyonnaise : l’emprise des marchés forains (185 sur tout le territoire), très supérieure à la moyenne nationale. Lyon, une ville bourgeoise ? Sans doute encore un peu, mais également un brin aventurière, gourmande de saveurs gastronomiques et de nouveaux concepts,comme en témoignent,ci-contre, deux créateurs ravis de participer à la renaissance lyonnaise.
Sommaire
numéro n°29
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Commerces les plus recherchés |
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